En l'étudiant dans différentes longueurs d'onde, les chercheurs ont observé une intense production stellaire dans une galaxie de la constellation de la Vierge, NGC 4666. Cette vague de naissances s'accompagne d'une gigantesque éjection de gaz.


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    A 80 millions d'années-lumière de la Terre, NGC 4666 est une galaxie spirale découverte en 1784 par William HerschelWilliam Herschel. Avec sa magnitude apparente de 11, il faut un télescope d'au moins 30 centimètres de diamètre pour la soupçonner comme un faible fuseaufuseau cotonneux. Elle intéresse les astronomesastronomes qui y ont découvert un taux anormalement élevé de production d'étoilesétoiles. Pour NGC 4666 comme pour de nombreuses autres galaxies, une forte cadence de naissance d'étoiles est souvent associée à des interactions gravitationnelles.

    La présence de plusieurs galaxies proches les unes des autres peut en effet comprimer leur gazgaz, ce qui déclenche les processus de genèse stellaire. C'est par exemple le cas dans NGC 1569, une galaxie trop fertile. En corrigeant sa distance grâce aux mesures obtenues à l'aide du télescope spatial Hubble, on s'est rendu compte que NGC 1569 était située en plein milieu d'un groupe d'une dizaines de galaxies qui interagissaient sur sa production stellaire. Même cas de figure pour M 82. Cette turbulente galaxie située dans la constellation de la Grande Ourseconstellation de la Grande Ourse est connue pour posséder trois trous noirstrous noirs et une production d'étoiles largement au-dessus de la moyenne. La responsable de ces tourments est l'énorme galaxie voisine M 81M 81.

    Sur cette image, les tirets bleus indiquent la dispersion des vents de gaz chauds issus du cœur agité de la galaxie NGC 4666, tels que les observe <em>XMM-Newton</em>. Les courbes autour de la galaxie correspondent à différents niveaux d'intensité du champ magnétique mesuré avec le radiotélescope VLA (<em>Very Large Array</em>). Crédit Esa/M. Ehle

    Sur cette image, les tirets bleus indiquent la dispersion des vents de gaz chauds issus du cœur agité de la galaxie NGC 4666, tels que les observe XMM-Newton. Les courbes autour de la galaxie correspondent à différents niveaux d'intensité du champ magnétique mesuré avec le radiotélescope VLA (Very Large Array). Crédit Esa/M. Ehle

    Un super-vent de gaz

    Pour étudier NGC 4666, les astronomes ont fait appel dans un premier temps au satellite européen XMM-Newton. Ce télescope spatial spécialisé dans l'observation des rayons Xrayons X a fêté au mois de janvier dernier une décennie d'observations révolutionnaires. XMM-NewtonXMM-Newton a en effet permis d'étudier de très nombreuses sources de rayons X, des noyaux de galaxies actives aux étoiles à neutronsétoiles à neutrons en passant par les incontournables trous noirs.

    Cet instrument a réalisé la carte de la circulation des gaz chauds au sein de la galaxie NGC 4666. Il s'agit de puissants ventsvents stellaires issus d'étoiles géantesétoiles géantes et de supernovaesupernovae en train d'exploser. Ce super-vent, comme l'appellent les astronomes, s'échappe de la partie centrale brillante de la galaxie et s'étend sur des dizaines de milliers d'années-lumière. En raison de sa température, on ne peut l'observer que dans le domaine des rayons X et radio.

    Pour disposer d'une image détaillée de la région de NGC 4666 dans le domaine visible, c'est le télescope de 2,2 mètres de l'Observatoire de La Silla au Chili qui a été mis à contribution. Sa caméra WFI (pour Wide Field Imager) montre tout autour de NGC 4666 d'autres galaxies à l'origine des interactions gravitationnelles qui font flamber le cœur de la grande spirale, en particulier NGC 4668 en bas à gauche. La complémentarité des observations de XMM-Newton et du télescope de l'Eso a permis de découvrir au passage une source de rayons X très lointaine qui correspond à un amas de galaxiesamas de galaxies. Situé à 3 milliards d'années-lumière, on le distingue sur le bord en bas à droite de l'image prise au Chili.