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Astrophotographie : les taches solaires

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Fruit de perturbations magnétiques, les taches solaires sont de retour avec un nouveau cycle. Un phénomène spectaculaire à observer avec d'infinies précautions.

La surface solaire et ses taches photographiées le 15 juillet 2011. © A. Itic
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Bien qu'il soit à la distance respectable de 150 millions de kilomètres, le Soleil nous est indispensable, produisant lumière et chaleur à l'origine de la vie sur notre planète. La surveillance de cette étoile est donc une priorité pour les astronomes qui en dévoilent peu à peu la complexité. Bien qu'observées depuis très longtemps (on en retrouve la trace dans de vieilles chroniques chinoises), les taches solaires ont encore beaucoup à nous apprendre. On doit à un astronome allemand, Heinrich Schwabe, d'avoir découvert au XIXe siècle que les taches suivaient un cycle d'environ onze ans.

Au début d'un cycle, les taches commencent à apparaître discrètement aux hautes latitudes, puis leur nombre et leur taille augmentent tandis qu'elles se rapprochent peu à peu de l'équateur jusqu'au maximum du cycle. Le cycle en cours (qui porte le numéro 24) a eu bien du mal à démarrer. En 2008 les astronomes ont commencé à s'inquiéter d'un retard de deux ans dans l'apparition des taches. Depuis quelques mois le cycle semble enfin installé, comme en témoignent de récentes belles séries de taches, mais certains scientifiques pensent que les taches pourraient bien disparaître pendant plusieurs décennies comme cela s'est déjà produit par le passé.

C'est parce que les plus grosses taches solaires sont observables sans instrument au lever du Soleil qu'elles étaient déjà connues par les chinois bien avant l'invention de la lunette astronomique. © J.-B. Feldmann

Observations dangereuses

On n'étudie pas l'activité solaire de la même façon qu'on observe des nébuleuses ou des galaxies. Sans précaution, l'observation de notre étoile avec un instrument astronomique provoque des brûlures oculaires instantanées et irréversibles. Il est indispensable de filtrer le flux de chaleur et de lumière qui entre dans le télescope ou la lunette. Pour l'image ci-dessous, Alexandre Itic a placé devant l'objectif de sa lunette de 127 millimètres de diamètre un filtre ne laissant passer qu'une infime fraction (entre 1/10.000e et 1/100.000e) de la lumière solaire, protégeant ainsi ses yeux et la caméra ccd à l'origine de l'image. Un tel filtre sera idéal pour suivre le transit de Vénus en 2012. On remarque que les taches les plus grosses sont constituées d'une zone foncée au centre et d'une autre grise tout autour, la pénombre. Les taches apparaissent lorsque des perturbations magnétiques ralentissent l'apport de chaleur venant du centre de l'étoile. La tache est moins chaude (4.500 °C) que la surface environnante (6.000 °C), ce qui la fait voir plus foncée. La remontée à la surface du Soleil de plasma chaud est visible sous forme de granules d'environ 1.000 kilomètres de diamètre. Ce phénomène de convection peut être comparé à ce qu'on observe dans une casserole d'eau portée à ébullition.

À propos d'Alexandre Itic

Présent sur notre forum d'astronomie sous le pseudo de Dhraks, Alexandre Itic se passionne pour l'astrophotographie depuis trois ans. Ses images sont réalisées depuis Pleurs, un petit village de la Marne. Si vous aussi vous souhaitez nous proposer une image astronomique destinée à illustrer cette rubrique, il vous suffit de suivre nos consignes.     

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