L'observatoire spatial Gaia a été correctement lancé ce matin par une fusée Soyouz depuis la Guyane. Il faudra encore trois semaines pour que ce puissant instrument d'astrométrie rejoigne son poste à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

Ce matin à 6 h 12 en Guyane, soit 10 h 12 en métropole, un lanceurlanceur Soyouz ST a décollé de Sinnamary. Le tir a parfaitement réussi et, jusqu'au bout, est resté « normal », comme le scandait la personne chargée d'annoncer les paramètres. Futura-Sciences a suivi en direct l'événement sur une page spéciale. Quelques minutes plus tard, les quatre boostersboosters latéraux (constituant le premier étage) se séparaient, puis le deuxième étage (celui du milieu). Environ dix minutes après le décollage, une fois effectuée la séparationséparation du troisième étage, le lourd satellite Gaia s'inscrivait sur une brève orbiteorbite d'attente à 175 km d'altitude, propulsé par le moteur Frégate.

Rallumé ensuite, cet étage a injecté GaiaGaia sur la première partie de la trajectoire qui l'amènera dans une trentaine de jours à son poste d'observation, le point de Lagrange L2point de Lagrange L2 du Système Terre-Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la TerreTerre. Il restait encore une action à mener : l'ouverture du pare-soleil, mesurant 10,5 m de diamètre et déployé à la manière d'un parapluie. Son rôle est de protéger Gaia et ses instruments du rayonnement solairerayonnement solaire. Opération réussie 88 minutes après le décollage.

« Gaia s'appuiera sur les résultats de la première mission de cartographie des étoilesétoiles lancée par l'Esa en 1989, HipparcosHipparcos, pour percer le mystère de l'histoire de notre galaxiegalaxie », a commenté le directeur général de l'Agence spatiale européenne, Jean-Jacques Dordain.

Une vue d'artiste de la séparation de la coiffe protégeant le satellite Gaia durant la phase atmosphérique du lancement. Les boosters latéraux (formant le premier étage) ont été largués, et c'est ici le deuxième étage qui pousse l'ensemble. © Esa

Une vue d'artiste de la séparation de la coiffe protégeant le satellite Gaia durant la phase atmosphérique du lancement. Les boosters latéraux (formant le premier étage) ont été largués, et c'est ici le deuxième étage qui pousse l'ensemble. © Esa

Gaia, « la réalisation d'un rêve »

La mission d'Arianespace, chargée du lancement, était terminée. L'Esa doit encore effectuer deux corrections de trajectoire. La première inscrira Gaia sur la bonne trajectoire vers L2 et la seconde, avant l'arrivée, mettra l'observatoire spatial en orbite autour de ce point, où s'annulent les gravitésgravités terrestre et solaire, comme l'avait prédit le mathématicien Joseph-Louis LagrangeJoseph-Louis Lagrange, mort voilà un peu plus de 200 ans, en 1813.

Durant cinq ans, Gaia effectuera des mesures d'astrométrie, de photométrie et de spectrométriespectrométrie. Il servira à cartographier en 3D notre Voie lactée, à étudier un milliard d'étoiles, à surveiller des quasarsquasars, à repérer des astéroïdesastéroïdes, et sans doute à dénicher des exoplanètesexoplanètes. Tâche ingrate, l'astrométrie est surtout un fondement de l'astronomie, comme le rappelle Alvaro Giménez, directeur science et exploration robotiquerobotique à l'Esa. « Gaia constitue la réalisation d'un rêve pour tous les astronomesastronomes, depuis les premières observations d'Hipparque dans la Grèce antique qui a recensé la position relative d'un millier d'étoiles à l'œilœil nu et à l'aide de calculs géométriques simples. Plus de 2.000 ans plus tard, Gaia ne se contentera pas de recenser un nombre inégalé d'étoiles, il sera en mesure, tout au long de son périple, de découvrir à la fois des astéroïdes, des planètes et des étoiles mourantes. »