Expert Planète

Bruno David

Président du Muséum National d'Histoire Naturelle

Classé sous :Planète , Biodiversité , Mnhn
La science a été une force considérable de transformation de la société. Après avoir soulevé l’enthousiasme, elle a fini par provoquer une absence de consensus sur de nombreux sujets (vaccins, polluants, climat…). Portés par les réseaux sociaux, refus des faits, opinions et croyances font florès et alimentent une défiance non fondée.Faire face à cette défiance rend plus que jamais nécessaires les débats, les explications et la diffusion argumentée des connaissances car on ne peut pas comprendre sans connaître. Contre les inclinations relativistes, les scientifiques doivent s’affirmer avec vigueur en défenseurs de la démarche et de l'universalisme scientifique et il est important que des sites comme Futura puissent porter leur parole vers un vaste public.
Bruno David, Président du Muséum National d'Histoire Naturelle

Biographie

Après des études universitaires en sciences de la Terre à l'Université Claude Bernard de Lyon et une thèse de 3e cycle de paléontologie (sur les échinides du Crétacé inférieur des Alpes méridionales) soutenue à l'Université de Franche-Comté, Bruno David entre au CNRS comme assistant ingénieur (1979).

Recruté comme chercheur au CNRS en 1981, il obtient un Doctorat d'État à l'Université de Bourgogne (1985), thèse consacrée à l'évolution des oursins. Ses recherches sont centrées sur l'évolution biologique et la biodiversité abordée à partir de faunes fossiles anciennes et des faunes actuelles. Il a participé à plusieurs grandes missions océanographiques, notamment dans l'Océan Austral, mais aussi au Brésil, en Atlantique Nord, dans la mer des Caraïbes et dans le Pacifique avec le submersible Nautile. Il se définit comme spécialiste de l'évolution, mais aussi comme biologiste marin car ses recherches s'appliquent principalement au modèle « oursins ».

En 1991, il est nommé Directeur de recherches et prend, en 1995, la direction du laboratoire de Paléontologie du CNRS à Dijon. Il est l'artisan de l'élargissement et du développement de ce laboratoire devenu BIOGEOSCIENCES, le transformant ainsi en une véritable structure d'interface entre sciences de la Terre et sciences de la Vie. Directeur Adjoint Scientifique de l'Institut écologie et environnement du CNRS (INEE), il a également été vice-président de la Société Géologique de France et a présidé le Conseil Scientifique de l'Institut Français de la Biodiversité (IFB) avant de présider pendant six ans celui du Muséum national d'Histoire naturelle.

Il est, depuis le 1er septembre 2015, Président du Muséum national d'Histoire naturelle et a vu son mandat renouvelé en 2019. L'un de ses objectifs principaux est de faire entendre la voix de cet établissement à l'histoire scientifique prestigieuse dans le débat public. La création d'un nouveau format en 2017, les Manifeste du Muséum, relève de cette dynamique d'inscrire le Muséum comme un acteur institutionnel et une autorité scientifique majeurs en matière de biodiversité. A travers la publication de ces manifestes, il s'agit de rappeler à tous la nécessite d'intégrer davantage l'histoire naturelle dans la manière de penser nos sociétés contemporaines.

Ouvrages récents

NOUVEAUTÉ : « À l'aube de la 6e extinction - Comment habiter la terre » - Sortie le 6 janvier 2021 Plus qu'un cri d'alarme, « À l'aube de la 6e extinction » est un plaidoyer pour le vivant sous toutes ses formes et un guide pratique, à hauteur d'homme, pour éviter le naufrage, posant ainsi les jalons d'une éthique pour la planète, sans moralisme ni culpabilisation. Est-il trop tard ou pouvons-nous éviter le pire ? La réponse est entre nos mains. Editions Grasset

Manifeste du Muséum : Face aux limites - Sortie le 10 novembre 2020
Entre déclin et enchantement, où va la planète ? Ni promotrice du transhumanisme, ni annonciatrice d'une apocalypse écologique, l'Histoire naturelle nous invite à envisager l'avenir en remettant en perspective les notions de limites, d'échelles, de temps et d'espace. Coédition Muséum national d'Histoire naturelle / Reliefs Éditions. Ouvrage collectif.

Manifeste du Muséum : Humains et autres animaux. Coédition
Muséum national d'Histoire naturelle / Relief Editions, 2019. Ouvrage collectif.

Manifeste du Muséum : Migrations. Coédition Muséum
national d'Histoire naturelle / Relief Éditions, 2018. Ouvrage collectif.

Manifeste du Muséum : quel futur sans nature ? Coédition
Muséum national d'Histoire naturelle / Reliefs Éditions, 2017. Ouvrage collectif.

