Santé

Peste bovine : première maladie animale officiellement éradiquée

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L'Organisation mondiale de la santé animale l'a annoncé : la peste bovine est éradiquée. Cette maladie virale, autrefois meurtrière dans les élevages, devient donc la première maladie animale à disparaître officiellement, au terme de grandes actions menées par des organisations internationales.

La peste bovine entraîne la mort d'une grande majorité des animaux infectés. © OIE

L'année 2011 est particulièrement riche en ce qui concerne les maladies animales, puisqu'en plus de la célébration du 250e anniversaire de la création de la profession vétérinaire, elle est le témoin de l'éradication de la peste bovine. Maladie très meurtrière, elle devient ainsi la première maladie animale de l'Histoire à être officiellement considérée comme éliminée de la surface de la Terre, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) le 25 mai dernier.

Cette annonce sera confirmée lors de la 37e Conférence de l'organisation qui se tiendra à Rome du 25 juin au 2 juillet, où les pays membres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) devront également signer une Déclaration d'éradication mondiale de la peste bovine et de mise en œuvre des mesures de suivi nécessaires au maintien de l'éradication dans le monde

Maladie animale connue depuis l’Antiquité

Connue depuis des millénaires (on en parlait déjà sur des papyrus égyptiens), la peste bovine a été à l'origine de plusieurs centaines de millions de morts dans les cheptels et ainsi responsable de famines au cours des derniers siècles. En cause, des symptômes qui ne laissent bien souvent aucune chance à l'animal : une forte fièvre, une salivation abondante et une nécrose de la muqueuse buccale, qui s'associent à une déshydratation et des diarrhées, menant à une mortalité proche de 100 % chez les populations immunologiquement naïves (jamais exposées à la maladie).

La peste bovine est provoquée par un Morbillivirus, un virus sphérique et enveloppé, dont le génome ARN code pour sept protéines. © Rajnish Kaushik, Wikimedia, CC by-sa 2.5

Provoquée par un virus (plus précisément un Morbillivirus, comme le virus de la rougeole) de la famille des Paramyxoviridés (et non par une bactérie comme la peste humaine), la peste bovine peut infecter un spectre d'hôtes assez large. Vaches, bœufs, buffles ou zébus sont bien sûr touchés, d'où son nom, mais la maladie a aussi fait des victimes parmi les animaux n'appartenant pas à la famille des bovinés. Les ovins (moutons), les caprins (chèvres) et les porcs peuvent montrer une sensibilité au virus, de même que les animaux sauvages, comme les antilopes, les phacochères ou les girafes.

En dépit des désastres provoqués, cette maladie, source d'inquiétudes pour les éleveurs, a conduit à la création de grandes institutions, comme l'ouverture de la toute première école vétérinaire, à Lyon en 1761, destinée à enseigner les moyens de contrôler cette maladie, mais aussi la fondation de l'OIE (à l'époque, l'Office international des épizooties) en 1924, qui avait déjà pour but d'éradiquer le virus de la peste bovine. 

Une éradication planifiée de longue date

Aujourd'hui, c'est donc désormais chose faite : aucune épidémie n'a été signalée dans le monde, la dernière en date remontant à 2001 au Kenya. Cette éradication n'est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat d'efforts menés à l'échelle internationale et régionale, par les gouvernements, les vétérinaires et les scientifiques, pour tenter de limiter la faim dans le monde. L'OIE avait ainsi lancé en 1989 sa « procédure de l'OIE pour la reconnaissance officielle du statut indemne de peste bovine », premier pas appuyé ensuite en 1994 par la FAO grâce à son programme mondial d'éradication de la peste bovine (GREP).

Tout a commencé grâce à la découverte de J. T. Edwards dans les années 1920, selon laquelle des animaux exposés à des dilutions du virus se retrouvent protégés contre la maladie. Des vaccins stables, sûrs et abordables ont alors pu être obtenus dès 1957 et des campagnes de vaccination efficaces ont été menées dans les pays où des épidémies étaient rapportées, et ont été accentuées après la résurgence de la peste bovine observée dans les années 1980 en Afrique. 

Aujourd'hui, le virus n'existerait donc plus à l'état sauvage, mais il est encore présent dans les congélateurs de certains laboratoires. L'intérêt ? Pouvoir produire des vaccins, au cas où la maladie réapparaîtrait suite à un accident ou à un acte volontaire...

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