Une nouvelle photographie réalisée par les astronomes de l'Observatoire européen austral (ESO) révèle la tumultueuse rencontre de deux galaxies à un peu plus de 200 millions d'années-lumière. Un scénario de collision qui préfigure peut-être le sort réservé à notre Voie lactée.

Cela vous intéressera aussi

Les collisions galactiques ne sont pas rares dans l'universunivers, comme le révèlent les télescopestélescopes de plus en plus performants. On pourrait citer le cas de ESO 593-IG 008, un grand oiseauoiseau céleste qui résulte de la rencontre de trois galaxiesgalaxies, ou celui des Antennes (NGC 4038 et 4039) qui se déploient dans la constellationconstellation du Corbeau, sans oublier Les Quatre Fantastiques, quatre galaxies en train de fusionner à 5 milliards d'années-lumièreannées-lumière de nous. On a même observé des collisions entre amas de galaxiesamas de galaxies, comme c'est le cas pour MACSJ0717.5+3745.

Ces rencontres ne sont pas aussi dramatiques qu'on pourrait l'imaginer, bien au contraire. Si les étoilesétoiles ont très peu de chances de se heurter quand des galaxies s'entremêlent, il en va tout autrement des grands nuagesnuages de gazgaz : déstabilisés, ils s'effondrent et forment des grumeaux de particules condensées, à l'origine de la naissance de nouvelles étoiles. Ces flambées stellaires ont également pour origine les ondes de choc émises par les supernovae, beaucoup plus nombreuses. Dans les Antennes, on a dénombré un taux d'explosions stellaires jusqu'à 30 fois supérieur à celui que connaît notre galaxie, l'occasion d'enrichir les nuages voisins en éléments lourds. En somme, de telles collisions auraient un effet bénéfique en allumant de nouvelles étoiles, une sorte de seconde jeunesse pour des galaxies en sommeilsommeil.

Antennes de gaz et berceaux d'étoiles

C'est à nouveau la caméra WFI (Wide Field Imager) installée sur le télescope de 2,2 mètres de diamètre de l'ESO au Chili qui nous offre l'image ci-dessous, après celles de NGC 300 et de NGC 4666. L'instrument a cette fois-ci servi à capturer une autre collision galactique, celle de NGCNGC 7252 dans la constellation du Verseau. Atoms-For-Peace (des atomesatomes pour la paix) est le surnom qu'on lui donne en raison de sa forme curieuse : des boucles géantes de gaz et d'étoiles rappellent la représentation qu'on se fait des électronsélectrons en orbiteorbite autour des noyaux atomiques. L'ensemble des deux galaxies en collision se déploie sur 600.000 années-lumière. Pour la petite histoire, Atoms-For-Peace est également le titre d'un discours prononcé en 1953 par le président Eisenhower en faveur d'une utilisation pacifique de l'énergieénergie nucléaire.

Mais revenons à NGC 7252 qui est un condensé de nos connaissances en matièrematière de collision de galaxies. Tout y est : les forces gravitationnellesforces gravitationnelles ont torturé le gaz interstellaire des deux protagonistes, soit en l'éjectant sous forme de longues queues ou de coquillescoquilles, soit en le comprimant pour y déclencher des flambées de soleilssoleils. Les astronomesastronomes ont observé la formation de centaines de très jeunes groupes d'étoiles (moins de 500 millions d'années) qui vont sans doute devenir des amas globulaires.

Ce qui se passe actuellement dans les galaxies en collision comme NGC 7252 intéresse particulièrement les scientifiques, car c'est peut-être ce que connaîtra notre propre galaxie dans un avenir lointain. Selon la nature exacte du déplacement latéral (actuellement inconnu) de M 31, la galaxie d'Andromède, cette voisine pourrait venir se fondre dans notre galaxie d'ici 3 ou 4 milliards d'années.