La petite étoile Trappist-1 a de méchantes sautes d’humeur, comme le montrent les observations du satellite Kepler. Ce n’est pas une bonne nouvelle car les sept planètes rocheuses qui gravitent autour d'elle, découvertes récemment, sont très exposées à ces puissantes vagues d’énergie. Les chercheurs sont pessimistes pour les trois planètes situées dans sa zone habitable. Leurs atmosphères, si elles en avaient, ont probablement été déchirées.

Les possibilités que les planètes du système de Trappist-1 soient habitables se réduisent considérablement au vu des données récentes collectées par le télescopetélescope spatial Kepler, de la NasaNasa, ce champion de la chasse aux exoplanètesexoplanètes (il en a des milliers à son actif). Dans le cadre de sa mission K2, il a récemment mesuré les changements de luminositéluminosité des étoiles visibles dans la direction de la constellationconstellation du Verseau, dans le même champ que la désormais célèbre naine rougenaine rouge ultrafroide Trappist-1. Pour rappel, une collection inédite de sept planètes rocheusesplanètes rocheuses y a été débusquée -- toutes sur des orbitesorbites situées dans un rayon inférieur à celle de MercureMercure autour de notre SoleilSoleil -- et trois d'entre elles, de tailles équivalentes à celle de la TerreTerre, se situent dans la zone habitable de la petite étoileétoile.

Éloigné de seulement 40 années-lumièreannées-lumière de nous, ce système à la portée des instruments des astronomesastronomes, est une occasion magnifique d'étudier l'atmosphère de ces mondes et, qui sait, d'y détecter d’éventuelles signatures biologiques... Encore très jeunes (surtout pour cette catégorie d'étoiles dont l'espérance de vieespérance de vie se chiffre en dizaines, voire en centaines, de milliards d'années), environ 500 millions d'années selon les estimations, l'étoile et ses planètes pourraient arborer des formes de vie primitive, à l'instar de celles qui se développèrent sur notre Terre quand elle avait cet âge. Mais à condition qu'il puisse y avoir de l'eau à l'état liquideliquide et aussi une atmosphère pérenne protégée par un champ magnétiquechamp magnétique assez puissant.

L’éruption la plus puissante était vraisemblablement triple selon les observations photométriques de Kepler. © Vida <em>et al.</em>, 2017

L’éruption la plus puissante était vraisemblablement triple selon les observations photométriques de Kepler. © Vida et al., 2017

Trappist-1 a subi 42 éruptions en 80 jours

Et cela est loin d'être évident. En effet, même si elles semblent discrètes, les naines rouges, très nombreuses dans la GalaxieGalaxie et tout l'universunivers, sont réputées pour leurs sautes d'humeur répétitives et potentiellement dévastatrices. Et les éruptions dont elles sont capables sont de véritables coups de fouet pour les atmosphèresatmosphères des mondes qui les entourent. Notre Trappist-1 n'a pas l'airair de déroger à cette tendance.

Krisztián Vida et son équipe du Konkoly Observatory of the MTA CSFK (Hongrie) ne sont pas très optimistes quant à l'habitabilité de ces planètes. En parcourant les 80 jours d'observation de Kepler, ils ont relevé pas moins de 42 éruptions. La plus puissante d'entre elles déploya une énergieénergie comparable à celle de la tempêtetempête solaire de 1859 qui fut à l'origine de l'évènement de Carrington... Pour une petite étoile à peine plus grande que JupiterJupiter, elle fait jeu égal avec le Soleil. À cela s'ajoute, dans le cas de Trappist-1, que ses planètes ne sont distantes que de 1,5 à 10 millions de kilomètres (en comparaison, la Terre est à 150 millions de kilomètres du Soleil). Autrement dit, leurs atmosphères -- si elles en ont une -- sont fréquemment chahutées par les puissants flux d'énergie.

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La question que se posent les chercheurs est bien sûr : les atmosphères de ces planètes peuvent-elles durablement résister à ces assauts répétés ? Pour l'équipe, la réponse est non. En s'appuyant sur les modèles récemment développés par Olivia Venot, de la Leuven Catholic University, ils ont montré dans leur étude soumise pour publication à la revue The Astrophysical Journal (et disponible sur arXiv) qu'elles seraient irrémédiablement altérées... Ils ont calculé que pour subir de moindres dommages, leur champ magnétique devrait être de plusieurs dizaines à centaines de gauss, ce qui paraît irréaliste quand celui de la Terre est de 0,5 gauss.

Les observations des prochains mois et années devraient nous éclairer sur la présence ou non d'enveloppes gazeuses protectrices. S'il y en a (encore et toujours), ce serait une bonne nouvelle car les naines rouges en général semblent riches en planètes rocheuses.