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Astrophotographie : la tache solaire AR 1339

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Activité solaire oblige, les belles taches sur notre étoile font régulièrement la une de notre forum d'astronomie. Gros plan sur AR 1339, la vedette du mois de novembre.

Détails dans la gigantesque tache solaire AR 1339. © J. Blanchard

On ne le rappellera jamais assez : le Soleil ne s'observe qu'avec précautions. La lumière et la chaleur dégagées par notre étoile causent d'irrémédiables dommages oculaires, surtout derrière un instrument astronomique dont la vocation est d'amplifier la lumière des astres en en concentrant les rayons. Il est donc indispensable d'utiliser des filtres conçus pour ne laisser passer qu'une infime quantité du rayonnement solaire, typiquement 1/100.000e. Seul moment où l'on peut s'autoriser brièvement l'observation du Soleil sans protection : son lever ou son coucher, quand son éclat est très fortement atténué par l'absorption atmosphérique. C'est à ce moment (ou au cours de la journée avec un filtre) qu'on peut parfois repérer des taches sur le Soleil, des petits défauts sombres mentionnés déjà dans de vieilles chroniques chinoises.

Observées avec un télescope, ces taches sont constituées d'une zone foncée au centre et d'une autre grise tout autour, la pénombre. Les taches apparaissent lorsque des perturbations magnétiques ralentissent l'apport de chaleur venant du centre de l'étoile. La tache est moins chaude (4.500 °C) que la surface environnante (6.000 °C), ce qui la fait voir plus foncée. La remontée à la surface du Soleil de plasma chaud est visible sous forme de granules d'environ 1.000 kilomètres de diamètre. Ce phénomène de convection peut être comparé à ce qu'on observe dans une casserole d'eau portée à ébullition.

La tache solaire AR 1339 photographiée le 6 novembre avec un filtre installé sur un appareil photo numérique bridge. © J.-B. Feldmann

Le maximum approche

On doit à l'astronome allemand Heinrich Schwabe d'avoir découvert au XIXe siècle le cycle solaire qui s'étale sur onze ou douze ans. Un cycle débute par quelques petites taches très discrètes qui apparaissent épisodiquement aux hautes latitudes solaires. Au fil du cycle la taille des taches augmente ainsi que leur fréquence et elles prennent naissance de plus en plus près de l'équateur. Le cycle actuel qui porte le numéro 24 a démarré tout doucement en 2008 et les astrophysiciens pensent que le maximum qui devrait être atteint en 2013 sera beaucoup plus faible que le maximum précédent de 2001. Certains vont même jusqu'à envisager une disparition des taches pendant plusieurs décennies, un phénomène que notre étoile a déjà connu par le passé. Loin de toutes ces spéculations, les astronomes amateurs profitent de cette montée en puissance du Soleil pour imager notre étoile. La dernière tache spectaculaire portait le numéro AR 1339. Apparue le 3 novembre, ses mensurations imposantes (40.000 par 80.000 kilomètres) ont rapidement mobilisé les observateurs. Le 6 novembre Jordan Blanchard en réalisait une belle image (ci-dessous) avec un appareil photo numérique et un télescope de 20 centimètres de diamètre. L'observation était réalisée depuis l'île de Saint-Barthélémy au nord des Antilles françaises.

À propos de Jordan Blanchard

Membre très actif de notre forum d'astronomie, Jordan Blanchard collabore régulièrement à cette rubrique. Son ciel préservé de la pollution lumineuse lui permet de réaliser de belles images de la Voie lactée mais il sait également mettre en valeur les planètes comme Jupiter ou Saturne. Si vous aussi vous souhaitez nous proposer une image astronomique destinée à illustrer cette rubrique, il vous suffit de suivre nos consignes.

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