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En images : lancement de deux sondes pour étudier le Soleil en Stéréo

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C'est à la fois une première spatiale et une expérience inédite qui vient de démarrer, avec le lancement par la Nasa des deux sondes jumelles STEREO par une fusée Delta II depuis Cap Canaveral le 26 octobre 2006 à 00h52 TU.


Lancement de STEREO

Les deux satellites, dont la mise en orbite s'est correctement accomplie et qui répondent parfaitement aux sollicitations des techniciens, ont chacun la taille d'une voiturette de golf pour une masse de 620 kg. De leur position définitive sur la même orbite que la Terre, l'un la précédant et l'autre la suivant, ceux-ci ont pour mission d'obtenir une vue stéréoscopique du Soleil afin de perfectionner notre compréhension des éruptions solaires et de leur impact sur l'atmosphère terrestre ainsi que sur l'environnement.

Une des deux sondes STEREO en voie d'achèvement au laboratoire de physique appliquée de l'université John Hopkins

Troisième mission du programme scientifique international de l'étude des relations Soleil-Terre STP (Solar Terrestrial Probes Program), STEREO est aussi une réalisation conjointe dont les instruments ont été conçus et mis au point par des scientifiques américains et européens.

Les images tridimensionnelles obtenues par les satellites seront combinées avec les données "in situ", ainsi qu'avec des données d'observatoires au sol, et de satellites en orbite basse pour suivre en 3 dimensions le stockage d'énergie magnétique, l'éjection puis la trajectoire de la matière coronale dans le milieu interplanétaire. Lorsque l'éjecta atteindra l'orbite de la terre, les magnétomètres et les instruments de mesure du plasma installés à bord des satellites STEREO permettront de caractériser la matière éjectée et de relier sans ambiguïté ces mesures à leur source solaire.

Les instruments d'une des deux sondes STEREO

Plusieurs équipes scientifiques françaises, soutenues par le CNES, contribuent à la réalisation des instruments de STEREO. Chaque satellite sera équipé des quatre ensembles instrumentaux suivants :

PLASTIC (PLAsma and SupraThermal Ion and Composition) étudiera le vent solaire et les processus héliosphériques.

STEREO/WAVES (S/WAVES) est un instrument qui suivra les sursaut radio interplanétaires qui étudiera la génèse et l'évolution des perturbations radio qui vont du Soleil à la Terre.

SECCHI (Sun-Earth Connection Coronal and Heliospheric Investigation) est un ensemble d'instruments de télédétection constitués d'un imageur dans l'ultraviolet extrême, deux coronographes en lumière blanche, un imageur héliosphérique. Ces instruments vont étudier l'évolution en 3 dimensions des éjections de masse coronales (CMEs). L'IAS (Institut d'Astrophysique Spatiale) est impliquée dans le programme STEREO aussi bien au niveau du hardware (télescope imageur EUVI) qu'au niveau de l'analyse des données (thèse co-financée par le CNES) sur l'inversion des données. L'IOTA (institut d'optique) a réalisé les miroirs des télescopes EUVI.

Le miroir primaire de 105 mm de l'instrument EUVI
Le miroir secondaire de 48 mm de l'instrument EUVI

IMPACT (In situ Measurements of PArticles and CME Transients) comprend sept instruments : un analyseur d'électrons du vent solaire (SWEA : solar wind electron analyzer), un magnétomètre, une matrice de détecteurs de particules mesurant les ions et électrons accélérés lors les éjections de masse coronale.

L'instrument Sweate

Un réseau de stations terrestres, mis en place par la NOAA, recevra en permanence des données de STEREO. Une antenne du CNES, inutilisée depuis plusieurs années, sera remise à niveau à cette occasion et viendra compléter ce premier réseau mondial de "météo de l'espace".

Actuellement en orbite terrestre, les deux sondes seront déviées et dirigées vers leurs positions respectives en profitant de l'attraction lunaire, la première dans deux mois, la seconde un mois plus tard. Commencera alors une mission dont la durée prévue est de deux années, au cours de laquelle des informations inédites devraient être collectées.

"Nous sommes à l'aube d'un nouvel âge d'observation solaire", a déclaré Russ Howard, un des scientifiques de la mission, au coure d'une conférence de presse, ajoutant que "nous allons commencer à voir les choses dans une nouvelle dimension", expliquant que désormais, les émissions de masse coronale solaire allaient pouvoir être suivies et observées depuis leur éjection du Soleil jusqu'à leur impact sur l'environnement terrestre.

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