Lors d'observations d'une galaxie spirale connue sous le nom de NGC 2082, des astronomes ont découvert une mystérieuse source radio brillante et compacte. Son origine demeure, à ce jour, inconnue.


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    Du centre de la galaxie NGC 2082, une galaxie spirale située à environ 60 millions d'années-lumière dans la constellation de la Daurade, nous arrive un puissant signal radio d'origine inconnue. Révélé par des astronomesastronomes lors de campagnes d'observations effectuées en 2019 et 2021 par différents télescopestélescopes, il répond au doux nom de J054149.24-641813.7.

    Dans une étude publiée sur arXiv, ses découvreurs ont émis plusieurs hypothèses sur sa provenance, notamment en le comparant à d'autres signaux radio identifiés. Il rappellerait notamment, par son indice spectral et sa luminositéluminosité élevée, les sursauts radio rapides, souvent raccourcis par l'acronyme FRBFRB pour « Fast Radio BurstBurst ». Ces flashsflashs mystérieux sont capables de libérer en quelques millièmes de seconde, autant d'énergieénergie que le SoleilSoleil en une journée, mais leur origine reste non identifiée à ce jour.

    Ici, l'image prise par le télescope spatial Hubble en 1997, à laquelle sont superposés des contours établis par l'<em>Australian Square Kilometre Array Pathfinder</em> et l'<em>Australian Telescope Compact Array</em>. L'image en bas à gauche montre un zoom avant sur la source radio, qui se trouve à seulement 20 secondes d'arc du centre de la galaxie NGC 2082. © Balzan et <em>al.</em>, 2022
    Ici, l'image prise par le télescope spatial Hubble en 1997, à laquelle sont superposés des contours établis par l'Australian Square Kilometre Array Pathfinder et l'Australian Telescope Compact Array. L'image en bas à gauche montre un zoom avant sur la source radio, qui se trouve à seulement 20 secondes d'arc du centre de la galaxie NGC 2082. © Balzan et al., 2022

    Un quasar ou une radiogalaxie

    Malheureusement, J054149.24-641813.7 n'atteint pas un niveau de luminosité suffisant pour être assimilé à un sursaut rapide, selon les chercheurs. Peu de candidats restent alors dans la course : parmi eux, figurent les quasarsquasars, les pulsarspulsars et certaines nébuleusesnébuleuses ou radiogalaxies. Mais presque chaque hypothèse a pour l'instant été écartée. Trop lumineuse pour correspondre à un rémanentrémanent de supernovasupernova mais « pas assez brillante pour être une radio persistante source avec un progéniteur FRB intégré », cette mystérieuse source possède un indice spectral plat, c'est-à-dire une source qui serait d'origine thermique.

    Cet indice spectral élimine de plus une autre possibilité : le pulsar, un signal périodique provenant d'une étoile à neutronsétoile à neutrons qui tourne très vite sur elle-même. Ne reste plus que deux possibilités : quasar et radiogalaxie. Les quasars correspondent à des noyaux actifs de galaxie très brillantes, qui contiennent en leur centre un trou noir supermassiftrou noir supermassif, tout comme la Voie lactéeVoie lactée abrite en son centre Sagittarius A*Sagittarius A*.

    Quant aux radiogalaxies, comme leur nom l'indique, ce sont des galaxies dont l'énergie émise provient d'ondes radio dues à des rayonnements synchrotronsrayonnements synchrotrons. Mais, que la source corresponde à l'un ou l'autre, « nous pouvons nous attendre à voir une certaine absorptionabsorption de Hi ; cependant, il n'y a actuellement pas de données Hi haute résolutionrésolution pour NGC 2082 », concluent les chercheurs. Le mystère perdure encore.