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Fred Sanger, double prix Nobel et père de la génomique, est décédé

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Le biochimiste Fred Sanger est décédé à l'âge de 95 ans. Sa méthode novatrice de séquençage de l'ADN lui a valu un second prix Nobel de chimie en 1980. Elle a aussi amené à la création de la génomique, et a contribué à la réalisation du fameux Projet génome, sans parler de la découverte de certains traitements contre le cancer. C'est donc l'un des plus importants scientifiques du XXe siècle qui vient de nous quitter.

Les travaux du prix Nobel Frederick Sanger (1918-2013) n'ont pas fait que bouleverser la biochimie, ils ont aussi changé la médecine. Sans sa méthode pour comprendre la structure des protéines, nous n'aurions pas certains traitements efficaces, tels que l'insuline pour le diabète. Sans sa méthode pour décoder notre matériel génétique, l'ADN, certains traitements pour le cancer du sein, le mélanome et les maladies infectieuses n'auraient pas être développés. © Wellcome Trust Sanger Institute

Lorsque Frederick Sanger est né en 1918 dans le Gloucestershire, un comté situé dans le sud-ouest de l'Angleterre, la structure de l'ADN était totalement inconnue ainsi que la structure des protéines. Il a fallu attendre les réflexions de Schrödinger, et surtout les travaux de Francis Crick, James Watson, Rosalind Franklin et Maurice Wilkins, pour y voir plus clair dans le cas de l'ADN.

Pacifiste et objecteur de conscience pendant la seconde guerre mondiale, Sanger en profita pour étudier la biochimie à Cambridge. Son premier grand succès fut de prouver en 1951 que l'insuline était composée d'une séquence d'acides aminés qu'il fut aussi capable de déterminer. Les protéines possédaient donc une structure chimique bien définie, une découverte qui allait prendre toute son importance avec celle de la structure en double hélice de l'ADN, en 1953. Pour toutes ces raisons, Fred Sanger se vit attribuer le prix Nobel de chimie en 1958.

Une vidéo sur le principe du séquençage de Sanger. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle avec deux barres horizontales en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître, si ce n'est pas déjà le cas. En passant simplement la souris sur le rectangle, vous devriez voir l'expression « Traduire les sous-titres ». Cliquez pour faire apparaître le menu du choix de la langue, choisissez « français », puis cliquez sur « OK ». © DNA Learning Center

Du séquençage des protéines, Sanger décida naturellement de passer au problème du séquençage de l'ADN et de l'ARN au début des années 1960. Ses travaux portèrent finalement leurs fruits dans les années 1970 avec la mise au point de ce que l'on appelle la méthode de Sanger. En 1977, grâce à cette technique, son équipe a reconstitué la séquence du premier génome complet d'un organisme, le virus bactériophage ϕX174, qui possède environ 5.000 paires de bases. Ses collègues et lui furent aussi les premiers à séquencer partiellement le génome humain en déterminant 16.000 paires de bases présentes dans l'ADN mitochondrial.

Fred Sanger décroche un second prix Nobel de chimie

En 1980, Fred Sanger est entré dans le club très fermé des doubles lauréats d'un prix Nobel en décrochant à nouveau celui de chimie. Historiquement, seuls Marie Curie, Linus Pauling et John Bardeen ont pu se targuer d'avoir accompli un tel exploit. Le second prix Nobel de Sanger récompensait bien évidemment ses travaux sur le séquençage de l'ADN. Tout le monde reconnaît aujourd'hui en lui l'un des pères de la génomique, et l'un de ceux qui a permis à des chercheurs comme Eric Lander de réussir dans le projet de séquençage du génome humain.

Frederick Sanger a pris sa retraite en 1983 en compagnie de son épouse. « Je me suis marié avec Margaret Joan Howe en 1940. Bien que n'étant pas scientifique elle-même, elle a contribué à la réussite de mon travail plus que quiconque en fournissant une maison paisible et heureuse », disait-il. Sanger vient de nous quitter le 19 novembre 2013 à l'âge de 95 ans. Tout aussi humble que Peter Higgs, il avait refusé d'être élevé au rang de chevalier par la reine d'Angleterre, peu enclin à être qualifié de « sir Frederick Sanger ».

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