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La réserve de Néouvielle

Dossier - Col du Tourmalet et ses environs
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Nous nous arrêterons au col du Tourmalet, sans vélo, avec d’un côté le pic du Midi et de l’autre la réserve naturelle de Néouvielle qui constitueront nos deux ballades dans la région : l’une de nature, l’autre d’histoire et d’astrophysique !

  
DossiersCol du Tourmalet et ses environs
 

Créée en 1968, elle se trouve sur une enclave de la commune de Vielle-Aure (Hautes Pyrénées), et s'étend sur 2313 ha. Elle jouxte le parc des Pyrénées occidentales à l'est.

Vue du Col de Madamette sur les lacs d'Aumar et d'Aubert dans le massif du Néouvielle. En second plan, de droite à gauche, le Pic de Campbielh, le massif des Halharisès, le chainon Pic d'Estaragne, Pic Méchant, Bugatet. En arrière plan, de droite à gauche le Pic d'Aret (vallée d'Aure) et le massif des Gourgs-Blancs (massifs de Luchon et du Louron).

D'autre part, dans les Hautes-Pyrénées, les zones Natura 2000 - 20 sites au total - représentent 18,5% de la surface du département et les formalités sont encore en cours pour plusieurs d'entre eux.

1 - Qu’est-ce que Natura 2000 ?

Natura 2000 est un réseau européen regroupant l'ensemble des espaces désignés en application des directives européennes « Habitat » et « Oiseaux ». Il s'agit :

- des Zones Spéciales de Conservation (ZSC) visant à assurer la conservation des habitats naturels et habitats d'espèces (Directive Habitat-Faune-Flore du 21 mai 1992)
- des Zones de Protection Spéciale (ZPS) visant à assurer la conservation des espèces d'oiseaux menacées (Directive Oiseaux du 2 avril 1979).

Les deux directives ont été transposées en droit français par une ordonnance du 11 avril 2001, désormais intégrée au Code de l'Environnement. Ce réseau permettra de réaliser les objectifs fixés par la Convention sur la Diversité biologique adoptée à Rio de Janeiro lors du Sommet de la Terre en 1992 : maintenir la diversité biologique des milieux tout en tenant compte des exigences économiques, sociales et culturelles qui s'y attachent. A cette fin, la France a fait le choix de la concertation avec toutes les parties prenantes, aux échelons local mais aussi départemental et régional.

La France a une responsabilité et une chance particulières par la qualité exceptionnelle de son patrimoine naturel et son bon état de conservation. Pour l'heure, elle a proposé à l'Europe environ 4 millions d'hectares au titre de la Directive Habitat (7,4% du territoire national - terre et mer), et 930 000 hectares au titre de la directive Oiseaux (1,7%).

2 - Le parc de Néouvielle est délimité par :

- à l'est par le lac de L'Oule et la vallée d'Aure
- à l'ouest par le pic de Néouvielle et la route Luz Gèdre
- au nord par le pic d'Estibère et le lac du Gourguet. La route de Luz, Barègues le col du Tourmalet et
- au sud par le vallon du Badet et la vallée Piau-Engaly

Carte de la réserve

La réglementation est la même que celle du PNP sauf que le bivouac y est interdit. Le seul point de bivouac se situe sous le barrage du lac d'Aubert. Depuis l'instauration des navettes, le paysage n'est plus défiguré par les véhicules et le lac d'Aumar - récompense d'eau naturelle bordée par les pins à crochets - a retrouvé sa sérénité. Stationnement (payant) au lac d'Orédon et navettes pour les lacs Auber et Aumar (payant), mais on peut monter à pied !

La partie la plus sauvage de la réserve est le vallon d'Estibère où l'on accède par le col d'Aumar en 30 mn de marche.

3 - Le pic de Néouvielle est dominant avec ses 3091 m.

Son ascension est une classique, réalisable  en 3h et par tout randonneur moyen (la voie normale ne présente aucune difficulté particulière). La vue du sommet est une des plus belle des Pyrénées. Mais 13 sommets de plus de 3000 se trouvent dans le parc : attention il s'agit de montagne et les précautions d'usage sont nécessaires
Le massif granitique du Néouvielle comporte un grand nombre de lacs ; c'est une des rares régions du versant français qui évoque le charme des vallées granitiques d'Espagne.

4 - La faune

Nous ne citerons que quelques animaux particuliers en ayant présent à l'esprit que la faune pyrénéenne ne se réduit pas à ces exemples.

-- L'isard est un cousin du chamois des Alpes , plus grand et lourd que l'Isard. Cette "chèvre" des montagnes a été pourchassée longtemps et doit beaucoup au Parc National des Pyrénées. On peut aujourd'hui considérer l'espèce comme sauvée avec un effectif de 20.000 individus environ sur toute la chaîne. Les sabots de l'isard sont remarquables, les doigts s'écartent sur la neige pour augmenter la portance. Caoutchouteux au centre comme pour palper la pente, plus dur au bord pour accrocher dans les dérapages ... A chaque pied, le sabot se divise en deux parties qui s'oriente indépendamment l'une de l'autre, multipliez par quatre, cela fait huit points d'appui pour un seul isard.

