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Tamarin

DéfinitionClassé sous :zoologie , singe , primate
Photo d'un Callimico. © Marcel Burkhard, Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Germany license

Le terme tamarin est employé pour désigner plusieurs espèces de singes d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud appartenant à la famille des Callitrichidae. Parmis ces petits primates platyrhiniens du Nouveau Monde, on peut trouver les genres Saguinus, pinchés, callimico et Leontopithecus

Pour la plupart, les tamarins vivent dans la forêt tropicale humide de plaine qu'est l'Amazonie, tandis que les pinchés évoluent dans les forêts sèches d'Amérique Centrale. Les tamarins pinchés à face nue occupent le nord du continent sud-américain, et les tamarins à face velue vivent dans la partie sud de l'Amazone. Le genre le plus représenté est celui des Saguinus, que l'on surnomme plus communément « sagouins ».

Tamarin empereur (Saguinus imperator). © Mila Zinkova, GNU Free Documentation Licence, version 1.2

Description des tamarins

Les tamarins, dont il existe 17 espèces, sont également appelés « singes-écureuils » compte tenu de leur petite taille qui oscille entre 20 et 30 cm, pour un poids moyen de 400 à 500 grammes. Ils sont aisément reconnaissables car ils arborent tous soit une crinière, un toupet, des moustaches impressionnantes, des crêtes ou des franges, ainsi qu'une grande variété de coloris. Ils possèdent tous  une longue queue atteignant une quarantaine de centimètres de longueur. Le processus de nanisation des différentes espèces a également conduit à l'émergence de diverses adaptations telles que la transformation des ongles en griffes. Les tamarins se distinguent des ouistitis par la forme de leur mâchoire qui est en U, alors que les seconds l'ont en forme de V. Cette différence morphologique associée à une modification de la dentition, a conduit les tamarins à être davantage frugivore que leurs cousins. 

Habitat des tamarins

Les tamarins se plaisent dans les enchevêtrements de branches et de lianes de la forêt secondaire, qui leur permettent d'évoluer en sécurité et de se cacher. Ce biotope riche en insectes, fruits, fleurs et nectar, permet aux singes de bénéficier d'un régime nutritif calorique indispensable à leur petite taille et à leur transit intestinal rapide. 

Comportement des tamarins

Plusieurs espèces de tamarins vivent en sympatrie. C'est-à-dire qu'elles cohabitent sur le même territoire sans s'hybrider. Ces groupes mixtes et stables défendent leur territoire en commun et ne se concurrencent pas car chaque espèce a adopté une méthodologie de capture des insectes différente et ce, à des strates de végétation différentes. Ces associations ont pour but de réduire les effets de la prédation. En effet, les tamarins évoluant à proximité du sol surveilleront les prédateurs terrestres, et ceux évoluant dans la canopée guetteront les prédateurs aériens. Les vocalisations de certaines espèces sont compréhensibles par d'autres qui sont capables de leur répondre. Les tamarins communiquent également avec la vision et l'odorat

Tamarin bicolore (Saguinus bicolor). © Patrick Straub

Ils sont diurnes et très actifs. Ils parcourent journellement près d'1 kilomètre et demi à la recherche de nourriture. Excellent sauteurs, ils se servent de leur queue non préhensible en guise de balancier. Ils marquent leur territoire à l'aide de sécrétions issues des glandes sternales et suprapubiennes. Les singes se pelotonnent les uns contre les autres pour passer la nuit sur les branches ou les lianes, et passent leur temps calme à s'épouiller. L'épouillage ne contribue pas seulement à l'hygiène de la toison des singes, mais aussi à faire tomber le stress et à renforcer les liens entre les membres du groupe. Les primates sont d'excellents contributeurs à l'équilibre écologique de la niche qu'ils occupent. En effet, comme leur transit intestinal est rapide, les sucs gastriques n'ont pas le temps de dissoudre l'enveloppe des graines, fruits ou baies qu'ils ingèrent. Il les expulsent intacts avec leurs fèces, parfois à distance de leur point de cueillette, contribuant ainsi à la dissémination par endozoochorie.

Tamarin lion (Leontopithecus chrysomelas). © Patrick Straub

Reproduction des tamarins

Le cycle œstral dure une quinzaine de jours. La femelle met généralement bas deux petits qui pèsent environ 85 grammes, au terme d'une période de gestation de 140 à 145 jours. Le père et les autres membres du groupe aident au transport des bébés, et ne les rendent à la mère que pour le temps du nourrissage. Après le sevrage, les divers membres du groupe contribuent à procurer de la nourriture solide aux jeunes. Cette attitude contribue à renforcer le lien social du groupe. Les jeunes s'agrippent au pelage des adultes pendant environ 7 semaines avant de se déplacer par leurs propres moyens. Les tamarins atteignent la maturité sexuelle entre 16 et 20 mois. La longévité dépasse rarement les dix ans en pleine nature.

Bébé tamarin empereur de 2 mois (Saguinus imperator). © Mila Zinkova, GNU Free Documentation License version 1.2

Régime alimentaire des tamarins

Les tamarins se nourrissent essentiellement de fruits et d'insectes qui leur assurent les nutriments essentiels à leur croissance, mais mangent également des fleurs et du nectar, ainsi que des noix. Les pinchés complètent leur alimentation avec des lézards, des grenouilles, des oiseaux ou des œufs. Quelques espèces ingèrent de la gomme, de la sève ou de la résine qui contiennent nombre d'oligoéléments appréciables.

Tamarin à mains rousses (Saguinus midas). © Frank Wouters, Creative Commons Attribution 2.0 Generic license

Menaces sur les tamarins

La principale menace est la disparition progressive de la forêt (déforestation ou engloutissement du fait de la construction de gigantesques barrages hydroélectriques) et son morcèlement qui isole les populations. Le développement du marché d'animaux de compagnie et pour la recherche contribue également au déclin des différentes espèces. Avec quelques autres rares zoos européens, le zoo de Mulhouse (Alsace) a initié avec succès un programme de reproduction de certaines espèces de tamarins. Celles-ci sont classées de manière variable selon l'UICN. Par exemple, le tamarin bicolore est classé CR (en danger critique d'extinction) tandis que le tamarin empereur l'est en LC (préoccupation mineure). Mais la majorité des espèces est dans une situation préoccupante. 

Le saviez-vous ?

Quatre-vingt six nouvelles espèces de primates ont été découvertes depuis 2000, dont une petite trentaine rien que dans le Bassin amazonien. Et d'autres surprises nous attendent encore à condition que la forêt soit préservée. En mai 2006, découverte d'une population de 18 individus de l'espèce Cebus queirozi évoluant sur 39 hectares. 

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