La radioactivitéradioactivité est le plus souvent abordée sous l'angle de ses risques. Elle l'est plus rarement sous l'angle de ses nombreuses applicationsapplications, et presque jamais (hors des publications spécialisées) sous l'angle du phénomène physiquephysique lui-même. Quant à sa riche histoire, elle est parfois réduite à ses aspects anecdotiques (ah, le « hangar » des Curie !). Il a donc paru utile de rassembler un dossier en 3 parties qui traitent du phénomène physique de la radioactivité, de l'histoire de la compréhension de ce phénomène et de sa perception par la société, et enfin de ses multiples applications contemporaines.

Les prochaines parties seront publiées dans les mois à venir.

Le phénomène physique

La radioactivité est un phénomène physique naturel au cours duquel un noyau atomique se transforme spontanément en un autre noyau, en émettant au passage une (ou plusieurs) particules.

Par exemple, du potassiumpotassium se transforme en calciumcalcium en émettant un électronélectron (et un antineutrino). On parle souvent de désintégration, mais le mot est trompeur car le noyau est plus solidement lié après la transmutationtransmutation qu'avant.

La radioactivité serait resté une simple curiosité de laboratoire si les particules émises au cours de ce phénomène ne possédaient pas une énergieénergie considérable : cette énergie peut être maîtrisée, mais elle peut également provoquer des ravages. Elle est présente depuis des milliards d'années autour de nous : la radioactivité vient pour 2/3 du sol et de l'airair ambiant et pour 1/3 des utilisations médicales en imagerie et en radiothérapieradiothérapie.

Image du site Futura Sciences

La radioactivité est une conséquence de réarrangements dans les noyaux. Ceux-ci sont formés de protonsprotons et de neutronsneutrons, mais il n'est pas possible d'associer n'importe quel nombre de protons et de neutrons pour former un noyau. À la différence des moléculesmolécules qui peuvent rassembler un nombre immense d'atomesatomes (pensons aux polymèrespolymères ou aux macromoléculesmacromolécules) il n'existe qu'un nombre restreint de noyaux possibles, quelques milliers tout au plus, et la plupart sont instables. Tout est une question d'énergie et nous allons consacrer un peu de temps à comprendre comment se répartit cette énergie, avant de passer aux différentes formes de transmutations et à leurs effets dans la matièrematière et dans les corps vivants.