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Cassini met à nu la stratosphère de Titan

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Alors que tous les regards étaient tournés vers Encelade, suite à la découverte hautement probable de poches d'eau liquide dans son sous-sol, Cassini replace Titan et Saturne sous les feux de la rampe.

La sonde Cassini autour de Saturne (Crédits : NASA/JPL)

En effet, le 18 mars dernier, la sonde Cassini s'est approchée à 1 951 kilomètres de Titan la Mystérieuse, à la vitesse de 6 kilomètres par seconde, et a fourni des images de sa stratosphère. Elle a observé de multiples couches, dont la plus élevée culmine à 500 kilomètres d'altitude, et a envoyé des signaux radios en direction de la surface.

Parallèlement, les chercheurs ont aussi mis Saturne à l'honneur, avec la publication ce 17 Mars, dans le journal Science, de travaux perçant le mystère de ses célèbres spokes...

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Image composite formée de 24 clichés pris par la sonde Cassini lors de son survol de Titan. La stratosphère de Titan compte de nombreuses couches, dont la plus élevée culmine à 500 kilomètres d'altitude et encercle la lune de Saturne (Crédits : NASA/JPL)

Cassini dissèque la stratosphère de Titan…

L'image composite ci-dessus est composée de 24 clichés pris par la sonde Cassini lors de son survol de Titan, sur un laps de temps de 23 minutes. Les spécialistes du JPL ont ensuite traité ces images pour améliorer leur niveau de détails et les combiner en une vision « globale ».

La couche la plus élevée de la stratosphère, qui culmine à 500 kilomètres d'altitude, semble composée de matière condensée, et peut-être de glace d'eau. Elle encercle la lune de Saturne à toutes les latitudes. Cassini a également remarqué la présence d'autres couches, très apparentes au niveau du pôle nord. Par contre, les mécanismes qui les génèrent restent encore un mystère pour les scientifiques.

La sonde a également profité de son rendez-vous avec Titan pour envoyer des signaux radios en direction de sa surface, et mesurer ainsi sa réflectivité en fonction de la longueur d'onde. Les ingénieurs comptent tirer de cette expérience des renseignements sur la composition et la rugosité du sol.

… tandis que les chercheurs résolvent le mystère des « Spokes » de Saturne

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Cassini ne chôme pas. En septembre dernier, elle s'était également penchée sur le mystère des spokes de Saturne, ces traits qui strient brièvement les anneaux avant de disparaître pendant plusieurs années, et qui sont composés de grains de poussière de moins d'un micron, mus par un champ électromagnétique.

Les célèbres "Spokes" des anneaux de Saturne. Leurs apparitions seraient fonction de l'angle que forme le plan des anneaux avec le Soleil (Crédits : NASA/JPL)

La sonde Voyager avait observé ces rayons dès les années 80, et le télescope spatial Hubble à la fin des années 90. Mais les raisons de leurs apparitions et disparitions successives restaient un mystère. Mystère qui s'était encore épaissi lorsque, en 2004, la sonde Cassini s'était approchée de Saturne et avait constaté que les spokes traversant les anneaux avaient tout bonnement disparu.

Mais, en septembre 2005, les spokes ont de nouveau fait leur apparition, et Cassini a enfin pu les capturer. Dans un article, paru dans le journal Science ce 17 mars, Colin Mitchell, Horanyi, et leurs collègues, avancent l'hypothèse que la présence ou non des spokes est liée à l'angle que forme le plan des anneaux avec le Soleil. Ainsi, lorsque cet angle décroît, les conditions seraient plus favorables à leur apparition. Les chercheurs estiment l'angle limite, permettant la formation de ces raies, à 20 degrés.

La sonde Cassini continue de glaner des informations sur Saturne et sur l'atmosphère de Titan. Une chose est sûre : elle nous réserve encore de belles surprises...

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