Le Very Large Telescope de l'ESO a scruté une étoile particulièrement brillante, et étrangement solitaire, dans une galaxie voisine de la nôtre.
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Le Grand Nuage de MagellanGrand Nuage de Magellan, une galaxiegalaxie distante de 170.000 années-lumièreannées-lumière, héberge la nébuleusenébuleuse de la Tarentule, une araignéearaignée cosmique sur laquelle le télescopetélescope spatial américain HubbleHubble avait zoomé il y a quelques semaines. C'est au sein de cette nébuleuse, composée d'une multitude de filaments de gazgaz et de poussière sculptés par les ventsvents stellaires rejetés par plusieurs supernovaesupernovae, que siège une curiosité, un groupe de jeunes étoiles très massives, surnommé RMC 136a1 (ou plus simplement R 136).

Les astronomesastronomes de l'ESO étudient depuis un certain temps cet amas particulier. L'an dernier ils le soupçonnaient déjà d'avoir éjecté une étoile de 90 masses solaires à près de 200.000 kilomètres à l'heure au cours d'une partie de flipper cosmique qui se serait jouée entre plusieurs étoiles supermassives. Mais la partie en question a peut-être laissé d'autres traces.

La nébuleuse de la Tarentule dans le Grand Nuage de Magellan, une araignée cosmique riche en objets célestes rares. © Nasa/Esa/ESO

La nébuleuse de la Tarentule dans le Grand Nuage de Magellan, une araignée cosmique riche en objets célestes rares. © Nasa/Esa/ESO

Une superétoile étrangement isolée

Les chercheurs viennent en effet de se pencher sur le cas d'une autre étoileétoile très particulière. VFTS 682 (c'est son nom) présente une masse 150 fois supérieure à celle du SoleilSoleil et sa température de surface est de 50.000 °C, dix fois plus que celle qui règne à la surface de notre étoile. Ainsi, VFTS 682 est l'une des étoiles les plus brillantes connues, ce qu'ont révélé des observations réalisées en infrarougeinfrarouge par le Very Large Telescope de l'ESO pour s'affranchir de l'absorptionabsorption provoquée par des nuages de poussière. L'origine de cette étoile intrigue les astronomes : elle devrait se trouver dans le centre surpeuplé d'un amas d'étoiles mais elle brille d'une splendeur solitaire. A-t-elle été, elle aussi, éjectée de l'amas R 136 ? C'est fort possible, comme le souligne Paco Najarro, un membre de l'équipe d'observateurs. Selon lui « les nouveaux résultats montrent que VTFS 682 est pratiquement la véritable sœur jumelle d'une des superétoiles les plus lumineuses, située au cœur de l'amas d'étoiles R 136 ».

Les astronomes connaissent d'autres cas d'étoiles fugueuses victimes d'interactions gravitationnelles mais aucune n'est aussi massive que VTFS 682. Si les forces gravitationnellesforces gravitationnelles capables de justifier son expulsion de l'amas R 136 restent à imaginer, il est encore plus difficile d'expliquer la formation isolée d'un tel phare céleste.