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Tourisme spatial : vers le surbooking ?

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M. Perminov, chef de l'agence spatiale russe, a récemment déclaré au quotidien Troud (organe officiel de l'agence) que toutes les places pour un voyage touristique sur la Station Spatiale Internationale étaient réservées jusqu'en 2009, et qu'il n'était plus possible d'accepter un passager avant ce délai.

De gauche à droite: Dennis Tito, Marc Shuttleworth, Gregory Olsen et Anousheh Ansari

On pourrait s'étonner d'une telle affirmation. Cependant, il faut bien constater que les candidatures n'ont jamais manqué, malgré un billet dont le prix atteignait jusqu'à présent 20 millions de dollars, et qui vient d'être porté à 21 millions de dollars, essentiellement en raison de l'augmentation de la valeur des matériaux et des composants.

Vladimir Mikhailovich Myasishchev

Du coup, on reparle de Vladimir Mikhailovich Myasishchev. Aujourd'hui décédé, celui-ci avait été désigné à la tête du bureau d'études Myasishchev créé sur ordre gouvernemental le 24 mars 1951 avec pour mission de concevoir un bombardier pouvant emporter une charge utile de 5000 kg à 900 km/h sur une distance de 12000 kilomètres. Tâche d'ailleurs réalisée avec succès, et dont la complexité à l'époque n'avait rien à envier à la conception d'un vaisseau spatial aujourd'hui. (Plus tard, il fut aussi largement impliqué dans la réalisation de la navette spatiale russe Bourane). Et ce bureau d'études Myasishchev avait déjà projeté dès 2002 la construction d'un véhicule suborbital exclusivement destiné au tourisme spatial.

Le XXI-B, première ébauche du véhicule spatial de Myasishchev lors de sa présentation à la presse en 2002

Si cet engin ressemble vaguement à la navette américaine, ou mieux encore à la défunte Hermes européenne avec ses winglets en bout d'aile, il n'est cependant pas destiné à être mis en orbite. A l'instar du Space Ship One de Burt Rutan, son rôle sera d'effectuer un vol balistique au-delà de la frontière de l'espace, fixée arbitrairement à 100 km, et à procurer à ses passagers payants quelques minutes d'apesanteur et la sensation inoubliable d'être devenus astronautes.

Un réservoir de touristes spatiaux

Le plus surprenant n'est peut-être pas que des engins spatiaux puissent être réalisés par des privés, sous fonds privés. Non, ce qui pourrait étonner le plus est bien l'importance de la liste d'attente des candidats au voyage, considérant le prix du billet. Si le nombre exact des amateurs pour un vol vers la Station Spatiale Internationale n'est pas connu avec précision (mais peut être estimé à une centaine selon certaines sources), 40.000 personnes se pressent au portillon pour passer une (petite) poignée de minutes à 100 km d'altitude. Au point que certains investisseurs et hommes d'affaires ont flairé là une opportunité à ne pas manquer, comme le milliardaire britannique Richard Branson et le gouverneur de l'Etat américain du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, qui ont créé pour cela la société Virgin Galactic et le Space Ship One. D'autres investisseurs se préparent déjà à suivre.

Les pionniers

Jusqu'à présent, quatre astronautes amateurs ont été placés en orbite et ont rejoint l'ISS, où ils ont séjourné environ une semaine.

Dennis Tito

Dennis Tito fut le tout premier. Homme d'affaires à la soixantaine bien engagée, il a travaillé pour la NASA dans le domaine du calcul de trajectoires avant de se tourner vers les affaires et fonder son entreprise de conseil en technologies en 1972, ce qui lui a permis d'engranger une fortune estimée à 200 millions de dollars. L'Américain a réalisé son rêve entre le 28 avril et le 5 mai 2001, rejoignant l'ISS comme passager de Soyouz TM-32.

Marc Shuttleworth

Le Sud-africain Marc Shuttleworth n'était âgé que de 29 ans au moment de son séjour à bord de l'ISS, ce qui en fait le plus jeune touriste de l'espace. Après avoir créé, puis revendu avec une impressionnante marge de bénéfices, la société de sécurité Internet en 1995, il crée la fondation Shuttleworth pour l'éducation en Afrique du Sud. Il emploie aujourd'hui sa fortune à financer la recherche en développement informatique. Durant son vol, il a participé au programme de recherches médicales l'ISS, notamment sur le sida et le génome humain.

Gregory Olsen

Homme d'affaires de 61 ans, l'Américain Gregory Olsen a failli ne pas partir. Eloigné pour raisons de santé en 2001, il a finalement été accepté à bord de la station en octobre 2005 après 1500 heures d'entraînement et de préparation. Il a participé à des expériences de télédétection et d'astronomie.

Anousheh Ansari

Née Iranienne, émigrée aux USA, devenue femme d'affaires en fondant une compagnie, elle fait fortune puis devient promoteur du X-Prize... avant de s'envoler comme 4e touriste de l'espace, (elle aurait dû être la 5e sans la défection du Japonais Daisuke Enomoto pour raisons de santé) le 18 septembre 2006, où elle est allée embellir le Cosmos. Et, probablement, susciter de nombreuses vocations...

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