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Astrophotographie : deux visions de la galaxie M 101

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Notre chronique hebdomadaire vous entraîne aujourd'hui à la découverte d'une belle galaxie spirale que deux astrophotographes de notre forum ont choisie d'imager avec des techniques très différentes.

Florent Poiget a réalisé cette somptueuse image de la galaxie M 101 avec un astrographe de 30 centimètres de diamètre et 16 heures de pose. © F. Poiget
  • Voyagez au cœur des galaxies, tout en image 

Le 27 mars 1781, l'astronome français Pierre Méchain découvre avec son
télescope une petite tache floue dans la constellation de la Grande Ourse. Pierre Méchain n'en est pas à sa première découverte. Il aide alors son ami Charles Messier à réaliser un catalogue des objets célestes nébuleux, catalogue qui compte actuellement plus d'une centaine d'entrées dont 29 sont des découvertes de Méchain. La Grande Ourse abrite quelques objets astronomiques de choix. Le couple galactique M 81 – M 82 est sans doute le plus connu, mais d'autres découvertes postérieures à la création du catalogue Messier ne manquent pas d'intérêt, comme NGC 2841, une galaxie pauvre en pouponnières d'étoiles ou encore NGC 3982, une réplique miniature de notre galaxie.

Située à un peu plus de 25 millions d'années-lumière, la tache floue découverte par Méchain est devenue M 101, l'une des dernières entrées du catalogue de Messier. Il s'agit d'une galaxie spirale vue de face dont la magnitude avoisine 8 et qui s'étale sur une surface apparente de 22 minutes d'arc, ce qui à une telle distance correspond à un diamètre de 170.000 années-lumière. La galaxie révèlera ses bras spiraux pour la première fois au milieu du XIXe siècle à l'astronome anglais Lord Rosse qui la pointa avec son gigantesque Léviathan, un télescope de 183 centimètres de diamètre qui lui avait déjà dévoilé l'intimité d'une autre célèbre spirale, Messier 51. Comme beaucoup de ses consœurs, M 101 déploie des bras spiraux riches en poussière où se côtoient régions roses d'hydrogène ionisé, où naissent de nouvelles étoiles, et amas d'étoiles bleues.

De la rigueur permet d'obtenir une belle image de la galaxie M 101 avec un matériel simple. © J. Walliang

Deux niveaux d'astronomie

L'astrophotographie, comme toute passion, peut se vivre de différentes manières. Certains choisissent de la pratiquer en dilettante, en pratiquant lorsqu'ils en ont le loisir et en faisant des investissements progressifs. Jacques Walliang fait partie de ceux-là. À 56 ans il réalise tranquillement un vieux rêve de jeunesse commencé un certain 21 juillet 1969 devant un écran de télévision. Depuis quelques années il s'est mis à observer le ciel avec son fils et ses premières images astronomiques remontent à 2008. L'image de M 101 qu'il nous propose ci-dessus a nécessité deux heures de pose avec une caméra ccd et une lunette de 102 millimètres de diamètre.

Pour Florent Poiget, la philosophie est toute autre. L'imagerie est devenue pour lui synonyme de perfection. Qu'on en juge par les caractéristiques techniques de l'image présentée ci-dessous : près de 16 heures de pose cumulées sur plusieurs nuits avec une caméra ccd et un télescope de haute volée de 30 centimètres de diamètre. Quand on regarde cette image, on comprend mieux le surnom de « roue de feu » que certains ont donné à la galaxie M 101. Deux photographies du même objet céleste prises par deux membres de notre forum d'astronomie qui illustrent la diversité des pratiques astronomiques.

Si vous aussi vous souhaitez nous proposer une image astronomique destinée à illustrer cette rubrique, il vous suffit de suivre nos consignes.    

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