Grâce à leurs observations régulières de Saturne, des astronomes amateurs ont été les premiers à y découvrir une nouvelle tempête, permettant aux scientifiques de braquer dessus les instruments de la sonde Cassini.

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Anthony Wesley est un astronome amateur australien heureux. Il y a un peu moins d'un an, le 20 juillet 2009, il était le premier à observer avec son télescopetélescope la trace noire laissée par un impact de comète ou d'astéroïde sur Jupiter. Alertés, les astronomesastronomes professionnels avaient alors braqué les instruments au sol et le télescope spatial Hubble en direction de la planète gazeuseplanète gazeuse géante.

Wesley vient de récidiver. Observant SaturneSaturne à la fin de cet hiverhiver, il a pu y photographier une nouvelle tempêtetempête. Le 22 mars il prévenait l'équipe scientifique en charge de la sonde Cassini. Avec deux autres amateurs, Trevor Barry et Christopher Go, Wesley suivait le phénomène depuis le mois de février, réalisant des dizaines d'images de l'évolution de cette tempête.

L'astronome amateur australien Anthony Wesley pose au côté de son télescope de 40 centimètres de diamètre. C'est avec cet instrument qu'il a découvert un impact cométaire sur Jupiter en 2009 et une tempête sur Saturne il y a quelques semaines. Crédit A. Wesley
L'astronome amateur australien Anthony Wesley pose au côté de son télescope de 40 centimètres de diamètre. C'est avec cet instrument qu'il a découvert un impact cométaire sur Jupiter en 2009 et une tempête sur Saturne il y a quelques semaines. Crédit A. Wesley

Quand les amateurs bouleversent le planning de Cassini

Cette alerte a permis de pointer le spectromètrespectromètre infrarouge de la sonde Cassini sur cet ouraganouragan et de mesurer pour la première fois avec précision la distribution du gazgaz et sa température. Cassini a ainsi pu détecter la présence attendue de grandes quantités de phosphine, un gaz fabriqué lorsque de puissants courants ascendants font remonter l'ammoniacammoniac présent dans les profondeurs de l'atmosphèreatmosphère de Saturne. Cassini a également mesuré une autre conséquence de cette tempête : la tropopausetropopause, cette limite entre la troposphèretroposphère de la stratosphèrestratosphère, montre une petite différence de température de 0,5 kelvinkelvin plus froide au cœur de la tempête qu'aux alentours.

Les scientifiques de la mission se réjouissent de cette coopération avec les astronomes amateurs. La sonde Cassini a déjà pu observer différents phénomènes dans l'Allée des tempêtes, cette bande très active au sud de l'équateuréquateur. Elle a même enregistré simultanément le son et la lumière d'un orage. Mais ces mesures étaient toujours le résultat de séquences d'observations planifiées des mois à l'avance. Cette nouvelle tempête leur aura donné l'occasion de mobiliser rapidement la sonde avec succès.