Une nouvelle femme entre dans l'Histoire et dans les mémoires, en devenant la quatrième lauréate du prix Nobel de physique. Nous vous proposons donc d'en apprendre plus sur Andrea Ghez et sur le parcours qui lui vaut cette prestigieuse récompense.

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Andrea Ghez, lauréate du prix Nobel de physique 2020, parle de son étude des trous noirs. © UCLA

Galilée, Isaac NewtonIsaac Newton, Nikola TeslaNikola Tesla, Albert EinsteinEinstein... Voici des noms que nous connaissons tous. Il y a même de fortes chances que vous ayez déjà entendu parler du célèbre triangle conçu par Sir Roger Penrose, l'une des trois personnes récompensées par le prix Nobel de physiquephysique cette année. Mais avez-vous déjà entendu parler de Caroline HerschelCaroline Herschel, de Mary Anning, d'Ada Lovelace ou de LisaLisa Meitner ?

Si Marie CurieMarie Curie (prix Nobel de physique en 1903) est sur toutes les lèvres lorsqu'il s'agit de nommer des femmes scientifiques dont la contribution a été aussi importante que celle de leurs pairs masculins, la plupart de ses comparses ont, quant à elles, sombré dans un oubli dont elles ne commencent que tout juste à être extirpées. Afin que cette erreur ne se reproduise pas, nous vous proposons de découvrir (et de vous souvenir) d'Andrea Ghez, la quatrième femme de l'histoire récompensée par le prix Nobel de physique.

Andrea Ghez, membre des 1,85 % 

Née en 1965, Andrea Ghez est une jeune femme pleine d'ambitions. Inspirée par les missions ApolloApollo, elle aspire à devenir la première femme astronauteastronaute. Elle ne se doute pas alors qu'elle recevra une distinction bien plus rare en 2020 : alors que 65 femmes ont déjà été dans l'espace, seulement 3 ont reçu le prix Nobel de physique. Ghez est la quatrième, marchant dans les pas de Marie Curie (pour son travail sur la radioactivité), de Maria Goeppert-Mayer (pour ses recherches sur le modèle en couches du noyau atomique) et de Donna Strickland (pour ses avancées dans la technique d'amplification des impulsions laserlaser). Bien que ces femmes aient systématiquement été récompensées aux côtés de lauréats masculins, elles ne représentent à elles quatre que 1,85 maigre pourcent de l'ensemble des scientifiques récompensés par ce prix.

Le triangle impossible de Penrose. © Tobias R.
Le triangle impossible de Penrose. © Tobias R.

Sur la piste de Sagittarius A*

Forte de ses ambitions, Ghez étudie les mathématiques à l'University of Chicago Lab School, puis obtient son diplôme de physique au Massachusetts Institute of Technology (MIT), avant de passer son doctorat au California Institute of Technology en 1992. Elle commence alors une carrière stellaire, couronnée par la découverte d'une « preuve inébranlable » de l'existence du trou noir supermassif Sagittarius A* au centre de notre galaxiegalaxie, en 1998. Son travail l'amène à requestionner la théorie de la relativité généralerelativité générale, poussée à ses limites par ces objets de l'extrême.

« À un moment donné, nous devrons aller par-delà la théorie d'Einstein pour passer à une théorie de la gravitégravité plus complète qui explique ce qu'est un trou noir », commente-t-elle.

Grâce à l'observatoire Keckobservatoire Keck, situé à Hawaii, Ghez et son équipe ont pu étudier en détail les interactions exotiquesexotiques du temps et de l'espace aux abords de Sagittarius A*Sagittarius A*. « Andrea est l'un des utilisateurs de Keck les plus passionnés et les plus tenaces que nous connaissions, déclarait Hilton Lewis, directeur de l'observatoire Keck, en 2019. Ses dernières découvertes révolutionnaires sont le point culminant de son engagement inébranlable au cours de ces deux dernières décennies, pour percer les mystères du trou noir supermassiftrou noir supermassif au centre de notre Voie lactéeVoie lactée. »

Un travail collectif et collaboratif

À une époque où la science est une affaire de plus en plus collective, il importe de souligner que Andrea Ghez s'est vu attribuer le prix Nobel de physique aux côtés de Reinhard Genzel, dont l'étude du mouvementmouvement des étoilesétoiles au centre de notre galaxie a permis de confirmer que celles-ci orbitent autour d'un objet compact supermassif, ainsi que de Roger PenroseRoger Penrose, qui a su démontrer que la formation des trous noirstrous noirs était une conséquence directe de la théorie de la relativité d'Einstein. Saluons également le travail de leurs équipes et des chercheurs - connus et anonymes - sans la contribution desquels ces découvertes n'auraient probablement jamais pu être accomplies.