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La comète 17P/Holmes explorée en profondeur par le télescope Spitzer

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Découverte il y a plus d'un siècle, la comète 17P/Holmes a soudain paru exploser en octobre 2007, devenant en quelques heures un million de fois plus lumineuse qu'elle ne l'était auparavant. Aujourd'hui, le télescope spatial infrarouge Spitzer en scrute les vestiges.

La comète 17P/Holmes. Crédit Nasa

La comète Holmes parcourt une orbite de six années autour du Soleil et, malgré sa faible activité, peut ainsi faire l'objet d'observations régulières. Alors qu'elle était passée au plus près du Soleil en mai 2007 et s'en éloignait en traversant la ceinture d'astéroïdes, Holmes est soudainement passée, le 25 octobre 2007, de la magnitude 17, qui en réservait l'observation aux bons télescopes, à la magnitude 2,5, ce qui la rendait visible à l'œil nu. Dégazage brutal dû à la fonte d'un couvercle de glace au-dessus d'une poche de glace ou rupture partielle du noyau ? Les scientifiques ne purent se mettre d'accord...

Holmes au cours de son sursaut d'activité. Crédit Nasa

Le noyau de la comète, ou ce qu'il en reste, est maintenant entouré d'une sphère de débris qui l'accompagne sur sa trajectoire, aussi les astronomes y ont-ils vu l'opportunité d'étudier la composition interne de l'astre. Appel a ainsi été fait au télescope spatial infrarouge de la Nasa Spitzer.

Holmes auscultée en profondeur à deux reprises

Les restes de la comète ont été ainsi scrutés en novembre 2007 et mars 2008. Lors de la première observation, Bill Reach, du Spitzer Science Center au Caltech (California Institute of Technology, Pasadena, Californie) a noté la présence de beaucoup de grains de poussière ou de silicates plus fins que du sable. Ceux-ci ressemblent au matériau pulvérisé et éjecté lorsque le projectile de la mission Deep Impact a percuté le noyau de la comète Tempel 1, ou encore à celui récolté par la sonde Stardust lors de son passage à proximité de la comète Wild 2. Un sursaut d'activité de la comète Hale-Bopp en 1995 présentait aussi les mêmes caractéristiques. « La poussière cométaire est très fragile, signifiant que les grains sont très facilement détruits, commente Bill Reach. Nous pensons que les fines particules de silicates sont produites lors de ces événements violents par la destruction de plus grandes particules composant l'intérieur du noyau ».

La deuxième observation en mars 2008 a démontré que la poussière de silicate avait disparu, et que seules subsistaient les plus grandes particules. « Cela nous indique qu'il n'existe qu'une très étroite fenêtre pour mettre en évidence et analyser la composition de la poussière de comète après un événement violent », poursuit l'astronome.

Le contraste a été optimisé sur l'image de droite afin de laisser apparaître les filaments, différentes traces (trails) ainsi que la coque externe (shell). Crédit Nasa

De bien étranges filaments

Selon Jérémie Vaubaillon, un des collègues de Bill Reach au Caltech, la comète Holmes présente certaines caractéristiques atypiques. Il révèle que les images prises peu après le sursaut montrent à l'intérieur de l'enveloppe de poussière des filaments s'échappant du noyau, des « streamers ». En 2007, ceux-ci étaient très logiquement dirigés à l'opposé du Soleil, repoussés par le flux du vent solaire. Mais en mars 2008, les chercheurs ont eu la surprise de constater que leur orientation était restée la même, alors que la comète avait changé de position sur son orbite et que le rayonnement solaire n'arrivait plus sous le même angle.

La coque externe du nuage cométaire semble aussi ne pas avoir évolué, probablement parce qu'elle est constituée des plus grosses particules, d'un millimètre ou plus. Si celles-ci étaient plus fines, cette enveloppe se serait aussi déformée sous l'action du rayonnement solaire, indique Jérémie Vaubaillon.

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