La plateforme russe Kazatchok portant le rover européen Rosalind-Franklin de l’ESA. La Russie n’a jamais eu de chance avec Mars. Cette fois-ci, c’est la guerre qui risque de lui faire rater une nouvelle occasion. © Thales Alenia Space
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La Russie s’isole de toute collaboration scientifique dans l’espace

ActualitéClassé sous :Espace , Astronautique , ExoMars

La guerre en Ukraine s'étend également dans l'espace, au péril des coopérations. Face aux sanctions occidentales, la Russie s'isole et les missions spatiales communes tombent les unes après les autres.

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À la tête de l'agence spatiale russe, Roscosmos, l'excentrique Dimitri Rogozin a décidé de remettre en question toute collaboration entre la Russie et les partenaires européens et américains. Après avoir décidé que l'industrie spatiale russe n’exporterait plus ses moteurs et ses fusées Soyouz, c'est au tour des missions scientifiques d'être arrêtées.

La première mission sur laquelle la question s'est vite posée est ExoMars 2022. La mission robotique européenne devait initialement décoller en 2020, mais la crise de la Covid-19 a eu raison des dates limites et le tir a été reporté à 2022. En effet, pour atteindre la Planète rouge, nous ne disposons d'une fenêtre de tir que tous les 24 mois.

ExoMars 2022 était au début une collaboration avec la Nasa. Mais l'agence américaine a quitté le projet alors l'Agence spatiale européenne (ESA) s'est tournée vers Roscosmos pour fournir une fusée, mais surtout la plateforme d'atterrissage indispensable pour le rover européen. La plateforme Kazatchok fournie par Roscosmos est à Turin chez Thales Alenia Space, prête à partir pour le pas de tir à Baïkonour. Aujourd'hui, son sort ne tient plus qu'à un fil, et sera fixé le 16 mars.

Capture du cargo Cygnus NG 17 le 21 février dernier par le bras robotique CanadArm de l’ISS. Ce cargo est équipé d’un système pour réaliser le tout premier test de propulsion de la station indépendamment du moteur de la section russe depuis la fin des navettes spatiales. © Nasa

Incertitude sur l’ISS 

Le climat s'était déjà refroidi en 2014 entre la Nasa et l'agence spatiale russe Roscosmos avec l'annexion de la Crimée. Aujourd'hui, Dimitri Rogozin ne manque pas une occasion de remettre en cause la contribution russe à la Station spatiale internationale. Cela priverait la station de son unique moteur, indispensable pour réaliser les rehaussements d'orbites pour éviter de retomber sur Terre.

Pour l'instant, les opérations dans l'ISS restent inchangées. Difficile de connaître l'avis des astronautes russes à bord ou en général. La Nasa n'affirme publiquement aucun plan de secours pour la section américaine de l'ISS (avec les modules européens et japonais), mais des options sont bien sur la table. Si jamais Roscosmos décide de mettre fin maintenant à son partenariat, la survie de l'ISS serait sportive. Si jamais la Russie décide d'arrêter en 2024, date limite commune à tous les partenaires jusqu'à maintenant, alors la Nasa s'en sortirait probablement grâce à l'apport de modules privés et de ses partenaires.

Dans tous les cas de figure, la sortie de la Russie du programme ISS condamnerait la Russie à voler à bord de la Station spatiale chinoise, et ce serait probablement la fin du programme spatial civil russe.

Vue d’artiste du télescope spatial russe Spektr-RG, avec devant (tube noir) le télescope allemand eRosita. © DLR

Fin des partenariats avec l’Allemagne

Peu après le début de l'invasion de l'Ukraine, les autorités allemandes ont demandé aux équipes de la DLR (agence spatiale allemande) de mettre en pause les activités du télescope eRosita et de suspendre sa coopération scientifique avec la Russie. eRosita est un des instruments à bord du télescope spatial russe Spektr-RG (Spectrum Roentgen Gamma), mis en orbite de halo autour du point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil en 2019.

Spektr-RG est une des rares missions scientifiques russes parallèles au programme de vol habité. Le but de la mission est d'observer l'Univers en rayons X tandis que le télescope eRosita est spécialisé dans l'étude des trous noirs. Le projet a été cofinancé par la DLR et Roscosmos.

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