Planète

L'Homme est-il un superprédateur du requin ? Réponse en 10 chiffres

ActualitéClassé sous :zoologie , requin , menaces

Du requin ou de l'Homme, qui est le prédateur, qui est la proie ? Tour d'horizon pour comprendre la situation mondiale des populations de squales soumises à une forte pression anthropique. S'il reste difficile de protéger les requins dans les eaux internationales, certains États, certaines populations et certains acteurs économiques interdisent la pêche au requin, cessent leur vente et leur consommation ou créent des zones refuges.

Si l'Homme est la première menace qui pèse sur les requins, ceux-ci peuvent aussi être victimes de leurs propres congénères, à l'instar d'un requin blanc (Carcharodon carcharias) de 3 mètres de long, équipé d'une balise GPS, récemment et brusquement disparu à 600 mètres de profondeur. Hypothèse la plus probable : il a été dévoré par un autre requin blanc long de... 5 mètres. © Pterantula (Terry Goss), Wikimedia Commons, cc by sa 2.5

34 millions d'années d'existence

On distingue les requins modernes, tels que nous les connaissons actuellement et apparus il y a 34 millions d'années, et leurs premiers ancêtres vieux de 430 millions d'années. Autant dire que ces animaux ne datent pas d'hier. L'espèce humaine n'existe sur Terre, quant à elle, que depuis 200.000 ans.

6 % des espèces de requins sont dangereuses

Officiellement, une trentaine d'espèces de squales sur les 500 répertoriées sur la planète, soit 6 %, s'avèrent dangereuses pour l'Homme.

5 décès humains chaque année

Dans le monde, environ 5 accidents mortels par an, suite à une attaque de requin, sont recensés. À titre de comparaison, les éléphants, les tigres et les méduses causent la mort d'une centaine de personnes et les hippopotames font 3.000 victimes.

40 millions de requins tués par an

Les Hommes tuent de 40 à 100 millions des squales des océans par an pour les consommer ou pour d'autres usages, maroquinerie, cosmétique notamment. Ils sont parfois aussi maintenus en captivité, pris accidentellement dans les filets de pêche ou bien victimes d'opérations d'extermination de leur espèce.

95 % de la chair de l'animal gaspillée

Le shark finningpêche aux ailerons en anglais, s'intéresse à récupérer cet appendice. Il ne représente que 5 % de son corps, les 95 % restants, jugés inintéressants, étant rejetés en mer. Parfois, l'animal amputé mais encore vivant coule à pic et subit une longue agonie.

Nombreuses sont les espèces de requins de plus de 1,5 m de longueur victimes du shark finning, une technique de pêche qui consiste à ne leur prélever que l'aileron et à les rejeter en mer encore vivants. Plus de 85 pays, développés ou en développement, exportent des ailerons séchés, la plupart transitent par les États-Unis pour être envoyés vers le marché chinois. © Cloneofsnake, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0

75 euros pour un bol de soupe d’ailerons à Hong Kong

Le prix du kilo d'aileron de requin peut atteindre 350 euros et sa soupe près de 75 euros (100 dollars). Traditionnellement, les Chinois accordent à l'aileron de requin de nombreuses vertus thérapeutiques, non démontrées scientifiquement.

80 % au moins de diminution d'effectifs dans les populations

La plupart des stocks de squales connus ont diminué de 80 à 99 % depuis les débuts de la pêche industrielle, au milieu du XXe siècle. Par exemple, les populations des requins-marteaux dans l'Atlantique nord-ouest ont chuté de 98 %.

Premier sanctuaire de requin en Micronésie

La République des Palaos, petit pays d'Océanie situé à l'est des Philippines, est le premier endroit au monde à avoir exclu le commerce issu de la pêche aux requins, déclarant son territoire de 620.000 km2 refuge pour 137 espèces de requins et de raies menacées d'extinction ou vulnérables. Bien d'autres espèces marines bénéficient de cette décision. L'archipel fait ainsi le pari que le manque à gagner de la pêche sera couvert par une hausse du nombre de touristes attirés par sa biodioversité marine reconstituée.

2.150 tonnes de saumonette achetées par les Français

En 2012, les Français ont acheté 2.150 tonnes de saumonette, un terme plus commercial et préféré à celui de requin. Cette dénomination ne désigne en rien une espèce ou un quelconque rang taxonomique et il est donc impossible d'aller plus dans le détail des espèces concernées, qu'elles soient menacées ou non. En grande surface ou au restaurant, il est extrêmement difficile de savoir ce que les consommateurs achètent. « La méthode d'approvisionnement la plus fiable reste le rapport direct avec le producteur, à la criée », préconise une enquête de Shark Alliance publiée cette année.

Un premier hypermarché français cesse de commercialiser du requin

En 2009, le groupe Auchan décide de ne plus vendre de requin dans les 12 pays où l'enseigne est présente. Il s'agit du requin-taupe, de l'aiguillat, du siki, notamment, vendus au rayon marée ou surgelé en filets sous le nom de roussette ou saumonette. Il reste difficile de savoir clairement quelles autres grandes marques de distribution ont depuis suivi le mouvement.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi