Les purificateurs d’air sont-ils efficaces contre le coronavirus ? © Grispb, Adobe Stock
Santé

Purification de l'air : quelles sont les techniques efficaces contre le coronavirus

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Alors que les aérosols sont désormais montrés du doigt comme les principaux propagateurs de la Covid-19, les fabricants font feu tout bois pour proposer leurs systèmes de purification d'air. Quelles sont les techniques employées et sont-elles vraiment efficaces pour détruire le virus ?

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Écoles, restaurants, entreprises... Les lieux publics clos sont de plus en plus appelés à s'équiper de purificateurs d’air afin de limiter la transmission du virus. En effet, on sait maintenant que les aérosols, et non les grosses gouttelettes ou les surfaces, sont le principal vecteur du virus. De nombreuses techniques permettant en théorie d'éliminer le virus, mais toutes ne se valent pas.

Le filtre HEPA

  • Principe : c'est le plus commun des purificateurs d’air. Il consiste simplement à piéger les particules en suspension à l'aide d'un filtre très fin, en fonction de la nature des particules à éliminer. Ceux contre le coronavirus doivent être dotés d'un filtre de classe minimale H13 selon la norme EN 1822-1.
  • Efficacité : selon une étude du laboratoire lyonnais VirPath, les purificateurs d'air HEPA filtrent 99,9 % des particules virales du SARS-CoV-2 de 0,1 micron pour les équipements dotés d'un filtre HEPA 13, et jusqu'à 99,96 % pour ceux fonctionnant avec un filtre HEPA 14. Mais ce test a été réalisé en laboratoire et ne reflète pas les conditions réelles. Il faut une grande quantité de virus pour qu'il soit réellement efficace.
  • Inconvénients : le filtre doit être remplacé assez fréquemment et il coûte assez cher. Il doit aussi être installé de manière parfaitement étanche et l'appareil doit être adapté au volume d'air de la pièce. Inversement, un débit d'air trop élevé peut entraîner une dispersion des aérosols.
Les filtres HEPA doivent être de norme minimale H13 pour filtrer les virus. © maykal, Adobe Stock

Les UVC

  • Principe : les UV de classe C (avec une longueur d'onde de 100 à 280 nm), ont une action virucide et bactéricide. Un ventilateur aspire l'air, qui passe sous la lampe UV et détruit les germes en quelques secondes. Les UVC sont utilisés depuis de nombreuses années dans la purification de l'air et de l'eau des piscines.
  • Efficacité : en exposition directe, les UVC tuent 99,99 % des virus. Mais comme pour les purificateurs HEPA, il faut un débit suffisamment puissant pour renouveler l'air assez fréquemment.
  • Inconvénients : les UVC sont toxiques pour les virus, mais aussi pour toute forme de vie ! Il faut donc veiller à ce que l'utilisateur ne soit pas exposé accidentellement aux rayons. La Commission européenne a d'ailleurs publié en 2017 un avertissement sur la mauvaise utilisation de ces lampes.

La photocatalyse

  • Principe : elle repose sur l'action simultanée d'une source lumineuse (comme les UVA qui sont inoffensifs) et d'un catalyseur (le plus souvent du dioxyde de titane). Les UV créent une réaction chimique qui dégrade les COV (composés organiques volatils).
  • Efficacité : leur action contre les virus n'a pas été démontrée. De plus, ces purificateurs sont moins efficaces en condition humide, car l'humidité sature les sites de catalyse actifs et atténue le rayonnement UV incident. En conséquence, la photocatalyse n'est utile que si elle est associée à un filtre type HEPA.
  • Inconvénients : les purificateurs d’air par catalyse peuvent former des composés potentiellement dangereux pour la santé, y compris des agents chimiques cancérogènes ou toxiques, met en garde l’INRS.
Le débit des purificateurs d’air est souvent insuffisant pour renouveler l’air ambiant. © 1989STUDIO, Adobe Stock

L’ionisation

  • Principe : l'ionisation consiste à injecter dans l'air des ions chargés positivement ou négativement afin de « plaquer » les particules chargées sur les surfaces du bâtiment par répulsion ou précipitation électrostatique.
  • Efficacité : en milieu contrôlé, les ionisateurs éliminent 95 % des particules inférieures à 1 micron en 30 minutes, d'après l’Institut national de santé publique du Québec (la taille du virus SARS-CoV-2 étant estimée à 0,1 micron). Mais en conditions réelles, l'efficacité reste à démontrer, notamment lorsqu'il y a beaucoup de mouvement dans la pièce, ce qui remet en suspension les particules.
  • Inconvénients : comme la photocatalyse, l'ionisation risque d'augmenter la concentration de sous-produits toxiques dans la pièce (ozone, formaldéhyde, cétones...).

L'ozonation et le plasma, également utilisés pour purifier l'air, n'ont pas non plus démontré leur efficacité contre le coronavirus et sont déconseillés par l'INRS.

La purification de l’air est-elle la solution à lutte contre la Covid ?

Les purificateurs d'air constituent un outil supplémentaire contre la transmission du coronavirus, mais on ne peut pas dire que l'on est protégé à 100 % lorsqu'on est dans un local équipé. Selon une étude du MIT, les systèmes de filtration sophistiqués seraient moins utiles que d’ouvrir régulièrement les fenêtres. Pour une pièce de dimension moyenne (20 mètres carrés), il suffit d'aérer moins d'une minute pour que l'air soit totalement renouvelé.

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