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Dumbbell, une nébuleuse planétaire spectaculaire

ActualitéClassé sous :Astronomie , Dumbbell , Messier 27

Dans le bestiaire cosmique à la portée des plus petits télescopes d'amateurs, la nébuleuse planétaire Messier 27 tient une place de choix. Sa taille et sa luminosité en font une cible incontournable du ciel d'été.

Toute la beauté de la nébuleuse planétaire Dumbbell est révélée sur cette photographie réalisée avec un télescope de 500 millimètres de diamètre et plus de 30 heures de poses. Crédit Ken Crawford

Lorsqu'au 18e siècle l'astronome français Charles Messier sonde le ciel avec sa lunette pour recenser tous les astres qu'on pourrait prendre pour des comètes, il lui arrive de temps à autre de rencontrer un objet céleste qui l'intrigue. C'est le cas ce 12 juillet 1764. Aux confins de la constellation boréale du Petit Renard, Messier déniche un petit disque nébuleux, un peu comme une planète floue. Bien que Messier comprenne qu'il ne s'agit pas d'une planète (l'objet reste totalement immobile devant le fond du ciel étoilé), il lui donne le nom de nébuleuse planétaire et lui attribue le numéro 27 dans son célèbre catalogue. En 1828 John Herschel observe cet objet céleste dans un télescope plus puissant qui lui en fournit une vision détaillée ; l'astronome anglais y voit une forme d'haltère, d'où le nom de Dumbbell que prend désormais M 27, plus poétique que celui que lui donnent certains astronomes, la comparant à un trognon de pomme !

On sait désormais que M 27, comme les autres nébuleuses planétaires, correspond à un stade de la mort des étoiles. Quand une étoile de moins de huit masses solaires a brûlé son hydrogène et son hélium, elle devient une naine blanche, le sort qui sera réservé à notre Soleil dans 4 milliards d'années. Les couches supérieures de l'étoile agonisante sont expulsées tout autour sous forme d'une bulle gazeuse qui se répand dans l'espace à raison d'une vingtaine de kilomètres par seconde. Le gaz de cette bulle est rendu lumineux, ionisé par le rayonnement ultraviolet de la naine blanche.

Cette image de M 27 postée sur notre forum d'astronomie a été obtenue en 15 heures de poses avec une lunette de 100 mm de diamètre. Crédit JP 06, son pseudo

Une nébuleuse pour tous les instruments

A 1.200 années-lumière, M 27 s'étend sur un peu plus de deux années-lumière, ce qui représente 8 minutes d'arc, soit le quart du diamètre apparent de la Pleine Lune. C'est donc un objet astronomique d'une taille respectable, qui a de plus la bonne idée d'être relativement lumineux. Sa magnitude visuelle de 7,4 le rend facilement repérable aux jumelles comme une petite tache floue ovalisée. L'aspect de trognon de pomme devient perceptible dans un télescope à partir de 150 millimètres de diamètre. Un instrument deux fois plus gros permet de découvrir la naine blanche au centre de la nébuleuse qui brille faiblement à la magnitude 13,5.

Plus le diamètre de l'instrument augmente et plus les détails apparaissent dans la coquille gazeuse de la nébuleuse. Mais pour en distinguer les couleurs (le rouge pour l'hydrogène et le vert pour l'oxygène), il faut recourir à la photographie. C'est ce qu'a fait l'astrophotographe californien Ken Crawford, qui nous avait déjà offert il y a quelques jours une superbe image de la galaxie cannibale NGC 5128. Cette fois-ci il a utilisé le télescope de 500 millimètres de diamètre de son observatoire personnel. Une caméra CCD et de nombreuses heures de poses lui ont permis de révéler toute la beauté et la complexité de M 27. Son image (dans laquelle on peut zoomer) révèle de nombreuses extensions sous forme de filaments qui se déploient autour de la nébuleuse.

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