Plats préparés, desserts prêts à l’emploi, boissons sucrées… Ces produits ultra-transformés ont envahi les rayons des supermarchés. Ils augmentent pourtant le risque de cancer. © shock, Fotolia

Santé

Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de cancer

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100.000 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé ont répondu à des questionnaires alimentaires. Le suivi sur huit années montre qu'en augmentant de 10 % la part des aliments ultra-transformés dans son régime, on accroît aussi d'au moins 10 % son risque de cancer.

Au cours des dernières décennies, les aliments ultra-transformés ont gagné de la place dans nos assiettes car ils présentent plusieurs avantages : ils sont plutôt sûrs au niveau microbiologique (malgré des contaminations occasionnelles...), pratiques à utiliser et bon marché. Des enquêtes menées en Europe, en Amérique du Nord et au Brésil suggèrent que les produits ultra-transformés représentent entre 25 et 50 % de nos apports énergétiques.

Des chercheurs de l'Inserm, de l'Inra et de l'université Paris-XIII ont mené une étude sur les participants de la cohorte NutriNet-Santé. Les 104.980 participants, tous adultes, ont répondu à des questionnaires alimentaires qui ont permis de connaître leur consommation en aliments ultra-transformés. Par exemple, une compote de pommes avec du sucre est un produit transformé, mais si un dessert contient des fruits aromatisés, des colorants, des agents texturants, il est ultra-transformé. Sont aussi considérés comme des aliments ultra-transformés les charcuteries contenant des conservateurs, les poêlées industrielles de légumes, les sodas, nuggets, soupes instantanées...

Dans la cohorte, le pourcentage d'aliments ultra-transformés dans l'alimentation était de 18,7 %. Chez les 25 % de personnes qui mangeaient le plus d'aliments ultra-transformés, cette proportion atteignait en moyenne 32 %.

Dans les charcuteries, il y a beaucoup de sel, de gras, des conservateurs et des molécules des emballages en contact avec l’aliment. © Sergey Ryzhov, Fotolia

Additifs, emballages et produits cancérogènes au menu

2.228 cas de cancers ont été déclarés. Une augmentation de 10 % de la consommation d'aliments ultra-transformés conduisait à une augmentation de 12 % du risque de cancer global et de 11 % du risque de cancer du sein. Les aliments ultra-transformés contiennent beaucoup de graisses, de graisses saturées, de sel et ils sont pauvres en fibres et en vitamines. Pourtant, les résultats restaient significatifs même en ajustant en fonction de la qualité nutritionnelle de l'alimentation. Cela signifie que la mauvaise qualité nutritionnelle des aliments ultra-transformés n'est pas le seul facteur impliqué.

Alors, comment expliquer une augmentation du risque de cancer ? Plusieurs éléments sont à prendre en compte. Les aliments ultra-transformés contiennent des molécules potentiellement cancérogènes produites lors de la cuisson, comme l'acrylamide, des amines hétérocycliques et des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Des additifs, certes autorisés mais controversés, sont parfois présents, comme le nitrite de sodium (E250), un conservateur de la charcuterie, ou le dioxyde de titane, un colorant blanc dont les effets cancérogènes sont discutés. Enfin, les emballages en contact avec les aliments peuvent aussi être à risque (bisphénol A...).

L'étude met en évidence une association et non un lien de cause à effet qu'il reste à prouver. Les chercheurs envisagent dans un communiqué de l’Inserm de poursuivre l'étude des additifs alimentaires dans la cohorte NutriNet-Santé. Ces résultats paraissent dans la revue BMJ.

  • Plus de 100.000 participants de la cohorte NutriNet-Santé ont été suivis pendant huit ans.
  • Une augmentation de 10 % de la part des aliments ultra-transformés correspond à une élévation de 10 % au moins du risque de cancer.
  • Les aliments ultra-transformés sont de moins bonne qualité nutritionnelle. De plus, ils contiennent des produits cancérogènes et des additifs.
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