Représentation des globules rouges circulants. © Allinonemovie, Pixabay
Santé

Accident d'exposition au sang : quelle est la marche à suivre ?

Question/RéponseClassé sous :Sang , dépistage , accident

Le contact accidentel avec le sang d'une personne peut entraîner un risque de transmission de maladies virales. En France, il existe des dispositifs d'accueil et de prise en charge permettant, dans les délais les plus courts, d'assurer une évaluation du risque infectieux encouru et, le cas échéant un suivi et une mise sous traitement des personnes exposées.

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[EN VIDÉO] Les plaquettes patrouillent dans les vaisseaux sanguins  Les plaquettes (en rouge) se déplacent dans les vaisseaux sanguins et interagissent avec les cellules de Kupffer (en bleu), qui sont les macrophages résidents du foie. Par ce biais elles peuvent détecter la présence d’agents infectieux. 

Un accident d'exposition au sang (AES) se définit comme tout contact avec du sang ou un liquide biologique contenant du sang et comportant une effraction cutanée (piqûre), une projection sur une muqueuse (œil) ou sur une peau lésée.

Ces accidents concernent de nombreuses professions ainsi que les usagers de drogue par voie injectable, en cas de partage du matériel. Ils concernent aussi les accidents d'exposition sexuelle en cas de rapports sexuels non protégés. L'AES est considéré comme une urgence médicale et il est conseillé d'agir au plus tard dans les 48 heures suivant l'exposition. Le risque majeur est la transmission de maladies infectieuses en particulier des virus VIH, VHC et VHB.

Les modalités de prise en charge sont précisées dans une instruction interministérielle (2019) qui vise à établir un dispositif local d'accueil permettant rapidement l'analyse du risque encouru et l'accès à une éventuelle prophylaxie, appelée TPE (traitement post-exposition).

Quels sont les risques de transmission dans le cas d'un AES ?

Le risque de transmission va dépendre du statut sérologique du patient source et du mode d'exposition. Si la personne source est porteuse d'un virus, les risques de transmission sont estimés à 0,3 % pour le VIH, entre 1 et 3 % pour le VHC et peuvent atteindre 40 % pour le VHB si le contact s'effectue par l'intermédiaire d'une aiguille creuse. La vaccination contre l’hépatite B (obligatoire pour le personnel de santé) reste le moyen de prévention le plus efficace pour éviter la transmission.

Dans l'éventualité d'un accident d'exposition sexuelle les risques dépendent du type de rapport (majorés en cas de saignement). Le risque de transmission du VIH augmente dans le cas de rapports non consentis et si des lésions sur les muqueuses (IST) sont présentes. Le risque est élevé dans le cas du VHB (50 %), il n'est pas significatif dans le cas du VHC sauf en cas de traumatisme des muqueuses. 

Virus de l'immunodéficience humaine (VIH) pouvant être transmis au cours d'un AES (VIH). © Zionlion77, Wikipedia Commons, CC By 2.5

Quelle est la prise en charge d’un AES ?

L'accueil et la prise en charge des personnes exposées reposent sur les services des maladies infectieuses, les structures d'urgence hospitalière et les CeGIDD (Centre gratuit d'Information de Dépistage et de Diagnostic) hospitalier et non-hospitalier. L'importance du risque infectieux sera déterminée en fonction du contexte par le médecin référent. Au cours de l'entretien, la pertinence d'une mise sous TPE sera alors évaluée et un protocole de suivi mis en place. Dans cette éventualité, un traitement prophylactique contre le VIH et/ou le VHB pourra être proposé. Le suivi sérologique s'effectuera durant 12 semaines après l'accident d'exposition.

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