À l'ombre des crises anciennes - Un ouvrage qui retrace les cinq crises majeures qui ont jalonné les derniers 500 millions d'années pour mieux appréhender la crise de la biosphère qui se joue sous nos yeux. Presses universitaires de Bordeaux, 2018.

Biodiversité de l'Océan Austral - Un livre qui aborde la vie et la survie, dans un des environnements les plus hostiles de la planète (ISTE Edition, 2015). Bruno David & Thomas Saucède. 

La biodiversité de crise en crise - Un livre qui retrace l'épopée du vivant sur notre planète depuis 500 millions d'années et qui montre que l'histoire de la vie sur Terre n'a pas été un long fleuve tranquille. Albin Michel (2015). Patrick de Wever et Bruno David. Préface Allain Bougrain-Dubourg.

Biogeographic Atlas of the Southern Ocean De Broyer, Koubbi P., Griffiths H., Raymond B., d'Udekem d'Acoz C., Van de Putte A., Danis B., David B., Grant S., Gutt J., Held C., Hosie G., Huettmann F., Post A.& Ropert-Coudert Y. (2014) 512 pp. 800 cartes.

Monde marins, voyage insolite au cœur des océans - Ouvrage collectif sous la direction de Bruno David - Catherine Ozouf-Costaz et Marc Troussellier - Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS. Le cherche midi (2014). Préface d'Isabelle Autissier.

Paleobiosphère présente des approaches croisées entre science de la Vie et sciences de la Terre, soulignant les interactions géosphèrebiosphère à toutes les échelles de temps et d'espace. Patrick de Wever, Bruno David et Didier Neraudeau. Vuibert, 2010. 

Métier

Depuis septembre 2020, Bruno David est producteur chez France Culture et ouvre l'antenne tous les matins à 6h05 et la clôture à 23h55, du lundi au vendredi, avec un nouveau rendez-vous scientifique : « Le monde vivant ». L'émission retrace chaque jour en trois minutes, avec humour et poésie, ce qui unit nature et culture chez un végétal, animal ou minéral. Ces chroniques sont d'ores et déjà accessibles en podcast.

« Emerveiller pour instruire, la beauté pour éduquer. »

Bruno David lance un cri d’alarme : « A l'aube de la sixième extinction est un plaidoyer pour le vivant sous toutes ses formes et un guide pratique, à hauteur d’homme, pour éviter le naufrage, posant ainsi les jalons d’une éthique pour la planète, sans moralisme ni culpabilisation. Est-il trop tard ou pouvons-nous éviter le pire ? La réponse est entre nos mains. »

« Juillet 2019, il fait 42,6 c° au parc Montsouris à Paris, dans le Languedoc on enregistre 46°c à l’ombre. C’est une fournaise. Quelques mois plus tard, des tempêtes de feu ravagent l’Australie et on s’émeut de voir la faune et la flore dévorées par les flammes. Ce fameux mois de juillet 2019 aura été le plus chaud enregistré sur terre depuis que les relevés météorologiques existent. Le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse, c’est un fait vérifiable par tous : la banquise arctique a perdu 96% de sa surface en 35 ans, le permafrost, cette bande de gel qui ceinture le grand Nord, recule, et chaque année le niveau des océans montent un peu plus. Mais le climat et ses effets spectaculaires ne sont que la face la plus visible d’un bouleversement de bien plus grande ampleur qui concerne la vie elle-même.

Au cours de sa longue existence, notre planète a connu plusieurs crises majeures, qui, à chaque fois, ont transformé en profondeur le vivant et entraîné l’extinction de la majorité des espèces. Mais l’image d’Épinal qui montre un dinosaure regardant, l’œil inquiet, une météorite s’écraser sur la terre et provoquer son extinction brutale est un mythe. Les crises de la biodiversité avancent masquées, en silence. Ces trente dernières années, un quart des oiseaux d’Europe ont disparu et pourtant nous n’avons pas marché sur des cadavres d’oiseaux le long des routes et des chemins. Aujourd’hui, tout laisse à penser que nous sommes à l’aube d’une sixième extinction qui arrive à une vitesse foudroyante : on estime que 500 000 à un million d’espèces sont en train de décliner et que d’ici quelques décennies elles pourraient s’éteindre. L’homme et sa consommation sans cesse croissante d’espace et d’énergie en est la première cause. Si rien n’est fait, cette nouvelle crise majeure de la biodiversité aura bien lieu, et l’humanité, dont la survie et la prospérité dépendent de l’équilibre de des écosystèmes, pourrait elle aussi disparaître. »