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Soleil : quid du changement climatique ?

Dossier - Soleil : risques et dangers !
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L'été est là ! Avec la chaleur et le soleil, arrive le temps de la décontraction et de la relaxation, en famille ou entre amis, à la montagne ou à la mer... Tout ceci ne doit pas faire oublier les dangers importants de l'exposition solaire.

  
DossiersSoleil : risques et dangers !
 

L'ozone est un gaz rare dont on trouve 90 % des molécules présentes dans l'atmosphère entre 12 et 50 kilomètres d'altitude (stratosphère), le reste se trouvant essentiellement en tant que polluant majeur à proximité des villes. Sous l'effet du réchauffement climatique, la couche d'ozone se dégrade.

Photo des couches hautes de l'atmosphère terrestre. © Nasa Earth Observatory, Wikimedia commons, DP

L'ozone stratosphérique forme une couche extrêmement fragile qui ne ferait que trois millimètres d'épaisseur si l'on regroupait et ramenait toutes ses molécules à des conditions de température et de pression terrestres. Malgré cette grande « dilution », la couche d'ozone absorbe les rayonnements solaires les plus dangereux, en particulier les UVC et filtre les UVB. Ainsi, elle « dose » soigneusement le rayonnement du Soleil permettant le développement de la vie sur Terre. Il est avéré que des variations de l'épaisseur de la couche d'ozone et donc de l'intensité du rayonnement ultraviolet, ne peuvent rester sans effets pour la santé et pour l'environnement.

Diminution et trous dans la couche d'ozone

S'il y a quelques années, le doute planait encore sur la diminution de la couche d'ozone. Il n'en est plus de même aujourd'hui, en tout cas au niveau international. En France, sur le modèle Tchernobyl (ce nuage radioactif qui a traversé toute l'Europe sauf l'hexagone), la réduction de la couche d'ozone ne semble toujours pas considérée par les autorités comme un risque majeur pour la santé. L'on a d'abord douté de l'existence même d'un « trou » dans la couche. Mais les satellites ont démontré avec une grande précision son existence et son évolution spatio-temporelle. On a douté ensuite de l'origine de ce trou. Certains ont avancé qu'il pourrait s'agir de variations ordinaires dues à des cycles de long terme, d'autres que des éruptions volcaniques étaient à l'origine du phénomène.

En fait, la diminution de la couche d'ozone est essentiellement due aux activités humaines, particulièrement aux rejets dans l'atmosphère de CFC (chloro-fluoro-carbone) et d'autres substances qui abîment la couche d'ozone (SAO). Cette hypothèse s'est tellement imposée sur le plan scientifique et politique que les pays industrialisés ont décidé de cesser la production de CFC (protocole de Montréal, 1987). Mais malgré une très forte baisse des rejets de CFC, la durée de vie des rejets du passé et le réchauffement de la basse atmosphère (voir paragraphe suivant), détériorent encore la couche d'ozone. Le phénomène a vraisemblablement démarré au milieu des années 1970.

Saisonnier, il a été dans un premier temps limité à l'Antarctique, pour être ensuite observé à une moindre échelle sur le pôle Nord. Aujourd'hui, la Nouvelle-Zélande et le sud de l'Australie, mais également le Canada, la Scandinavie connaissent régulièrement de fortes baisses d'ozone au printemps.

L'Organisation mondiale de la météorologie estime à environ 6 % la chute de l'ozone stratosphérique en Europe, et ne prévoit pas de retour à la normale avant 2050.

Les effets sur la santé

Le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) estime qu'une baisse de seulement 10 % de l'ozone stratosphérique entraînerait dans le monde 300.000 cas de carcinomes et 4.500 cas de mélanomes supplémentaires chaque année. Sur l'environnement, de nombreuses études ont montré qu'une augmentation des UV provoque une diminution de la production de phytoplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire, et réduit la croissance d'un grand nombre de végétaux réduisant ainsi l'absorption de gaz carbonique dont on connaît le rôle sur le climat.

 

Réchauffement climatique et diminution de la couche d'ozone

Les phénomènes chimiques et photochimiques intervenant dans l'atmosphère sont nombreux, complexes et souvent dépendants les uns des autres. Si les scientifiques restent aujourd'hui encore loin d'avoir fait le tour de la question, certaines hypothèses faites il y a déjà quelques années semblent de plus en plus devenir des certitudes. Parmi celles-ci, l'incidence du réchauffement climatique sur la couche d'ozone.

En même temps que la température en basse atmosphère s'élève (à cause d'une hausse de la concentration en gaz carbonique (CO2) qui « emprisonne » la chaleur), la température en haute atmosphère baisse, ce qui a pour effet de réduire la régénérescence de l'ozone stratosphérique.

Ainsi, alors que les rejets de substances qui abîment la couche d'ozone ont considérablement diminué, les records de taille et d'importance des trous dans la couche d'ozone continuent de tomber... Le dernier record date du printemps austral dernier, plus de 28 millions de km², soit 50 fois la surface de la France qui a amené les gouvernements d'Argentine et du Chili à diffuser largement des messages d'alerte demandant aux populations de ne pas s'exposer au soleil à la mi-journée.