Les scientifiques décédés en 2020. © brankospejs, Adobe Stock, Twitter
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10 personnalités scientifiques qui nous ont quittés en 2020

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Physique, cosmologie, environnement, informatique... Ils auront marqué leur époque par leurs découvertes ou leurs théories. Petite biographie de 10 personnalités scientifiques qui nous ont quittés en 2020.

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[EN VIDÉO] Barbara McClintock, pionnière de la génétique  Pionnière de la génétique, l'Américaine Barbara McClintock a multiplié les découvertes entre la fin des années 1920 et les années 1950 : le rôle des chromosomes dans l’hérédité, le « crossing-over », les gènes sauteurs, la régulation des gènes, l'épigénétique... En avance sur leur temps, ses travaux ont été rejetés… puis tous confirmés. Récompensée in extremis par un Nobel en 1983, elle fut de son vivant pleinement reconnue comme une des plus grandes biologistes. Mais si tardivement... 

L'année 2020 aura vu partir quelques-uns des plus éminents spécialistes en informatique, astrophysique ou chimie. Futura vous présente ces scientifiques dont les travaux ont laissé une trace indélébile dans leur domaine.

Louis Nirenberg (1925-2020)

  • Mort le 26 janvier 2020 à l'âge de 94 ans

Mathématicien virtuose, Louis Nirenberg a contribué à révolutionner la façon dont les mathématiques modélisent les systèmes dynamiques. Nirenberg a transformé le domaine des équations aux dérivées partielles (EDP) qui explorent ce que l'on peut savoir sur les fonctions mathématiques en étudiant comment leurs variations, selon différentes dimensions, sont liées les unes aux autres. Les EDP sont aujourd'hui omniprésentes dans des champs aussi variés que la mécanique des fluides, la simulation aéronautique, la prévision météo ou les télécommunications. Élevé dans une famille de langue yiddish à Montréal, au Canada, Louis Nirenberg a acquis un goût pour les puzzles mathématiques auprès de son tuteur hébreu. Il a passé toute sa carrière à l'Université de New York aux États-Unis.

Larry Tesler (1945-2020)

  • Mort le 16 février 2020 à l'âge de 74 ans

C'est par un tweet que l'entreprise Xerox, où Larry Tesler a effectué une bonne partie de sa carrière, a annoncé le décès de l'informaticien. Inventeur de la fameuse commande informatique du « copier-coller » et du « chercher-remplacer », Larry Tesler était diplômé de l'université de Stanford où il avait notamment travaillé sur la conception des interfaces utilisateurs. Il a ensuite travaillé pour Amazon, Apple, Yahoo ou Xerox avant de fonder son entreprise d'éducation. « Larry Tesler combinait sa formation en science de l'informatique avec une contre-culture selon laquelle les ordinateurs devraient être pour tout le monde », a réagi lors de sa mort le Musée de l'Histoire informatique de la Silicon Valley (Computer History Museum).

Katherine Johnson (1918-2020)

  • Morte le 24 février 2020 à l'âge de 101 ans

Mathématicienne rendue célèbre par le film Les figures de l'ombre, relatant le parcours de trois des premières femmes noires ayant marqué l'histoire de la Nasa, Katherine Johnson fut l'une des figures féministes et afro-américaines pionnières dans la conquête spatiale. Pendant sa carrière de trois décennies pour l'agence spatiale, elle a développé des équations cruciales ayant permis aux États-Unis d'envoyer des astronautes en orbite et sur la Lune, participant notamment aux calculs de la trajectoire d'Apollo 11. La Nasa a baptisé en 2017 son nouveau centre de recherche en Virginie du nom de la chercheuse.

Jacques Mehler (1936-2020)

  • Mort le 11 février à l'âge de 83 ans

Pionnier de la psychologie cognitive, et particulièrement celle du tout petit enfant, créateur de Cognition, la principale revue dans cette discipline, Jacques Mehler fut l'un des spécialistes les plus reconnus dans ce domaine, l'apprentissage et la linguistique. Le chercheur a notamment montré les capacités insoupçonnées des nourrissons, comme la reconnaissance de la voix et de la langue de la mère à la naissance. « Jusqu'en 2001, le laboratoire de Jacques Mehler sera le creuset de toute une génération d'étudiants : plus de la moitié des chercheurs français en sciences cognitives de ma génération se sont formés chez lui », témoigne Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et président du Conseil scientifique de l'Éducation nationale.
 