Isard des Pyrénées, Rupicapra pyrenaïca © Bernard-Boehne Wikipedia

-- Le mouflon : Malheureusement on ne peut pas en dire autant du mouflon. Repoussé en haute-montagne, il ne doit son salut qu'à un appareil digestif à toute épreuve qui lui permet d'ingérer mousses, lichens, écorces....

Ils vivent tous en troupeau autour de femelles mais les mâles sont aussi souvent solitaires après cinq ans sauf en automne, pendant la saison des amours. La mue de printemps habille le mouflon de blond alors que le chamois passe au gris clair. Les deux noircissent en automne, l'isard garde au cou et à la croupe des flaques de poils clairs.

Desman

-- Le Desman (Galemys Pyrenaicus), que très peu de personnes ont réellement vu est un taupidé qui possède un museau en forme de trompette. Il vit près des rivières pyrénéennes et c'est donc une espèce endémique.

Essentiellement nocturne, il est insectivore et semi-aquatique. Il a des pieds palmés et une fourrure protectrice. Il mesure une quinzaine de centimètres et se nourrit de larves aquatiques, alevins ou crustacés d'eau douce. Comme toutes les espèces endémiques, la survie du Desman est liée à la conservation de son environnement. La pollution en partie et surtout les travaux d'infrastructures routières ou ferroviaires (qui ignorent la protection des milieux !) constituent pour lui une grave menace.

Marmotte

-- La marmotte : Il faut ajouter à ceux-ci la marmotte qui mesure de 50 à 70 cm pour un poids de 4 kg. Elle est plutôt trapue, courte sur pattes, et d'une grande agilité. Sa fourrure jaunâtre est souvent tachée de gris: un parfait camouflage.
Maître dans l'art de creuser des galeries, ce mammifère de la famille des rongeurs creuse des couloirs souterrains convergeant vers une vaste chambre centrale. Les quartiers d'hiver sont séparés des quartiers d'été et situés à une altitude inférieure, jusqu'à 2 m sous la surface du sol. L'hiver les marmottes hibernent, de mi-octobre à mi-avril. Un long sommeil entrecoupé de réveils mensuels, la fera maigrir de moitié.

Ours

-- Citons encore l'ours bien sûr, enfin ceux qui restent et qui, ma foi, sont bien contestés... et pour les oiseaux : le vautour et le gypaète, au moins ! Bien des passereaux sont intéressants comme par exemple le tichodrome échelette. Nous ne parlerons pas non plus ici des problèmes nombreux et dramatiques de la chasse dans les Pyrénées, nous nous promenons dans un parc et la chasse y est strictement interdite.

5 - La flore

Il y a beaucoup d'espèces endémiques, les Pyrénées constituant un milieu alpin isolé depuis longtemps des autres montagnes. Le lis des Pyrénées, emblématique est traité dans le paragraphe suivant mais il y a aussi la fritillaire noire une autre liliacée, l'iris des Pyrénées.

Pin à crochets © CRDP Besançon

Les espaces forestiers, de grandes ampleurs, sont composés :

à l'étage subalpin, du pin à crochet associé au bouleau et sorbier, dans les parties froides et de saules nains rampants.
à l'étage montagnard, du hêtre, essence fondamentale, souvent mêlé au sapin. Sur calcaire, le buis et, sur terrain siliceux, le houx.

Houx

à l'étage collinéen, du chêne sessile et de l'orme montagnard. Dans quelques rares cas, on rencontre le chêne pubescent, en extension. Le robinier faux acacia, qui fournit un bois apprécié, originaire d'Amérique, a été largement introduit ainsi que le peuplier d'Italie.

Orme montagne © CRDP Besançon

Plus hauts les landes avec, en fonction des particularités géologiques et de l'exposition : les rhododendrons, les myrtilles, le raisin d'ours, les azalées ainsi que les graminées d'altitude.

Dans les fissures des rochers et sur les éboulis une grande variété de plantes alpines : silène brise-pierre, alchémille plicatula, potentilles endémiques, saxifrages, ibéris de Bernard, asters. Plus haut, la campanule fluette, la pédiculaire chevelue, l'euphorbe petit buis et beaucoup d'autres.

Citons encore dans le désordre : les dactylorhiza , les orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), les ancolies des Pyrénées encore en fleurs en altitude en été et les grassettes, plantes carnivores et puis le lis martagon, l'aconit, le vérâtre, la digitale....

Dactylorhiza majalis © J.F. Gaffard Wikipedia

Cette randonnée de 4 heures est une des plus belles pour découvrir quelques lacs pyrénéens. A la sortie de Barèges, vous parcourez 4 kilomètres puis vous prenez à droite la route du Tourmalet pour arriver au Pont de la Gaubie. Là, vous pouvez laisser votre véhicule sans crainte tout près du jardin botanique  ; vous suivez le GR 10.

Excursion du tour des lacs