Du 20 au 24 Août, un colloque rassemblant les astrophysiciens exploitant les données obtenues avec le satellite Hinode s’est tenu au Trinity College de Dublin. Depuis septembre 2006, cela fait donc presque un an que cette mission Japonaise développée et lancée par SAS/JAXA, administrée par la NAOJ en collaboration avec la NASA et STFC explore les secrets du Soleil. Elle a déjà fourni quantités d’informations nous rapprochant de la solution de l’énigme du chauffage de la couronne solaire et nous permettant de mieux comprendre et prédire les éruptions solaires, déterminantes pour les progrès de la météorologie spatiale. 
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Image d'artiste du satellite Hinode (levée de Soleil en Japonais) (Crédit : JAXA).
Image d'artiste du satellite Hinode (levée de Soleil en Japonais) (Crédit : JAXA).

Hinode (Solar-B) est le successeur du satellite YOHKOHYOHKOH (Solar-A) lancé en 1991 et qui était déjà le fruit d'une collaboration entre le Japon, les USA et le Royaume-Uni. Les images en rayons Xrayons X qu'il avait fournies étaient déjà spectaculaires et riches en renseignements mais celles de Hinode le sont plus encore.

Pour accomplir sa mission, ce satellite de 900 kgkg, et de 10 mètres d'envergure avec ses panneaux solaires déployés, a été équipé de différents instruments dont :

• Le Solar Optical Telescope (SOT), le premier grand télescopetélescope optique dans l'espace dédié à l'observation du SoleilSoleil. Celui-ci possède un miroirmiroir de 50 cm et une résolutionrésolution angulaire de 0.25". Ce qui veut dire qu'il peut photographier des détails dont la taille est d'au moins 175 km à la surface du Soleil et ce, sur des longueurs d'ondeslongueurs d'ondes comprises entre 480-650 nanomètresnanomètres ;
• Le X-ray Telescope (XRT), un télescope capable de fournir des images de la couronne solairecouronne solaire à différentes températures entre 1 et 30 millions de KelvinKelvin ;
• Le Extreme-ultraviolet Imaging Spectrometer (EIS), qui lui est un télescope permettant de mesurer la vitessevitesse des gazgaz se déplaçant dans l'atmosphèreatmosphère solaire.

L'usage conjoint de ces 3 instruments permet d'étudier la génération, le transport et la dissipation de l'énergieénergie magnétique de la photosphèrephotosphère jusqu'à la couronne et d'évaluer précisément en quelle quantité. Hormis le problème du chauffage de la couronne solaire, qui semblait défier les lois de la thermodynamique, le sujet d'étude le plus important de Hinode est celui des mécanismes exacts des éruptions solaireséruptions solaires.

Celles-ci se produisent lorsque les lignes de champ magnétiquechamp magnétique du soleil se contorsionnent et s'enroulent d'une façon telle qu'une grande accumulation d'énergie magnétique se produit et est subitement libérée sous forme de rayonnement et d'un flot de particules chargées très énergétiques. Associé à cela, le Soleil libère alors de grandes bouffées de matièrematière coronale fonçant à travers les espaces interplanétaires à plus de 7 millions de km par heure. Les systèmes électroniques en orbiteorbite, dont dépend notre civilisation, sont alors soumis aux attaques des électrons tueursélectrons tueurs capables de les endommager gravement.

L'établissement d'une bonne météo solaire est donc de la plus haute importance. En particulier, de larges zones sombres pouvant s'étendre sur plus de 20 fois la taille de la TerreTerre, et apparaissant précisément après une éruption solaire à l'endroit même où elle a eu lieu, intriguent particulièrement les chercheurs. Les instruments d'Hinode permettent leur étude avec une précision inégalée jusqu'à aujourd'hui et les secrets d'une prévision plus performante des éruptions solaires pourraient bien s'y trouver cachés.

Une comparaison de la Taille de la Terre avec les zones sombres observées par Hinode (Crédit : JAXA).

Une comparaison de la Taille de la Terre avec les zones sombres observées par Hinode (Crédit : JAXA).

Depuis le 27 mai 2007, les chercheurs de l'ESAESA disposent d'un libre accès aux images et mesures de Hinode, grâce au Hinode Science Data Centre situé en Norvège dans les mursmurs de l'Institute of Theoretical Astrophysics at the University of Oslo, en raison des contributions de l'ESA et de la Norvège dans le cadre de cette mission. Ces derniers fournissent en effet le seul réseau d'antennes au sol capable d'enregistrer les informations collectées et relayées en direction de la Terre par Hinode au cours de ses révolutions autour du Soleil. Les vidéos suivantes de la JAXAJAXA illustrent la beauté des images obtenues.