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Astrophotographie : Jupiter au plus près

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Cette fin de mois d'octobre est une aubaine pour les astrophotographes. C'est en effet le 29 que la planète Jupiter est en opposition, la meilleure époque de l'année pour l'admirer.

Jupiter le 24 septembre 2011. La Grande Tache Rouge est parfaitement visible. © R. Morini

La plus grosse planète du Système solaire (sa masse est 2,5 fois plus importante que celle de toutes les autres planètes réunies) présentera à la fin du mois un diamètre apparent de 49,6 secondes d'arc pour une magnitude de -2,9 ce qui en fait un phare céleste visible haut dans le ciel en milieu de nuit. En attendant l'arrivée de la sonde Juno pendant l'été 2016 dans la banlieue de Jupiter, les astronomes vont profiter de cette nouvelle opposition (une tous les 13 mois) pour photographier l'atmosphère changeante de la planète.

Fin août la Lune avait rendez-vous dans le ciel de l'aube avec les planètes Mars et Jupiter. © J.-B. Feldmann

Fin août la Lune avait rendez-vous dans le ciel de l'aube avec les planètes Mars et Jupiter. © J.-B. Feldmann

Une météorologie complexe

En raison de sa rotation différentielle (l'atmosphère tourne 5 minutes plus vite à l'équateur qu'aux pôles) cette planète gazeuse est célèbre pour ses bandes nuageuses colorées où des vents violents forment de gigantesques cyclones. Le plus célèbre et le plus ancien d'entre eux est la GTR, Grande Tache Rouge, qu'on observe depuis près de 400 ans sans comprendre vraiment les raisons de sa longévité. Son observation par des instruments comme Visir a révélé que de légères variations de température entre le bord et le centre de la GTR suffisent à provoquer des mouvements de convection permanents. Les gaz les plus chauds montent au centre de la Tache et retombent autour à la manière d'une fontaine. Mais l'agitation atmosphérique sur Jupiter n'est pas réservée qu'aux cyclones.

Un étonnant phénomène touche régulièrement la bande équatoriale sud (SEB) qui disparaît pendant plusieurs mois, sans doute masquée par la formation de nuages blancs de glace d'ammoniac qui sont ensuite chassés par une grande tempête. Plus discrètes, les autres bandes nuageuses de la planète connaissent elles aussi des variations locales de teinte. Autant de modifications qui attirent les astrophotographes, certains qu'ils découvriront un nouveau visage de la planète sur chacune de leurs images. Avec peut-être aussi le secret espoir d'être les premiers à signaler un nouvel impact sur Jupiter, une planète régulièrement sujette à ce genre de phénomène en raison de sa masse qui attire comètes et astéroïdes. L'image ci-dessous a été réalisée par Romain Morini le 24 septembre dernier à l'aide d'une caméra et d'un télescope de 23 centimètres de diamètre depuis un site astronomique de grande qualité, le plateau de Calern où l'observatoire de la Côte d'Azur a installé plusieurs de ses instruments.

À propos de Romain Morini

Membre de notre forum d'astronomie, Romain Morini aime tout particulièrement photographier les surfaces lunaires et planétaires, comme en témoigne son album photo. Si vous aussi vous souhaitez nous proposer une image astronomique destinée à illustrer cette rubrique, il vous suffit de suivre nos consignes.     

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