L'observation du voisinage immédiat d'une étoile autre que le Soleil vient d'être réalisée pour la première fois. Un disque de débris constitué de grains de poussières chauds (1300°C), résidus de l'évaporation de comètes et de collisions entre astéroïdes, a en effet été détecté pour la première fois autour de Véga. Cette découverte est le fruit du travail d'une équipe internationale comprenant des chercheurs du Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (CNRS, Observatoire de Paris, Universités de Paris VI et VII) et du Laboratoire d'astrophysique de Grenoble (CNRS, Université Joseph Fourier).

au sommaire


    <br />Zoom sur la partie interne du disque de débris de Véga (image reconstituée à partir des observations de CHARA/FLUOR).<br />&copy; Olivier Absil, Université de Liège 2006

    Zoom sur la partie interne du disque de débris de Véga (image reconstituée à partir des observations de CHARA/FLUOR).
    © Olivier Absil, Université de Liège 2006

    Véga est une étoile importante en astronomie à plus d'un titre : cinquième étoile la plus brillante du ciel nocturnenocturne, une des trois "belles d'été" (avec Deneb et Altaïr) qui forment un grand triangle au zénith de nos latitudeslatitudes les soirées estivales, elle a longtemps été considérée comme une étoile de référence, et c'est à elle que l'éclat de toutes les autres est comparé. Située à 25 années-lumière, donc relativement proche du Soleil, elle est environ trois fois plus grosse et plus massive et 60 fois plus lumineuse que ce dernier, et beaucoup plus jeune (350 millions d'années contre 4,5 milliards).

    Une équipe internationale (1) a détecté dans le voisinage de Véga un faible flux infrarouge (78 fois moins important que celui de l'étoile) qui proviendrait de particules chauffées par l'étoile jusqu'à des températures avoisinant les 1300°C. Il semble que ces particules aient une composition chimique différente de celles du système solairesystème solaire, avec une prédominance de matériaux carbonés (comme le graphitegraphite), alors que notre nuagenuage zodiacal contient surtout des silicatessilicates. Elles seraient aussi en moyenne plus petites (d'un diamètre inférieur au micronmicron, équivalent à celui des particules constituant la fumée de cigarette).

    Des grains aussi petits devraient normalement être chassés par la pressionpression créée par l'intense rayonnement de Véga. Leur abondance prouve donc qu'ils sont produits en permanence, probablement dans une phase d'intense bombardement météoritique et cométaire comme celle qu'a connu la Terre aux origines du système solaire. Le taux de production des poussières correspondrait au passage quotidien de 13 grosses comètescomètes dans l'environnement de Véga.

    <br />Le réseau CHARA. &copy; Center for High Angular Resolution Astronomy - Georgia State University 2006

    Le réseau CHARA. © Center for High Angular Resolution Astronomy - Georgia State University 2006

    La présence de poussières froides autour de Véga (-170°C), situées à un distance trois fois plus grande que l'orbiteorbite de PlutonPluton, était connue depuis longtemps. Ce phénomène se retrouve d'ailleurs sur bon nombre d'étoiles semblables à Véga. Cependant, rien n'était connu sur la partie interne de ces disques de débris, où des planètes semblables à la Terre sont censées se former. L'examen de la partie interne du disque de Véga a été rendue possible grâce au CHARA (Center for High Angular Resolution Astronomy) de l'Université d'Etat de Géorgie, qui permet, à partir de six télescopestélescopes de 1 mètre répartis sur le Mont Wilson en Californie, de simuler un télescope géanttélescope géant de près de 330 m, et de distinguer ainsi des détails de seulement 200 microsecondes d'angle, à peine plus gros qu'un ballonballon de football vu de la LuneLune ! La lumière collectée par le réseau CHARA est recombinée par l'instrument FLUORFLUOR (Fiber Linked Unit for Optical Recombination), développé par le Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysiqueastrophysique (CNRS, Observatoire de Paris, Universités de Paris VI et VII).

    Ce dispositif a également permis d'observer l'atmosphèreatmosphère de Véga, et de confirmer quelques propriétés étonnantes de l'étoile : sa grande vitesse de rotationvitesse de rotation sur elle-même (12.5 heures) lui confère en effet une forme lenticulaire, aplatie aux pôles, ces derniers étant plus brillants et plus chauds de 2300°C que l'équateuréquateur.

    Notes :
    1 : L'équipe est constituée de O. Absil (Université de Liège); E. di Folco (Observatoire de Genève); J.-C. Augereau (Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble, UMR CNRS, Université Joseph FourierJoseph Fourier); A. Mérand, V. Coudé du Foresto et P. Kervella (LESIA, UMR CNRS, Observatoire de Paris, Universités Paris VI et VII); J.-P. Aufdenberg et S. Ridgway (NOAO); D. Berger, TT. ten Brummelaar, J. Sturmann, L. Sturmann, N. Turner, and H. McAlister (CHARA, Georgia State University).

    Les images sont disponibles à la photothèque du CNRS.

    Contacts :

    Chercheurs :
    Vincent Coudé du Foresto
    T 01 45 07 79 61
    [email protected]

    OlivierOlivier Absil
    T +32 4 366 97 66
    [email protected]

    Jean-Charles Augereau
    T 04 76 51 47 86
    [email protected]

    Harold McAlister
    T +1 404 651 1390
    [email protected]

    INSU
    Philippe Chauvin
    T 01 44 96 43 36
    [email protected]

    Presse :
    Isabelle Bauthian
    [email protected]
    T 01.44.96.46.06