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Le Pic du Midi

Dossier - Col du Tourmalet et ses environs
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Nous nous arrêterons au col du Tourmalet, sans vélo, avec d’un côté le pic du Midi et de l’autre la réserve naturelle de Néouvielle qui constitueront nos deux ballades dans la région : l’une de nature, l’autre d’histoire et d’astrophysique !

  
DossiersCol du Tourmalet et ses environs
 

Une histoire mouvementée pour un pic de montagne ! La voici, elle est très résumée, mais on reste pantois devant les indécisions françaises ( 20 ans de tergiversations et de luttes de pouvoir) à propos d'un outil pareil !

Les Pyrénées seraient le tombeau de la belle Pyrène, morte de trop avoir aimé Héraklès et qui a donné son nom à la chaîne toute entière.

Le tombeau de Pyrène © grotte de Lombrives

Au pied de la montagne, dans le val d'Arizes vivaient les légendaires pâtres de 999 ans, Milharis et Béliou. Le Pic du Midi était déjà fréquenté par nos aïeux , comme le prouve la pointe de flèche découverte par le Général de Nansouty aux environs de Sencours ( Bull. de la Société Ramond, 1879)

Au XVIème nous trouvons les premiers témoignages écrits . Vers 1540, le savant Scaliger serait venu y faire des observations. D'univers enchanté, domaine du Malin dans le temps, les montagnes sont peu à peu conquises et christianisées.
Saint Valier, évêque du Couserans, avait planter une croix sur la plus haute cime du pays, lui donnant son nom: le Mont Valier.Pierre III d'Aragon avait gravi le Canigou en 1276. Dès la Renaissance on commence à s'aventurer vers les montagnes.

Observatoire du Pic du Midi © Christophe Jaquet Wikipedia

Dans la seconde moitié du XVIIème et au XVIIIème, les montagnes deviennent un sujet d'étude, de découverte et d'inspiration. Le Pic ne fait plus peur, il est un laboratoire scientifique depuis Plantade. Il est le champ de recherche des géodésiens, minéralogistes, botanistes et physiciens.

Le botaniste Pitton de Tournefort (1656-1708) vient à Bagnères pour herboriser dans la vallée de l'Adour et en montagne.
François de Plantade (1670-1741) séjourne à Paris et entre en relation avec Jean-Dominique Cassini qui l'incite à se tourner vers l'astronomie. Voyageur, il se rend en Angleterre où les idées de Newton s'imposent. En 1706, il participe à la fondation de la Société Royale des Sciences de Montpellier et avec Clapies (1670-1740) il est à l'origine de l'observatoire de la Babote.

Avec Plantade, le Pic du Midi entre dans le champ d'investigation des scientifiques. Il étudia pour la première fois la couronne solaire lors de l'éclipse de 1706. Il remonte en 1741 pour y effectuer des mesures barométriques et meurt en montagne.

Le Baron de Secondat , fils de Montesquieu, y est venu mesurer les points d'ébullition du vif-argent et de l'esprit de vin pour comparer les altitudes du Pic et du Canigou.
Monge (1746-1818) et Darcet (1725-1801) viennent en 1775 pour en étudier l'altitude et pour observer " l'état actuel des Pyrénées et les causes de leurs dégradations " et leur mémoire servit de discours inaugural au cours de chimie de Darcet au Collège de France qui fut prononcé en français pour la première fois.

Ramond de Carbonnières (1755-1827) veut faire dans les Pyrénées ce que Horace Bénédicte de Saussure a fait pour les Alpes: les étudier scientifiquement. Il fit sa première ascension au Pic du Midi en 1788, alors que Saussure atteint le sommet du Mont Blanc. Par ses nombreuses observations Ramond vulgarise le patrimoine scientifique du Pic et des alentours.

Coupoles de l'observatoire © Pic du Midi

Au XIXème l’observatoire se met en place.

Le docteur Costallat fonde, en 1852, une hôtellerie au col de Sencours, non loin du lieu où Plantade mourut en 1741. L'hôtellerie avait pour vocation d'accueillir des touristes, et d' attirer des scientifiques. Maxwell-Lyte y observa l'éclipse de 1860 (premières photographies) et que Nansouty y fit ses hivernages...
1873 voit la création de la station météo " Plantade " au col de Sencours.
Station "Plantade"
La fondation de l'Observatoire avec la pose de la première pierre a lieu en 1878 et en 1880 le gros oeuvre est achevé.
En 1882 l'Observatoire est cédé à l'Etat pour des raisons financières.
En 1892 Emile Marchand est nommé aux fonctions de directeur, l'activité astronomique se développe.

La première moitié du XXème siècle se passe entre crises, guerres et développement :

- 1903 : l'Observatoire est rattaché à l'Université de Toulouse.
- 1907-1908: construction de la première coupole (actuelle coupole Baillaud).
- 1910 : observation de la comète de Halley.
- 1926 : installation de la T.S.F
- 1927 : ouverture de la route Tourmalet-Sencours, qui permet d'acheminer les hommes et le matériel plus facilement.
- 1930 : Bernard Lyot commence ses observations avec son coronographe.
- 1937 : Jules Baillaud devient directeur (il est le fils de Benjamin Baillaud).

Première coupole © Pic du Midi

La seconde moitié du XXème siècle :

1947 : construction du bâtiment du Pas de Case, mise en service d'un câble de service. Direction de Jean Rösch.
1949 : mise en service de la ligne électrique.
Arrivée en force des cosmiciens : G. Occhialini, J. Daudin et P. Blackett
1950 : découverte de la particule " Hypéron " par le groupe P.M.S. Blackett, de Manchester, et prix Nobel 1948. Le 11 mai, Cyril Owen Green meurt à Sencours
1952 Mise en service du téléphérique : l'isolement devient de l'histoire ancienne.
1953 : équipe de physiciens de l'Ecole Polytechnique avec Leprince-Ringuet. Congrès International sur le Rayonnement Cosmique à Bagnères-de-Bigorre
1957 : construction de l'émetteur de télévision.
1957-1958 : année géophysique internationale installation de 2 spectrographes solaires.
1963 : mise en service de l'antenne T.D.F. et début de collaboration avec la N.A.S.A. et l'U.S. Air Force (Apollo) : cartographie de la Lune au 1/1 000 000e.
1980: première lumière du T.B.L., le  Télescope Bernard Lyot
Les années de crise, 1981-1998, beaucoup de «  bringues » et de remises en question, passons les détails de cette période peu glorieuse !

1986 : retour de la comète de Halley.

1988 : sous la direction de Michel Blanc, L'O.P.M.T devient l'Observatoire Midi-Pyrénées (O.M.P.)
1990 : le télescope de deux mètres devient le télescope Bernard Lyot.
1993 : L'année de tous les dangers avec la publication du rapport « Léna ».
1997 : double crash au Pic du Midi. Un avion s'écrase : 4 morts. L'hélicoptère de secours des gendarmes s'écrase à son tour : 2 morts 
2000 : inauguration du "nouveau Pic" par M. Lionel Jospin
2007 : Inauguration de Nerval, voir paragraphe suivant

Le pic d’aujourd’hui