Santé

Infection : la barrière cutanéomuqueuse

Dossier - Vaccins : leurs effets sur notre système immunitaire
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Les vaccins sont devenus un sujet de société qui divise et crée la polémique. Pourtant, s'ils nous obligent à faire des anticorps, c'est pour nous empêcher d'être malades. Mais alors, comment la vaccination fonctionne-t-elle ? Le point dans ce dossier.

  
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La meilleure façon d'éviter l'infection tissulaire est d'empêcher l'introduction de l'agresseur : c'est le rôle de la barrière cutanéomuqueuse, qui constitue la première ligne de défense non spécifique. L'épiderme, couche cornée de la peau, et l'épithélium des muqueuses forment une enveloppe cellulaire continue séparant l'organisme du milieu extérieur. Ils sont normalement imperméables à la plupart des agents infectieux. La rupture de ces couches par un agent agressif, quel qu'il soit, permet la pénétration des microbes.

Quel est le rôle de la barrière cutanéomuqueuse ? Sur ce schéma, on peut voir la structure de la peau. © Anton Nalivayko, Shutterstock

L'épiderme, constitué de plusieurs couches, représente la première protection de l'Homme contre les infections et les agressions de toutes sortes (brûlure, froid, produit corrosif).

Le sébum sécrété par les glandes sébacées et la sueur sécrétée par les glandes sudoripares ont une action antifongique (acides gras) et antibactérienne (acide lactique).

La flore commensale de l'intestin protège sa muqueuse : elle défend son territoire et s'oppose aux bactéries virulentes. Un traitement antibiotique agressif, en détruisant la flore intestinale normale, peut favoriser le développement de pathogènes (diarrhées postantibiothérapiques).

La peau comporte une structure complexe avec de nombreux éléments. On distingue un pore de transpiration (1), une jonction dermoépidermique (2), une terminaison nerveuse (3), l’épiderme, le derme (5), l’hypoderme (6), une veine (7), une artère (8), un poil (9), la cornée (10), une couche pigmentée (11), des kératinocytes (12), des mélanocytes (13), le muscle érecteur du poil (14), la glande sébacée (15), le follicule pileux (16), le bulbe (17), un nerf (18), le système lymphatique et vasculaire (19), la glande sudoripare eccrine (20) et le corpuscule de Pacini (21). © Leridant, Wikipédia, DP

La barrière épithéliale, muqueuse plus fine, donc à priori plus exposée que la peau, s'équipe de moyens supplémentaires :

  • des facteurs mécaniques : les turbulences de l'air au niveau du nez, les mouvements des cils vibratiles de l'arbre respiratoire, le balayage de l'œil par les paupières et les larmes ou le lavage sous pression de la muqueuse urétrale par l'urine s'opposent à l'implantation des micro-organismes ;
  • des facteurs chimiques, avec des sécrétions : larmes, salive, mucus nasal et bronchique, suc gastrique, bile. Elles sont toxiques de différentes manières pour les micro-organismes (pH, enzymes, mucus « engluant »). Tout obstacle à l'écoulement des sécrétions peut être source d'infections.

Si la barrière cutanéomuqueuse est franchie, une réaction inflammatoire locale va mobiliser sur le site de l'agression une armée de cellules phagocytaires qui ont pour mission d'éliminer les intrus, avec la collaboration de facteurs humoraux.