Sentinel 1A est un satellite d'imagerie radar tout temps et jour-nuit, capable d’observer à travers les nuages et la pluie à l'aide de son radar à synthèse d’ouverture en bande C. À l'image, le satellite et son radar déployé lors de ses essais de compatibilité électromagnétique dans l'usine cannoise de Thales Alenia Space (trois images de droite). © Rémy Decourt

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Sentinel 1A, le premier satellite de Copernicus, sera lancé demain

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Avec le lancement demain soir de Sentinel 1A démarre la phase opérationnelle de Copernicus, un programme d'observation de la Terre sans précédent, initié il y a 16 ans sous le nom de GMES (Global Monitoring for Environment and Security). Avec cinq familles de satellites prévues, Copernicus s'étalera sur 40 ans et couvrira tous les grands domaines d'applications liés à l'étude de la surface de notre planète, des océans et de l'atmosphère. Demain, vous trouverez sur Futura-Sciences une retransmission en direct de ce lancement historique.

Pour son septième lancement Soyouz depuis le Centre spatial guyanais, Arianespace mettra en orbite le premier satellite du programme d'observation de la Terre européen Copernicus, Sentinel 1A, premier de la famille « 1 ». Le décollage du lanceur est prévu ce jeudi 3 avril 2014, à 23 h 02 mn 26 s en heure française métropolitaine. La retransmission sera à suivre en direct sur Futura-Sciences. La mission du lanceur doit durer 23 minutes et 24 secondes, du décollage à la séparation du satellite sur une orbite héliosynchrone de 693 kilomètres d'altitude, inclinée à 98,18°. Pour la petite histoire, on retiendra que Sentinel 1A est le 50e satellite emportant une charge utile d'observation de la Terre lancé par Arianespace.

Construits sous la maîtrise d'œuvre de Thales Alenia Space, les satellites de la famille Sentinel 1 sont équipés pour l'imagerie radar et sont dédiés aux services terrestres et océaniques. Ils assureront la continuité des mesures radar recueillies par les satellites ERS et Envisat et fourniront des images 24 heures sur 24, par tous les temps, pour le suivi des océans et des terres émergées. Pour cela, ils emportent un radar construit par Airbus Espace et un récepteur GNSS, utilisé pour les besoins de l'exploitation et pour l'orbitographie de précision à partir du sol. Lors d'un précédent article, nous avons abordé en détail ce radar, dont la principale caractéristique est son antenne électronique active, de 12,30 m sur 0,90 m, et une capacité d'observer à travers les nuages et la pluie.

Le satellite Sentinel 1A, posé sur l'étage supérieur Fregat, installé dans la coiffe de son lanceur. © Esa, R. Torres

Les satellites de Copernicus au service de la connaissance

À juste titre, Copernicus est présenté comme le programme d'observation de la Terre le plus ambitieux à ce jour. Par sa composante spatiale, il ouvre une nouvelle ère dans la façon d'observer la machine climatique et de la comprendre. Il montre que pour progresser dans la connaissance du climat, les systèmes spatiaux sont des outils indispensables dans la compréhension des mécanismes du changement climatique.

Cette composante spatiale s'appuie sur plusieurs familles de satellites et d'instruments comptant chacune quatre membres. En termes plus simples, Copernicus est prévu pour durer les 40 prochaines années et couvrir un champ très large des besoins scientifiques. Dans le détail, on compte le satellite 5P, trois familles de satellites (Sentinel 1, 2 et 3) et deux d'instruments (Sentinel 4 et 5) embarqués sur des satellites d'Eumetsat, Meteosat de troisième génération pour Sentinel 4 et Metop de deuxième génération pour Sentinel 5.

Enfin, et on en a moins conscience, Copernicus va jouer un rôle politique comme aucun autre avant lui. Car si les décisions politiques et économiques doivent s'appuyer sur des données scientifiques concrètes, qui mieux que Copernicus peut éclairer nos dirigeants sur l'état réel de la planète et apporter un certain nombre de réponses aux questions en suspens ? Aujourd'hui, bien que le changement climatique ne fasse plus guère de doute, les prévisions des modèles climatiques divergent. Elles créent des incertitudes sur l'avenir de notre climat qui sont autant de freins à des mesures visant à en limiter les effets. On attend que Copernicus affine ces modèles.

La Terre ne peut plus attendre

Et il y a urgence, comme le constate le Giec, qui vient de publier la deuxième partie de son cinquième rapport, basée sur les conséquences du changement climatique. Les prévisions concernant les modèles de climat divergent, mais les effets sur la planète Terre se font d'ores et déjà sentir. De sorte que si rien n'est fait pour changer les choses, le temps est compté pour le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Enfin, ce lancement met en avant le rôle significatif de la Commission européenne dans les programmes spatiaux. L'Europe investit ainsi près de 12 milliards d'euros dans les technologies spatiales. Si le budget de l'Agence spatiale européenne est d'un peu plus de quatre milliards d'euros, la Commission européenne va consacrer pour la période 2014-2020 près de 4,3 milliards pour le programme Copernicus et plus de 7 milliards pour Galileo, le système européen de navigation par satellites.

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