Sur les pentes des glaciers tibétains à plus de 5.000 mètres d’altitude, le rover doit affronter des conditions dignes de la surface de martienne. © Maygutyak, Adobe Stock
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Après la Lune et Mars, le rover chinois va explorer… le toit du monde

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Un robot chinois, identique à celui utilisé sur la Lune et Mars, va récolter des données climatiques sur les glaciers tibétains. Un environnement parfois encore plus difficile que l'espace dans lequel le robot devra déployer toutes ses capacités.

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[EN VIDÉO] Zhurong : ses premiers sons sur Mars  Zhurong, c’est le premier rover chinois à fouler le sol de Mars. Et le 27 juin 2021, l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a publié une série de fichiers audio qu’il a enregistrés. Une première ! C’était le 22 mai 2021, alors que le rover allumait ses moteurs et descendait les rampes de l’atterrisseur pour aller rouler sur le sol de la planète rouge. (chinois traduit en anglais) © CCTV Video News Agency 

Sur les pentes du Kuoqionggangri, un glacier situé à plus de 5.500 mètres d'altitude, le rover Pandengzhe (qui signifie « grimpeur » en chinois) zigzague entre les rochers et les crevasses. Ce robot, de la taille d'une voiture, est un habitué des environnements difficiles : il a fait ses armes sur la planète Mars et la face cachée de la Lune. Aujourd'hui, les Chinois misent sur sa technologie et ses différents instruments pour étudier le changement climatique sur le plateau tibétain, un endroit crucial pour étudier le réchauffement climatique mais très difficile d'accès, rapporte le South China Morning Post.

La région est en effet aux avant-postes du réchauffement climatique, plusieurs études témoignant de la fonte accélérée des glaciers. Celle-ci représente non seulement une lourde menace pour des milliers d'habitants vivant en aval, mais fait aussi craindre des fuites de méthane émanant du dégel des lacs et du pergélisol. Autant de périls qui justifient des études plus avancées dans cette région du monde, souvent surnommée le « troisième pôle » et pour l'instant surtout étudiée grâce à des données satellites. Mais ces données sont souvent parasitées par les nuages ou le type de substrat.

Un environnement glaciaire à très haut risque

Durant les cinquante dernières années, à peine deux expéditions scientifiques ont pu être organisées du fait des contraintes logistiques et de l'environnement particulièrement hostile ; plusieurs chercheurs sont morts sur les pentes des glaciers. Dans ce contexte, remplacer l'humain par un robot semble parfaitement logique et les rovers chinois développés dans le cadre de l'exploration spatiale semblent tout indiqués.
 

Ils ont ici affaire à un environnement tout aussi ardu, voire plus, que sur la Lune ou Mars. Pandengzhe évolue sur un terrain irrégulier jonché de débris rocheux et ponctué de pentes abruptes, le tout avec des températures pouvant descendre sous les -20 °C la nuit et une surface balayée par des vents violents. Contrairement à la Planète rouge, il ne dispose que de peu de repères visuels et ne doit pas s'aventurer hors de la glace sous peine de tomber dans une crevasse ou de s'enliser dans la neige. Le rover doit aussi maintenir une puissance suffisante durant de longues périodes sans être affecté par le froid. Pour répondre à tous ces défis, les scientifiques chinois ont ajouté de nouvelles fonctions au rover avec, par exemple, un système d'intelligence artificielle capable d'identifier les crevasses sous la neige ou des roues pouvant changer de forme automatiquement en fonction de la nature du terrain, décrit He Yuqing, un des responsables du projet au Shenyang Institute of Automation, dans le SCMP.

La robotique spatiale au service de la Terre

Comme les sondes Yutu 2 (« lapin de jade ») et de Zhurong, envoyées respectivement sur la face cachée de la Lune et sur Mars, Pandengzhe est largué par hélicoptère sur les pentes du glacier, puis effectue sa mission de manière totalement autonome. Une fois qu'il sera revenu à plus basse altitude, les données seront transmises au QG des scientifiques. Plusieurs autres rovers de ce type devraient à présent être déployés au Tibet, ainsi que d'autres robots comme un drone capable de voler à plus de 6.000 mètres d'altitude et par vents forts.

Ce n'est pas la première fois que les rovers spatiaux donnent lieu à des déclinaisons terrestres. Plusieurs outils déployés sur Perseverance ont ainsi servi pour des recherches géologiques ou l'amélioration de logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO).

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