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En image : dernières observations de Mercure par Messenger

ActualitéClassé sous :Astronomie , mercure , Système solaire

La première planète du Système solaire est actuellement visible dans le ciel du matin, tandis que la sonde Messenger poursuit ses observations depuis son orbite.

Surprenante ressemblance entre ce jeune cratère d'impact sur Mercure et son équivalent lunaire, le cratère Tycho. © Nasa/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, Carnegie Institution of Washington

Mercure est un astre difficile à observer. Cette planète porte le nom du dieu romain du commerce et des voyages en raison de sa vitesse : en seulement 88 jours elle fait le tour du Soleil dont elle est l'astre le plus proche. C'est d'ailleurs cette proximité qui rend son observation si délicate depuis la Terre, observation possible seulement au cours de deux périodes de quelques jours chaque année lorsque Mercure est à son élongation maximale, c'est-à-dire à sa plus grande distance angulaire avec notre étoile qui n'excède jamais 28°.

La précédente élongation favorable s'est déroulée au mois de mars et il fallait rechercher Mercure dans le ciel du soir. L'élongation du matin la plus favorable se déroule actuellement et vous avez encore quelques jours pour essayer de repérer le petit point lumineux de Mercure sur l'horizon nord-est avant le lever du soleil.

Mercure dans le ciel de l'aube le 3 septembre dernier. © J.-B. Feldmann

Des observations inédites après un long voyage

Si nous devions nous contenter des observations télescopiques réalisées depuis la Terre, nous ne saurions pas grand-chose sur Mercure. Heureusement, des sondes spatiales viennent peu à peu combler nos lacunes, en particulier Messenger , en orbite autour de Mercure depuis six mois.

Il aura fallu six ans et 8 milliards de kilomètres pour que le vaisseau américain Messenger (pour MErcury Surface, Space ENvironment, GEochemistry and Ranging) atteigne enfin son objectif, mais quelle satisfaction désormais pour les planétologues de recevoir les images détaillées (déjà 40.000 !) de la planète la moins connue du Système solaire !

Les collines de Caloris. © Nasa/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

Les collines de Caloris

Au cours du premier trimestre de la mission, les sept instruments scientifiques de la sonde ont déjà révélé la présence de gigantesques plaines volcaniques et de cratères assez profonds sous les hautes latitudes qui pourraient peut-être conserver de la glace d'eau. Voici quelques images récentes extraites de la volumineuse collection de clichés disponibles sur le site de la mission Messenger.

Prise fin juillet par la caméra à champ étroit (chaque pixel représente 24 mètres), cette image montre une petite portion du bassin Caloris dont les 1.300 kilomètres de diamètre en font le plus gros impact météoritique connu sur Mercure. L'image révèle un réseau de petites collines éclairées par le soleil couchant et criblées de petits impacts.

Cratères ovales pour Mozart. © Nasa/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

Faux cratère lunaire

Toujours au mois de juillet, la caméra à champ étroit de Messenger a saisi cette étrange concentration de petits cratères allongés non loin de Mozart, un bassin d'impact météoritique d'environ 220 kilomètres de diamètre. Les planétologues s'interrogent sur la forme et l'orientation de ces cratères, peut-être creusés par des projections lors de l'impact qui a donné naissance au bassin Mozart.

Par bien des aspects la surface de Mercure rappelle celle de la Lune, comme témoigne l'image ci-dessous d'un « jeune » cratère d'impact d'environ 65 kilomètres de diamètre. Ses bords en terrasses ainsi que les collines au centre de son fond plat sont d'une étonnante ressemblance avec le cratère lunaire Tycho.

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