La comète 17P/Holmes en 2017, après son explosion. © peresanz, Adobe Stock
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Observez cet été les restes d’une explosion spectaculaire d'une comète

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[EN VIDÉO] Qu'est-ce qu'une comète ?  D’où viennent-elles ? Combien sont-elles ? Leur nom vient du grec komêtês signifiant « chevelu ». Au Japon, elles sont surnommées « astre-balais ». Autant d’appellations qui font référence à leurs physionomies très différentes des étoiles qui brillent dans le ciel. Apprenez à les connaître en vidéo ! 

En 2007, une explosion spectaculaire se produisait dans notre ciel. Celle d'une comète baptisée 17P/Holmes. La plus spectaculaire explosion de comète jamais observée. Rendant l'objet visible à l'œil nu. Et cet été, en pointant vos instruments vers la constellation de Pégase, vous devriez pouvoir observer... les restes de cette explosion !

En 2007, une comète explosait dans notre ciel. Sans pour autant se désintégrer. Mais s'éclaircissant soudain d'un facteur un million ! Celle que les astronomes appellent 17P/Holmes n'en était pas à sa première. C'est d'ailleurs une explosion similaire, même si moins spectaculaire, qui avait mené à sa découverte en 1892. Un comportement étonnant. Peut-être dû à des réarrangements de la glace qui constitue le cœur de la comète. Des réarrangements qui libèrent du gaz et créent une pression tellement forte que cela finit en éruption de glace, de gaz et de poussière.

Ce qu'il y a d'encore plus remarquable, c'est que des astronomes de l’Institut de recherche géospatiale finlandais avancent aujourd'hui que la traînée créée par l'explosion de la comète en 2007 ne s'est pas dispersée dans l'espace. Au lieu de cela, ces poussières se seraient concentrées sur une orbite elliptique qui passe par le point d'explosion d'origine. Et cet été, justement, les modèles prévoient une accumulation de particules en ce point - qui devrait rendre la traînée visible. Même avec un télescope amateur. D'au moins 30 cm, tout de même, et équipé d'une caméra CCD qui permette d'appliquer la méthode de soustraction d'image. 

La traînée de poussière laissée par l’explosion de la comète 17P/Holmes est déjà apparue dans le ciel en 2015, avec une faible luminosité. © Arto Oksanen, Institut de recherche géospatiale finlandais

Des poussières à ramasser

Parce que les particules produites par l'explosion de la comète 17P/Holmes ont beau être minuscules - avec des diamètres de quelques fractions de millimètre seulement -, elles n'en refléteront pas moins la lumière du Soleil. Leur faisant prendre la forme d'une traînée floue qui devrait apparaître à partir de fin juillet, du côté de la constellation de Pégase.

Réussir à localiser les poussières produites par des explosions comme celles qu'a connu 17P/Holmes pourrait permettre aux astronomes d'imaginer une mission pour collecter, un jour, des morceaux de comètes. Et le travail effectué sur l'explosion de 2007 les encourage à modéliser le parcours de la traînée de l'explosion de 1892. Quant à savoir quand se produira la prochaine explosion de cette drôle de comète, c'est à ce jour impossible. Peut-être à l'occasion de son prochain passage au plus proche du Soleil, en janvier 2028 ?

Pour en savoir plus

En images : la comète Holmes déjoue tous les pronostics

Elle défraie la chronique depuis plus de dix jours avec son énorme augmentation de luminosité, aussi brutale qu'inexplicable et qui la rend visible à l'œil nu. Les amateurs s'en donnent à cœur joie et elle est devenue une vedette du forum de Futura-Sciences, où des passionnés s'échangent photos et astuces. L'un d'eux, Jean-Baptiste Feldmann, nous raconte la comète et présente les images engrangées sur le forum.

Article de Jean-Baptiste Feldmann paru le 08/11/2007

Gros plan sur la comète... par Vincent Becker

Depuis le 24 octobre 2007, 17P/Holmes - une comète périodique qui nous rend visite tous les 6,9 ans - mobilise la communauté astronomique : son éclat a été multiplié par un million en quelques heures, rendant cet astre visible à l'œil nu comme une nouvelle étoile dans la constellation de Persée [que l'on voit actuellement au nord-est deux heures après le coucher du Soleil, NDLR].

Le premier à donner l'alerte a été Juan Antonio Henriquez-Santana, un astronome amateur espagnol, suivi un peu plus tard par Bob King, dans l'Arizona, puis par les observateurs japonais. Depuis, Holmes fait l'objet d'un suivi international, tant au niveau des observatoires professionnels que des amateurs.

Ce que tout le monde peut observer actuellement à condition de regarder vers le nord-est en début de soirée, c'est le résultat de la probable fragmentation de son noyau avec projection de blocs de glace. Ce phénomène de désintégration est bien connu des scientifiques lorsqu'une comète s'approche trop près du soleil, mais il est inexplicable ici, Holmes voguant entre Mars et Jupiter. Si le rayonnement de notre étoile était capable de briser les comètes à de telles distances, il serait impossible d'y observer les lunes gelées qui orbitent actuellement autour de ces planètes !

Augmentation de luminosité entre le 27 octobre (en bas à droite) et 31 octobre 2007 (à gauche). Par Chamois.

Alors, qu'est-ce qui fournit l'énergie des éruptions de poussières et de glace que l'on observe sur Holmes : le résultat d'une collision avec un autre petit corps céleste ou un déséquilibre des charges électriques entre la comète et le flux solaire, qui fait exploser le noyau comme un condensateur en surcharge ? Plus étrange encore : cette comète a déjà connu un tel événement dans le passé, en 1896, quatre ans après sa découverte par Edwin Holmes...

Star du moment pour les amateurs

En attendant les explications des scientifiques, les amateurs se régalent. Sur Futura-Sciences, les images et les comptes rendus d'observations sont arrivés dès le 24 au soir, quelques heures après que l'alerte ait été donnée. Chacun peut alors repérer la comète à l'œil nu comme une petite tache floue, visible malgré la Lune sur une photographie de Scopy.

On peut aussi la dessiner... Par JFBE

Des dessins réalisés derrière un télescope montrent un noyau très brillant avec un jet arrière (une petite queue de poussières) au centre d'une coma nette et sphérique. Le beau temps aidant, les photographes entrent en action. Chamois  réalise un très beau comparatif sur plusieurs jours, qui permet de mesurer l'augmentation de la taille de la coma. De son côté, Flashman utilise un filtre infrarouge pour mettre en valeur des jets de matière, tandis que Vincent Becker se concentre sur les gros plans.

En infrarouge, elle a un autre visage. Par Flashman.

Quant à DavidCH, ses traitements numériques révèlent des disparités dans la queue. N'oublions pas le travail des jeunes observateurs comme St broc, 17 ans, et ses dessins très précis.

Retrouvez les dernières images de la comète dans la rubrique matériel astronomique et photos d'amateurs.

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