C'est un nouveau gigantesque cyclone qu'astronomes amateurs et professionnels observent sur Saturne, en attendant que la sonde Cassini ne braque les caméras dans sa direction.

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La météorologiemétéorologie des géantes gazeusesgéantes gazeuses est pleine d'imprévus. Prenons l'exemple de JupiterJupiter : depuis plusieurs mois les observateurs concentraient leurs efforts sur cette planète, suite à la disparition de sa bande équatoriale sud (SEB). Cette bande nuageuse ocreocre (qui a son équivalent dans l'hémisphère nordhémisphère nord de Jupiter) était devenue temporairement invisible en raison de la formation de nuagesnuages blancs de glace d'ammoniacammoniac juste au-dessus. La situation tend à redevenir normale : une forte agitation atmosphérique témoigne du retour prochain de la SEB. Parallèlement à ces phénomènes atmosphériques plus ou moins cycliques, Jupiter est également connue pour abriter la Grande Tache RougeGrande Tache Rouge, un énorme cyclonecyclone découvert il y a 350 ans par l'astronome Jean-Dominique CassiniJean-Dominique Cassini. La GTR a fait l'objet d'une étude approfondie il y a quelques mois grâce à Visir. Ce spectromètrespectromètre infrarouge, installé sur le VLTVLT, a pu dresser la carte thermique du cyclone, détectant de légères différences de température qui suffiraient à y entretenir en permanence des mouvementsmouvements de convectionconvection.

SaturneSaturne, une autre planète géanteplanète géante gazeuse, connaît également une météorologie complexe. La sonde Cassini y a notamment observé un hexagone nuageux particulièrement curieux au pôle Nord. Personne ne sait comment est née et comment se maintient une telle structure polygonale, même si elle est reproductible en laboratoire dans un fluide en rotation. Mais c'est une nouvelle tempêtetempête en cours de développement qui mobilise les télescopestélescopes terrestres depuis quelques nuits.

Surprenante manifestation de la météorologie saturnienne, cet hexagone nuageux est installé sur le pôle Nord. © Nasa/JPL/Esa

Surprenante manifestation de la météorologie saturnienne, cet hexagone nuageux est installé sur le pôle Nord. © Nasa/JPL/Esa

Un cyclone de plus

Régulièrement, la célèbre planète aux anneaux fait la une pour ses violentes perturbations atmosphériques. En 2006 la sonde Cassini avait déjà photographié un monstrueux ouragan de 8.000 kilomètres de diamètre, installé exactement au pôle Sud. Semblable à un cyclone terrestre, son œilœil était entouré de nuages s'élevant jusqu'à 75 kilomètres d'altitude. Fin 2007 la sonde découvrait une tempête électrostatique circulant dans la célèbre Storm Alley qui resta active plusieurs mois au niveau de la troposphèretroposphère de Saturne. Sa puissance équivalait à 10.000 de nos tempêtes terrestres ! Pour chaque orage, on avait les images, il ne manquait que le son ; Cassini a pu l'enregistrer en 2009 en surveillant une nouvelle fois l'Allée des tempêtes. En mars 2010, l'opposition de la planète incita de nombreux astronomesastronomes amateurs à pointer leur télescope dans sa direction. Résultat, ils furent les premiers à détecter une nouvelle tempête deux mois plus tard.

Alors que l'année s'achève, c'est un autre panache blanc qui vient troubler l'aspect habituel de Saturne. Le scénario est le même à chaque fois : de puissants courants ascendants font remonter de l'ammoniac jusque dans les couches atmosphériques supérieures. Les scientifiques se demandent s'ils n'ont pas affaire à un phénomène spectaculaire qui se reproduit environ tous les 30 ans sur Saturne. Les prochains mois vont permettre de suivre l'évolution de cette tempête, tandis que la planète va devenir de mieux en mieux visible jusqu'à son opposition en avril 2011.