Sciences

Le VLT plonge dans les Yeux de la Vierge, un couple de galaxies

ActualitéClassé sous :Astronomie , VLT , ESO

L'ESO publie cette semaine une image d'un très beau couple de galaxies situées dans la constellation de la Vierge. La plus grande des deux, NGC 4438, était autrefois une galaxie spirale, mais elle a été énormément déformée par des collisions avec d'autres galaxies au cours des quelques dernières centaines de millions d'années.

Les Yeux de la Vierge vus par le VLT. © Eso

La constellation de la Vierge est riche d'une multitude d'objets célestes. Certains n'y font que passer, comme la planète Saturne qui y séjourne pour plusieurs mois, d'autres y sont définitivement installés. Ce sont principalement des galaxies dont plus de 2.000 forment le célèbre amas de la Vierge. Impossible donc de toutes les citer mais certaines se sont fait remarquer, comme NGC 4666, une spirale où l'on assiste à une flambée d'étoiles, ou encore NGC 4452 qui a la particularité de se présenter à notre regard exactement par la tranche.

Le Very Large Telescope de l'ESO installé sur le Paranal, l'un des sommets des Andes chiliennes, a photographié NGC 4435 et NGC 4438, une paire de galaxies qu'on surnomme les Yeux et qui se situe à un peu plus de 50 millions d'années-lumière. Le surnom est dû à la forme évoquée par les cœurs de cette paire de galaxies - deux ovales blancs qui ressemblent à une paire d'yeux brillants dans l'obscurité lorsqu'on les observe avec un télescope de taille moyenne.

Une galaxie victime de collisions

Cent mille années-lumière seulement séparent ces deux galaxies qui se sont peut-être trop rapprochées il y a 100 millions d'années. C'est l'une des explications qu'avancent les astronomes pour expliquer les déformations qu'on observe dans les bras de ces deux galaxies. Bien que les centres de ces deux galaxies semblent similaires, leurs périphéries ne pourraient pas être plus différentes. 

La galaxie NGC 4438. © ESO

Chez NGC 4438 (en haut de l'image des deux galaxies) une partie des jeunes étoiles et du gaz a été extraite de la galaxie et éparpillée le long d'un immense ruban qui s'étend sur toute la largeur de l'image. Le choc dû à la collision a déformé sa structure en spirale, plus que ce qui pourrait arriver à la Voie lactée lorsqu'elle rentrera en collision avec Andromède, sa galaxie voisine, dans 3 ou 4 milliards d'années. Les interactions gravitationnelles n'ont pas eu les mêmes conséquences sur sa voisine. La galaxie NGC 4435, elle, est compacte et semble dénuée de gaz et de poussière, ne montrant aucune trace de perturbation si ce n'est une perte de masse qui a laissé sa partie centrale uniquement entourée d'un vaste anneau de poussière. 

Une autre possibilité est que la galaxie elliptique géante Messier 86, plus éloignée des Yeux et non visible sur cette image, soit responsable des dommages causés à NGC 4438. De récentes observations ont révélé des filaments d'hydrogène ionisé reliant les deux grandes galaxies, indiquant qu'elles ont pu entrer en collision par le passé. À d'aussi petites distances, les collisions sont assez fréquentes, aussi est-il possible que NGC 4438 ait souffert de rencontres à la fois avec NGC 4435 et avec Messier 86.

Le programme Cosmic Gems de l'ESO

L'ESO a réalisé cette image dans le cadre du programme Cosmic Gems dont l'objectif est de réaliser des photographies éducatives à destination du grand public lorsque les conditions météo ne sont pas propices aux observations scientifiques. Les données sont également mises à disposition des astronomes professionnels via les archives scientifiques de l'ESO.

Dans le cas de cette image, bien qu'il y ait eu des nuages, l'atmosphère était exceptionnellement stable, ce qui a permis de révéler de très fins détails sur cette image prise avec l'instrument FORS21 du VLT. Deux filtres différents ont été utilisés pour sélectionner la lumière : un rouge (coloré en rouge) et un vert-jaune (coloré en bleu). Les temps de pose ont été respectivement de 1.800 secondes et de 1.980 secondes.

Notes

  1. FORS2 est le spectrographe à faible dispersion et le réducteur focal (FOcal Reducer and low dispersion Spectrograph) du VLT observant dans le visible et dans le proche ultraviolet. Il est installé sur le télescope 1 du VLT.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi