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Les Ig Nobel 2007, de la bombe gay aux secrets de la bouse de vache

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Le Viagra qui améliore la résistance des hamsters au décalage horaire, les complications gastriques après l'ingestion d'un sabre, les recherches secrètes sur la bombe qui rend gay, l'extraction de la vanilline à partir de la bouse de vache... Le jury 2007 du désormais mythique prix Ig Nobel n'a pas démérité.

Comme chaque année, l'association Improbable Research a remis ses fameux prix Ig Nobel (prononcer ignoble) à peu près en même temps que le très respectable jury Nobel. Recherches loufoques, découvertes étonnantes et projets fantaisistes ont été généreusement récompensés lors d'une cérémonie déjantée, comme la tradition l'exige.

Pratiquement tous les prix correspondent à des spécialités retenues également pour les véritables prix Nobel. Mais les entorses sont permises. Le jury a ainsi créé un Ig Nobel d'aviation afin de ne pas rater la prometteuse découverte d'une équipe argentine (Diego A. Golombek avec Patricia V. Agostino et Santiago A. Plano,  de l'Université Nationale de Quilmes) sur un effet secondaire du Viagra. Celui-ci, en effet, réduirait les effets du décalage horaire, du moins chez le hamster (dont on sait pourtant qu'il ne fréquente pas davantage les lignes argentines que les autres voies aériennes).

En médecine, c'est fort logiquement que Brian Witcombe (Département de radiologieGloucestershire Royal NHS Foundation Trust, Gloucester, Royaume-Uni) et Dan Meyer (Etats-Unis) l'emportent avec une étude innovante sur les effets secondaires de l'ingestion d'une épée. Dan Meyer (Antioch, Tennessee) sait de quoi il parle, étant lui-même pratiquant et même président de l'association des avaleurs de lames.

Bombe non létale

En matière de projets invraisemblables, l'association a exhumé une idée folle qui semble bien avoir été évoquée par l'armée de l'air américaine en 1994 : la conception d'un gaz aphrodisiaque qui provoquerait chez l'ennemi une irrésistible attirance sexuelle pour les collègues soldats, fussent-ils de même sexe. Appelée bombe gay, cette arme n'a semble-t-il pas été explorée plus avant. Pour son aspect non létal, elle est récompensée aujourd'hui d'un superbe prix Ig Nobel de la paix. Rappelons que Jacques Chirac avait eu cet honneur en 1996 pour avoir choisi en 1995 de reprendre les essais nucléaires français au moment du cinquantième anniversaire du bombardement atomique d'Hiroshima.

En chimie, la récompense ne pouvait échapper à la japonaise Mayu Yamamoto, du Centre international de médecine du Japon qui a trouvé le moyen d'extraire la vanilline présente - qui en aurait douté ? - dans la bouse de vache. Signalons également Johanna van Bronswijk, spécialiste hollandaise de l'hygiène dans les bâtiments, qui s'est lancée dans le catalogue exhaustif du petit peuple d'invertébrés s'épanouissant dans nos matelas. Plus fantasque, Brian Wansink, célèbre nutritionniste américain et spécialiste de comportement alimentaire a dû inventer, pour mener ses études, un récipient sans fond dans lequel un gourmand impénitent peut puiser indéfiniment de la nourriture.

Le succès planétaire de cette compétition ne se dément pas, à tel point que le serveur de l'association Improbable Research était complètement saturé ce week-end et ce lundi. Dans la compétition elle-même, l'élargissement international s'est concrétisé par des récompenses de scientifiques installés bien au-delà de la sphère anglo-saxonne. Plus réjouissant encore, de - véritables - prix Nobel ont eux-mêmes remis les prix : Craig Mello (médecine, 2006), Roy Glauber (physique, 2005) et William Lipscomb (chimie, 1976, qui collabore régulièrement à cet événement).

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