Le Grand requin blanc, c’est un animal impressionnant. Un puissant prédateur qui a développé une forme de vie sociale. Sans doute pour capturer encore plus de proies. La preuve que le grand requin blanc n’est pas si bête. © willyam, Adobe Stock
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Bêtes de science : la vie sociale et secrète du Grand requin blanc

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« Bêtes de science », c'est comme un recueil d'histoires. De belles histoires qui racontent le vivant dans toute sa fraîcheur. Mais aussi dans toute sa complexité. Une parenthèse pour s'émerveiller des trésors du monde. Pour ce nouvel épisode, faisons-nous (un peu) peur en plongeant à la rencontre d'un monstre des mers  : le Grand requin blanc.

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Le Grand requin blanc. C'est un animal mythique. Celui qui dévore les habitants de la petite île d'Amity, sur la côte est des États-Unis, dans le célèbre film « Les dents de la mer ». Mais il faut l'avouer, d'un point de vue scientifique, cette réputation de tueur sanguinaire est un brin surfaite.

Le Grand requin blanc, c'est effectivement un monstre. Par sa taille. Il peut mesurer plus de six mètres de long. Ce qui fait de lui l'un des plus grands poissons de nos océans. Oui, oui, vous avez bien lu. Le requin, c'est un poisson. Pas un mammifère, parce qu'il respire sous l'eau, parce qu'il a le « sang froid ». Et surtout, parce qu'il pond des œufs.

Mais ce qu'il faut avant tout retenir du Grand requin blanc, c'est qu'il n'est pas le terrible mangeur d'Hommes pour lequel certains aimeraient le faire passer. Il ne raffole pas de chair humaine. Alors oui, les attaques de requins, ça existe. Et ce n'est pas faire insulte à ce grand prédateur que de dire qu'elles sont généralement le fait d'une erreur de jugement de sa part. Dans le monde, il n'y aurait pas plus de dix morts par attaques de requin par an. Contre tout de même 25.000... par morsures de chien ! Et un bon 800.000... par piqûres de moustique !

Finalement, le requin a bien plus à craindre des Hommes que ces derniers ont à craindre de lui. Chaque année, les pêcheurs tuent en effet des millions d'individus dans le monde. Tout ça pour leurs ailerons qui finissent dans nos assiettes. Il faut dire que certaines médecines traditionnelles leur prêtent des vertus fortifiantes. Manger des ailerons de requins serait bon pour la digestion. Pour nos reins et pour nos poumons aussi. Les scientifiques, eux, sont dubitatifs. Ils estiment surtout que les ailerons de requins peuvent contenir un niveau élevé d'un mercure toxique.

Résultat, alors que le requin a survécu à toutes les extinctions de masse depuis 400 millions d'années, il est aujourd'hui menacé par la folie -- et la peur -- des Hommes. Ainsi, la meilleure façon de l'aider serait d'apprendre à mieux le connaître. Et c'est justement ce qu'ont fait des chercheurs du côté de l'île Guadalupe (Mexique), une île volcanique de l'océan Pacifique. Parce que les grands requins blancs sont des dizaines à descendre ce littoral pour se nourrir chaque automne. Ils y restent à demeure jusqu'à la fin de l'hiver.

Les Grands requins blancs chassent presque en couple

Alors les chercheurs en ont profité pour équiper six individus -- trois mâles et trois femelles -- de caméras et de capteurs. Histoire de mesurer leurs accélérations, la profondeur à laquelle ils plongent et la direction ou encore la vitesse à laquelle ils nagent. Et c'est finalement grâce à une balise un peu particulière que les chercheurs ont fait une découverte surprenante. Une balise capable de détecter d'autres requins -- des requins qui avaient été marqués lors d'une précédente étude -- à proximité du requin suivi.

Les chercheurs ont observé que les Grands requins blancs aiment nager en couple. En couple d'amis, s'entend. Des couples souvent du même sexe, d'ailleurs. Des centaines de ces « associations sociales » ont été enregistrées. L'une a même duré plus d'une heure.

Selon les chercheurs, ces interactions seraient la preuve -- même si d'autres données seront nécessaires pour le confirmer -- qu'une certaine intelligence sociale développée par les Grands requins blancs leur permettrait de chasser plus efficacement. Pas en coopérant directement. Mais en profitant de la proximité de l'autre pour partager des informations sur les proies présentes dans la zone explorée. La preuve que le Grand requin blanc... n'est pas si bête !

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