À partir d’une grande étude réalisée pendant trois ans à l’hôpital de Sydney, des chercheurs australiens ont mis en évidence un lien entre la vaccination contre la grippe et une diminution du nombre d’infarctus. Reste à comprendre les mécanismes physiologiques qui se cachent derrière cette apparente protection vaccinale.
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Avec l'approche de l'hiverhiver, la grippe saisonnière menace. En France, l'épidémieépidémie touche chaque année deux à huit millions de personnes et en tue près de 2.000, selon le Groupe d'expertise et d'information sur la grippegrippe (GEIG). Les personnes âgées sont les plus vulnérables devant la maladie. En effet, l'Institut de veille sanitaire (INVSINVS) rapporte que plus de 90 % des décès surviennent chez les individus âgés de plus de 65 ans.

Plusieurs études ont démontré un lien entre une infection respiratoire grippale et la survenue d'un infarctus. Les épidémies de grippe seraient ainsi corrélées avec une augmentation du nombre de problèmes cardiaques. Le mécanisme caché derrière ce phénomène reste flou. Une hypothèse avance que le virus de la grippe induit une inflammationinflammation à l'intérieur des artèresartères coronaires. Cela favoriserait la cassure des plaques d'athéromeathérome et augmenterait le risque de crise cardiaque.

La vaccination contre la grippe concerne principalement les personnes fragiles comme les jeunes enfants, les seniors, mais aussi les personnes diabétiques ou souffrant de maladies respiratoires. Une nouvelle étude a mis en évidence une association entre la vaccination et une diminution des risques d'infarctus. © Pascal Dolémieux, Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

La vaccination contre la grippe concerne principalement les personnes fragiles comme les jeunes enfants, les seniors, mais aussi les personnes diabétiques ou souffrant de maladies respiratoires. Une nouvelle étude a mis en évidence une association entre la vaccination et une diminution des risques d'infarctus. © Pascal Dolémieux, Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

Pour combattre ce virus dangereux, les autorités sanitaires recommandent la vaccination aux personnes fragiles comme les seniors, les individus immunodéprimés et les enfants. Cependant, depuis la controverse sur le lien potentiel entre le vaccinvaccin contre l'hépatite B et la sclérose en plaques, les Français sont parfois dubitatifs et redoutent les risques de cette méthode préventive. Des chercheurs australiens de l'université de Nouvelle-Galles du Sud pourraient convaincre quelques sceptiques. Leurs résultats, publiés dans la revue Heart, suggèrent que la vaccinationvaccination contre la grippe réduit le risque d'infarctus du myocardeinfarctus du myocarde.

La vaccination liée à une baisse de 45 % des risques d’infarctus

L'étude a été réalisée sur trois saisons grippales (2008, 2009 et 2010) dans l'hôpital de Sydney. Les scientifiques ont analysé 600 personnes âgées de 40 à 64 ans, dont la moitié était vaccinée contre la grippe. Parmi elles, 300 étaient hospitalisées à cause d'un infarctus et 300 consultaient pour des pathologiespathologies orthopédiques ou ophtalmiques. Au cours de l'analyse, les chercheurs ont récupéré des échantillons de sang et de mucusmucus afin de mettre en évidence une potentielle infection grippale.

Sur les trois saisonssaisons grippales, 12,4 % des patients admis pour infarctus avaient été infectés par le virus de la grippevirus de la grippe, contre seulement 6,7 % parmi les personnes n'ayant pas de pathologie au cœur. D'autre part, en compilant leurs résultats, les auteurs ont trouvé un lien entre vaccination et infarctus : les personnes protégées contre la grippe auraient un risque diminué de 45 % de développer un infarctus par rapport à celles qui n'ont pas reçu la piqûre protectrice !

Cette étude montre donc une association entre la vaccination grippale et le risque de crise cardiaquecrise cardiaque. Cependant, de nouvelles études sont nécessaires pour comprendre comment la vaccination limite le développement d'un problème cardiaque. Ces résultats pointent l'importance de la vaccination, en particulier chez les personnes âgées qui sont plus à risque de développer une pathologie cardiovasculaire.