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Uranus révèle une météorologie étonnante

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En recevant 900 fois moins d'énergie solaire que notre planète, Uranus devrait être un astre à l'atmosphère très calme. Il n'en est rien, comme le montre une minutieuse étude menée depuis plusieurs années à l'aide du télescope Keck 2.

En observant l'atmosphère d'Uranus en infrarouge, le télescope Keck est parvenu à nous en révéler l'atmosphère agitée. © Nasa, Esa, L.-A. Sromovsky, P.-M. Fry, H.-B. Hammel, I. de Pater, K.-A. Rages
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Septième planète du Système solaire, Uranus fut découverte en 1781 par l'astronome germano-britannique William Herschel. On a longtemps pensé que la seule originalité de cette lointaine géante gazeuse concernait son axe de rotation qui se situe pratiquement dans son plan de révolution autour du Soleil, en faisant une planète penchée. Alors que l'angle d'inclinaison de cet axe est de 3° pour Jupiter, 23° pour la Terre, 29° pour Saturne et Neptune, il atteint 98°pour Uranus. Cette anomalie pourrait s'expliquer par plusieurs impacts qui auraient progressivement fait basculer la planète.

Depuis quelques années et l'amélioration des techniques d'observation, les planétologues soupçonnaient Uranus de ne pas avoir le visage aussi lisse que celui qu'elle avait montré en 1986 à la sonde Voyager 2. Il y a quelques mois l'astronome Larry Sromovsky demandait déjà aux astronomes amateurs bien équipés de suivre une mystérieuse tache lumineuse sur Uranus qu'il attribuait à une éruption de glace de méthane dans la haute atmosphère. Le même Larry Sromovsky vient de présenter les résultats d'un patient travail d'observation de la planète mené à l'aide du Keck 2, l'un des télescopes jumeaux de 10 m de diamètre installés à plus de 4.000 m d'altitude sur le mont Mauna Kea de l'île d'Hawaï. Verdict : Uranus n'est pas celle que l'on croit !

Lorsque la sonde Voyager 2 a survolé Uranus en 1986, elle a obtenu des images d'une boule bleue très calme, loin de la réalité. © Nasa

Uranus : une turbulente atmosphère

Les images obtenues en infrarouge avec le Keck 2 révèlent une quantité étonnante de formations nuageuses complexes sur Uranus. On y observe des vents soufflant à 900 km/h et de gigantesques tempêtes de la taille d'un continent terrestre dans une atmosphère où la température avoisine -220 °C. Certaines formations météorologiques sont stables alors que d'autres dérivent ou changent de forme. Elles se retrouvent à toutes les latitudes, de l'équateur jusqu'aux pôles. Pas encore visible depuis la Terre, le pôle nord d'Uranus pourrait d'ailleurs bien révéler un jour un vortex comme celui qu'on observe depuis plusieurs années sur Saturne. Quel peut être le moteur de toute cette agitation, puisqu'on sait que la chaleur interne de la planète est beaucoup trop faible pour entraîner de telles modifications atmosphériques ?

Comme le rappelait dernièrement Chris Arridge, de l'University College London's Mullard Space Science Laboratory, seul le rayonnement solaire peut jouer ce rôle. Même très éloigné, le Soleil éclaire et réchauffe (faiblement) chaque pôle alternativement pendant 42 ans, une situation unique dans le Système solaire. Depuis 2007 c'est le printemps qui règne dans l'hémisphère nord de la planète, mais pour Larry Sromovsky, l'atmosphère d'Uranus doit être une machine diablement efficace pour réagir aussi bien au rayonnement de notre étoile à une distance pourtant 30 fois supérieure à celle qui sépare le Soleil de la Terre !

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