En route vers Pluton, la sonde américaine New Horizons a mis à profit son passage-éclair à proximité de Jupiter pour recueillir une quantité impressionnante de renseignements sur la planète et ses satellites.
Cela vous intéressera aussi

Le 28 février dernier, une petite sonde de la taille d'un piano à queue rasait les nuagesnuages de JupiterJupiter. Profitant de la puissante attraction de l'énorme massemasse jovienne, New HorizonsNew Horizons accélérait de plus de 4 km/s pour passer de 21 à 25 km/s (par rapport au SoleilSoleil) et mettait le cap sur la lointaine PlutonPluton, qu'elle n'atteindra qu'en juillet 2015.

Bien entendu, plusieurs expériences avaient été programmées à l'occasion de cette rencontre, qui constituait aussi un banc d'essais idéal pour tester les instruments de la sonde avant de les placer en mode de veille prolongée durant le reste du voyage. Et les résultats apportés ont largement dépassé toutes les espérances des astrophysiciens !

De janvier à juin 2007, sept instruments de New Horizons ont effectué plus de 700 observations différentes de la planète géanteplanète géante, de son impressionnant cortège de satellites, de son anneau et se son environnement, mais aussi de sa météorologiemétéorologie complexe que les chercheurs s'attachent tout particulièrement à modéliser avec force détails.

Orages géants pour planète géante

Pour la première fois, la « Petite Tache rouge » a fait l'objet d'observations rapprochées. Surnommée ainsi par ressemblance avec la Grande Tache rougeGrande Tache rouge, similaire mais deux fois plus étendue, cette tempêtetempête qui perdure depuis plusieurs années n'en finit pas de déconcerter astronomesastronomes et astrophysiciensastrophysiciens qui s'interrogent aussi bien sur son origine que sur son évolution future. « Mais ne vous fiez pas au mot "petite", déclare à ce sujet Alain Stern, directeur du projet New Horizons, il s'agit d'une très grande tempête sur une très grande planète ». De fait, son diamètre vaut approximativement 70 % de celui de la TerreTerre...

New Horizons nous a aussi approchés des orages joviensjoviens. Des éclairs avaient déjà été détectés dans les régions équatoriales de Jupiter, notamment depuis GalileoGalileo et au moyen du télescope spatial Hubbletélescope spatial Hubble. Travaillant en lumièrelumière visible, ultraviolette et infrarougeinfrarouge, les instruments de New Horizons ont démontré que les différences de température dans l'atmosphèreatmosphère de la planète pouvaient induire l'apparition de nuages de convectionconvection formés d'ammoniaqueammoniaque, jaillissant dans la haute atmosphère jusqu'aux régions polaires et parcourus d'éclairs d'oragesorages.


Nuages d'ammoniaque parcourant l'atmosphère de Jupiter. Crédit Nasa

Un anneau tourmenté

La sonde américaine a aussi fourni les images les plus détaillées jamais réalisées du fin système d'anneaux cernant la géante gazeusegéante gazeuse, cela grâce à la grande variété d'angles de prises de vues et de degrés d'incidenceincidence de l'éclairement par le Soleil rendus possibles par le passage de la sonde à travers tout le système, conditions impossibles à réunir depuis une orbiteorbite stable et régulière.

La dynamique de ces anneaux a été tout particulièrement étudiée, mettant en évidence le rôle des minuscules luneslunes Metis et Adrastea qui entourent étroitement cette formation et en garantissent la stabilité. Une recherche approfondie n'a permis de découvrir aucun corps similaire de plus d'un kilomètre de diamètre.

Plus surprenant, un amoncellement de débris en orbite au sein d'un anneau suggère une collision récente avec une météoritemétéorite, à moins qu'il ne s'agisse de la conséquence d'un phénomène encore inconnu.


Vue sur l'anneau de Jupiter le 28 février 2007. Crédit Nasa

Io et ses volcans actifs

Bien que des programmes d'observation aient été programmés pour les quatre plus grands satellites de Jupiter, IoIo a retenu une attention particulière en raison de son système volcanique extrêmement actif. Déjà, d'autres sondes avaient photographié de tels évènements, parfois très violents. Par le plus grand des hasards, New Horizons s'est approché d'Io au moment où se produisait une de ces formidables éruptions, le volcan Tvashtar projetant de la matièrematière incandescente jusque dans l'espace à 320 kilomètres d'altitude.

La nouvelle cartographie complète du satellite dressée sur les indications de New Horizons recense 20 modifications géologiques majeures depuis les dernières données transmises par Galileo en 2001. Onze éruptions en cours ont été dénombrées, dont quatre inconnues jusqu'ici, et l'examen infrarouge a permis de découvrir en tout 36 volcansvolcans. Des nuages de gazgaz rougeoyants ont été observés au-dessus de certains d'entre eux, et les scientifiques pensent que l'atmosphère de Io pourrait y trouver son origine.

La vaste queue magnétique de Jupiter a également été observée, les détecteurs de la sonde ayant mis en évidence la présence de tonnes de matériaux provenant des éruptions de Io. Ionisée puis capturée par l'énorme champ magnétiquechamp magnétique de la planète, cette matière est finalement éjectée du système.

Conçu par le laboratoire de physiquephysique appliquée de l'université John Hopkins à Laurel, New Horizons avait été lancée de Cap CanaveralCap Canaveral en janvier 2006. Ce vaisseau, le plus rapide ayant jamais quitté la Terre, n'a mis que 13 mois pour atteindre Jupiter et se trouve actuellement à mi-chemin entre les orbites de Jupiter et SaturneSaturne, à 1,19 milliard de kilomètres.