Jean-Claude Pecker (1923-2020)

  • Mort le 20 février 2020 à l'âge de 97 ans

Figure majeure de l'astrophysique, Jean-Claude Pecker a beaucoup œuvré au développement de l'Union astronomique internationale (UAI), dont il a d'ailleurs dessiné le logo. Professeur au Collège de France, il a dirigé l'Observatoire de Nice et l'Institut d'Astrophysique de Paris. Ses sujets de prédilection portaient sur les atmosphères stellaires, les Céphéides ou la cosmologie. Il a souvent plaidé à contre-courant pour les modèles alternatifs à la cosmologie standard du Big Bang. Le chercheur était également soucieux de faire partager son amour de l'astronomie ; il a publié plusieurs livres et participé à des documentaires pour la télévision. Jean-Claude Pecker était aussi un passionné de dessin, comme en témoignent ses nombreuses aquarelles et peintures dont plusieurs ont été publiées.

Freeman Dyson (1923-2020)

  • Mort le 28 février 2020 à l'âge de 96 ans

Né en 1923 dans le Berkshire au Royaume-Uni, Freeman Dyson a passé plus de 60 ans à l'Institute for advanced Studies (IAS), le temple de l'excellence de la physique aux États-Unis. Il s'est très vite fait remarquer pour ses travaux sur les interactions entre matière et lumière, en particulier l'électrodynamique quantique qui combine la mécanique quantique à l'électromagnétisme. Il s'intéresse ensuite à la cosmologie et la physique nucléaire, et travaille notamment sur le projet Orion, un véhicule spatial interplanétaire propulsé par un moteur nucléaire. Son imagination et son goût pour les civilisations extraterrestres ont inspiré de nombreux auteurs de science-fiction.

Philip Anderson (1923-2020)

Ses idées ont remodelé la physique : l'Américain Philip Anderson avait notamment montré comment le désordre dans l'arrangement des atomes d'un cristal peut piéger des électrons dans un endroit défini, un effet quantique appelé localisation Anderson et pour lequel il a partagé le prix Nobel de physique de 1977. Il a également travaillé sur les matériaux antiferromagnétiques, où les atomes voisins pointent dans des directions opposées pour former un motif « up-down », et sur les supraconducteurs à haute température, dont il affirmait avoir résolu le mystère. Philip Anderson était aussi connu pour sa combativité qui ne le lui a pas attiré que des amis dans le milieu.

Frances Allen (1932-2020)

  • Morte le 4 août 2020 à l'âge de 88 ans

Pionnière de l'informatique et de l'optimisation des algorithmes, Frances Allen a passé toute sa carrière chez IBM. Ses travaux ont notamment permis d'élaborer des codes sources plus puissants et plus efficaces, permettant l'avènement des supercalculateurs et du calcul en parallèle. La mathématicienne américaine sera la première femme à recevoir le prestigieux prix Turing en 2006, l'équivalent du prix Nobel pour l'informatique. Engagée pour la promotion des femmes dans l'informatique, Frances Allen était aussi une passionnée d'alpinisme et d'exploration arctique.

Mario Molina (1943-2020)

  • Mort le 7 octobre à l'âge de 77 ans

Fondateur d'un centre de recherche sur l'environnement qui porte son nom, Mario Molina fut l'une des autorités mondiales sur le changement climatique. Nommé conseiller scientifique auprès de Barack Obama en 2008, il a aussi conseillé les autorités de la capitale mexicaine sur leurs efforts pour réduire la pollution atmosphérique. En 1995, il obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la menace des chlorofluorocarbones (CFC) pour la couche d'ozone. Ses travaux ont été à la base des mesures de restrictions de l'usage des CFC concrétisées par l'adoption du protocole de Montréal en 1987.

Jack Steinberger (1921-2020)

  • Mort le 12 décembre à l'âge de 99 ans

Colauréat du prix Nobel de physique en 1988, Jack Steinberger s'est notamment fait remarquer pour avoir montré l'existence de deux types de neutrinos, dont l'un associé au muon -- il en existe en fait trois, avec le neutrino-électron et le neutrino-tau. Chercheur au Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), il a fourni une série de résultats importants en utilisant des faisceaux de neutrinos pour étudier la structure des protons et des neutrons. Le physicien d'origine juive a initié le détecteur Aleph, un accélérateur de particules installé sur le Grand collisionneur électron-positon (LEP). Bien qu'ayant étudié auprès de Robert Oppenheimer, considéré comme le père de la bombe atomique, il a toujours refusé de faire des recherches sur la fabrication d'armes.

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