Santé

Parkinson : pas une, mais deux formes de la maladie

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La maladie de Parkinson ne touche pas tous les patients de la même façon. Une équipe de chercheurs vient de comprendre pourquoi. La protéine responsable de la pathologie peut s'accumuler dans les neurones sous deux formes différentes : l'une étant beaucoup plus toxique et envahissante que l'autre. Ces résultats devraient permettre de mieux adapter les traitements contre cette maladie.

Les symptômes de la maladie de Parkinson ne s’expriment pas avec la même intensité chez tous les patients. Par exemple, dans la majorité des cas, des tremblements sont associés à cette maladie, mais ce n’est pas systématique. Une nouvelle étude montre qu’au niveau cellulaire, il existe deux mécanismes différents liés à la protéine alpha-synucléine, impliquée dans le développement de Parkinson. Ce qui expliquerait pourquoi les troubles sont variables d’une personne à l’autre. © Jefferson Siow Photography, Flickr, cc by nc nd 2.0

Parkinson est la maladie neurodégénérative la plus fréquente après Alzheimer, et touche environ 150.000 personnes en France. Selon les individus, elle se manifeste par des tremblements incontrôlables (dans 60 % des cas), ou par des symptômes plus diffus, comme la dépression, des troubles du comportement et différentes perturbations motrices. Ces différences de symptômes conduisent souvent les médecins et les scientifiques à parler non pas d'une, mais de plusieurs maladies de Parkinson.

Pourquoi la maladie se manifeste-t-elle par des troubles aussi différents d'un patient à l'autre ? Une équipe de chercheurs du CNRS tient une piste solide. Ils se sont intéressés à l'alpha-synucléine, une protéine naturellement abondante à la jonction des neurones, mais qui peut s'y agréger sous une forme mal repliée. Lorsqu'ils envahissent un nouveau neurone, les agrégats d'alpha-synucléine peuvent recruter l'alpha-synucléine normale pour l'ajouter au dépôt, tel un prion. Ils finissent alors par déclencher un processus d'apoptose et conduisent au développement de la maladie de Parkinson.

Représentation schématique des deux types d'agrégats de l'alpha-synucléine. Selon cette étude, la forme « spaghetti » serait beaucoup plus toxique que la forme « linguine ». © Luc Bousset, CNRS

Deux types d’agrégats de l’alpha-synucléine

Dans cette nouvelle étude, publiée dans la revue Nature communication, les auteurs ont démontré que l'alpha-synucléine pouvait s'empiler de deux manières différentes et induire des symptômes très variables. Ces résultats expliqueraient la différence dans les troubles ressentis par les patients.

Les chercheurs sont parvenus à produire deux types d'agrégats qui diffèrent par la façon dont l'alpha-synucléine se superpose. Le premier ressemble à une sorte de spaghetti, tandis que le deuxième est plus large et s'apparente plus à une pâte « linguine ». Ils se sont alors demandé si ces variabilités structurales se traduisaient par des différences fonctionnelles. Pour cela, ils ont mis en culture les deux agrégats avec des neurones. Leurs résultats montrent que la forme spaghetti peut se lier et pénétrer dans les cellules plus efficacement que l'autre forme. Elle est aussi nettement plus toxique et tue plus rapidement les cellules infectées. D'autre part, elle résiste mieux aux mécanismes de défense de la cellule, tandis que la structure « linguine » est plus facilement maîtrisée par la cellule.

Selon les scientifiques, l'existence de ces deux types d'agrégats d'alpha-synucléine explique pourquoi les médecins sont confrontés à des maladies de Parkinson distinctes d'un patient à l'autre. Des travaux sur des souris sont en cours pour vérifier cette hypothèse. Par ailleurs, les scientifiques estiment que l'analyse des sortes d'agrégats pourrait devenir une méthode efficace de diagnostic, permettant notamment d'évaluer la virulence de la maladie pour chaque patient. Enfin, ils espèrent qu'en affinant la caractérisation de ces structures, il sera possible de mettre au point des stratégies thérapeutiques ciblées afin de ralentir la propagation de l'alpha-synucléine anormale dans le cerveau.

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