Le 13 juin 2008 à 11h32

Taches solaires : le Soleil est en retard sur son cycle

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Par Laurent Sacco, Futura-Sciences Bookmark and Share

Du 1 au 6 juin 2008 s’est tenue à l’université du Montana une conférence internationale sur la variabilité de l’activité solaire, le climat de la Terre et son environnement spatial. Les chercheurs y ont discuté entre autre d’une légère anomalie de l’activité du Soleil. Celui-ci est en retard sur son cycle habituel de 11 ans.

Depuis la découverte par Galilée de taches à la surface du Soleil, ces dernières sont surveillées depuis des siècles par les astronomes et c’est ainsi que l’on a découvert deux cycles d’activité solaire de 11,2 et 24 ans en moyenne pour, respectivement, les taches et le champ magnétique.

En 2001, le maximum de l’activité solaire a été atteint et un nouveau cycle aurait donc dû démarrer vers 2006. Or, comme le montre en particulier clairement les observations du satellite solaire Hinode, le Soleil est anormalement calme depuis cette époque.


La surface du Soleil vue par Hinode. Crédit : Nasa

Cette anomalie n’est pas forcément étonnante ni inquiétante. Depuis sa découverte par l'astronome amateur allemand Heinrich Schwabe vers 1843, on sait que ce cycle oscille en fait entre 8 et 15 ans. De plus, de 1650 à 1700 environ, pendant ce qu’on appelle le minimum de Maunder, du nom de son découvreur, l’astronome anglais Walter Maunder, très peu de taches solaires ont été observées.

Il y a peut-être une explication à ce calme anormal. En 2006, trois physiciens solaires du NCAR, Mausumi Dikpati, Peter Gilman et Giuliana Toma, ont utilisé un modèle informatique de l’activité du Soleil pour reproduire assez correctement les observations, comme on peut le constater sur le schéma ci-dessous. Or, extrapolée à l’avenir, la simulation a effectivement prévu un retard d’au moins un an sur le cycle normal du Soleil avec un pic en 2012.

Quoiqu'il en soit, ce retard implique lui-même une météorologie spatiale calme, qui maintient de bonnes conditions pour le fonctionnement des satellites en orbite.

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En bleu, le nombre de taches solaires observées et en rouge celles prédites par la simulation numérique. En pointillé, la prédiction faite par les astrophysiciens. Crédit : Mausumi Dikpati, Peter Gilman, et Giuliana de Toma, NCAR
En bleu, le nombre de taches solaires observées et en rouge celles prédites par la simulation numérique. En pointillé, la prédiction faite par les astrophysiciens. Crédit : Mausumi Dikpati, Peter Gilman, et Giuliana de Toma, NCAR