Notre alimentation devient de plus en plus molle et rapide à ingérer. Cette habitude facilite les prises nomades n’importe où, n’importe quand, ce qui impacte négativement les signaux de satiété et de faim. On mange en faisant autre chose, comme si l’acte de manger devenait anecdotique, similaire au remplissage du réservoir de notre automobile à une quelconque station service...

On mange de plus en plus sans couverts avec désormais un produit phare de l'alimentation hexagonale : le hamburger qui est prêt de détrôner le sandwich jambon-beurre. Nous devenons des gobeurs, des gloutonsgloutons, des mangeurs pressés prêts à outre-manger. Ce n'est plus notre cerveaucerveau qui nous intime l'ordre de manger mais l'estomacestomac qui est prêt à exploser.

Ce remplissage n'obéit plus aux règles des repas et on est frappé dans nos mégalopoles d'observer à toute heure de la journée des fast-food continuellement emplis de consommateurs. Le rythme circadiencircadien est rompu. On peut être en autoperfusion alimentaire continuelle.

Le burger que l'on mange avec les mains. © Meditations, Pixabay, DP

Le burger que l'on mange avec les mains. © Meditations, Pixabay, DP

Manger vite, seul et sans mastiquer, pour faire autre chose

Le modernisme instaure de nouvelles règles de conduite alimentaire incitant les clients à ne plus écouter leurs signaux centraux de satiété mais à manger, manger, manger, consommer et faire fonctionner à plein les chaînes de restauration rapide. Le fait d'avaler se fait sans mastication, sans solliciter nos dents. Nous avalons mais nous ne dégustons plus. Nous sommes prêts à ingurgiter des caloriescalories sans réfléchir occupés que nous sommes à enfourner une autre pelletée d'aliments prédigérés.

Le manger seul s'amplifie. On mange de moins en moins ensemble, ce qui aidait à souder les individus. Les particularismes alimentaires se développent nourris par les peurs. Alors certains sont tentés d'expédier la nourriture afin de passer à autre chose de moins anxiogène. On se débarrasse du repas en pensant gagner du temps que l'on perd dans une digestion pénible. Car le nerfnerf de la guerre, c'est de rogner du temps du repas pour libérer du temps et faire ce qui nous plaît vraiment, par exemple surfer sur les réseaux sociauxréseaux sociaux, les jeux vidéo, les sites InternetInternet ou les séries en streamingstreaming à pas d'heure.

Gober, c'est être un alcoolique de la nourriture. Mâcher en pleine conscience, c’est être un œnologue.

Nous avons besoin d'une alimentation consistante

Il est temps de redonner toute sa place à une alimentation consistante qui offre une résistancerésistance en bouche à même de solliciter les récepteurs gustatifsgustatifs et d'offrir un mode de récompense au cerveau. Car l'alimentation doit procurer avant tout du plaisir. Gober, c'est se comporter en alcoolique de la nourriture. Mâcher en pleine conscience, c'est être un œnologueœnologue.

Une bonne résolutionrésolution à tenir en 2018 serait de restaurer du temps au profit d'un repas consistant devant être consommé en pleine conscience avec des couverts, assis à table, sans distracteurs d'attention et, pour ceux qui le peuvent, pris avec des partenaires. Bref, de réintégrer du plaisir dans notre alimentation quotidienne. Vaste gageure !

Manger des légumes à table avec fourchette et couteau, c'est indispensable. © RitaE, Pixabay, DP

Manger des légumes à table avec fourchette et couteau, c'est indispensable. © RitaE, Pixabay, DP

Les bienfaits d'une réelle mastication

Il faut restaurer du solidesolide dans notre alimentation. Un repas doit comporter obligatoirement sa ration de légumes et de fruits pour avoir de la mâche en bouche, de prendre son temps pour manger en s'asseyant avec des couverts et en prenant au minimum 20 minutes pour manger sans voleurs d'attentions dans la mesure du possible. Il va de soi que l'état dentaire doit être surveillé afin de conserver son capital masticatoire.