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Impesanteur simulée : après 60 jours au lit, c'est l'heure du lever

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La seconde phase de l'expérience de « bedrest » féminin menée par l'ESA et le CNES touche à sa fin. Les douze volontaires du programme ont commencé à se lever, après deux mois d'alitement continu.

60 jours au lit... c'est fini !

Pour la seconde fois, à la clinique spatiale du MEDES (Institut de Médecine et de Physiologie Spatiale), à Toulouse, douze volontaires féminines européennes ont passé 60 jours en position allongée - sur des lits inclinés à 6°, les pieds légèrement surélevés par rapport à la tête - afin d'induire dans leur organisme des phénomènes similaires à ceux causés par de longues périodes d'impesanteur.

Cette expérience de « bedrest » était effectuée dans le cadre de l'étude WISE (Women International Simulation Experiment), conduite en coopération par l'ESA, le CNES, l'Agence Spatiale Canadienne et la NASA. Un premier groupe de 12 femmes a déjà réalisé une session de « bedrest » de 60 jours entre mars et mai dernier.

L'objectif était de faire subir aux volontaires des conditions s'apparentant à celles subies par les astronautes lors des séjours de longue durée dans l'espace. A terme, l'impesanteur entraîne une perte de masse musculaire, hydrique et osseuse. Il ne s'agit toutefois pas d'étudier spécifiquement ces phénomènes mais plutôt de mettre au point les meilleurs moyens de les combattre. Les volontaires ont donc été divisées en trois groupes afin de tester différents types de contre-mesures : un groupe de référence, un groupe pratiquant des exercices physiques sur des appareillages adaptés à la station couchée et un groupe avec un régime enrichi en suppléments protéiniques.

Pour pouvoir obtenir des résultats statistiques fiables, l'étude devait porter sur 24 femmes, c'est pourquoi un second groupe de 12 volontaires européennes - une Ecossaise, trois Finlandaises, sept Françaises et une Suissesse allemande - a rejoint la clinique spatiale du MEDES en septembre pour la seconde phase du projet.

Avec le lever des volontaires commence une période critique d'examens médicaux pour collecter un grand nombre de données lors de leur « retour à la vie terrestre ».

Cette étude en coopération internationale, particulièrement complexe et pluridisciplinaire, a nécessité deux ans de mise en place et constitue à ce jour un franc succès.

Il reste encore beaucoup à apprendre sur la physiologie humaine et sa capacité d'adaptation à un environnement spatial. Comme le rappelle Roberto Vittori : « Une des bases de la recherche scientifique est que l'on ne sait pas toujours ce que l'on va découvrir. Un bon moyen de progresser est de regarder ce que l'on connaît sous une perspective différente. Or, en médecine, la microgravité nous fournit justement ce point de vue différent sur le corps humain ».

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