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Les symptômes du Sida

Dossier - Sida : comment vaincre le VIH ?
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Voilà 30 ans que le monde fait face au VIH, virus occasionnant le Sida. Explorez ses origines, les traitements possibles, pour quelles raisons la maladie n’est toujours pas enrayée ainsi que les pistes explorées pour la vaincre.

  
DossiersSida : comment vaincre le VIH ?
 

Après contamination par le VIH et sans traitement efficace ou sans traitement du tout, le système immunitaire perd peu à peu son activité. L'organisme risque alors de développer des maladies qualifiées d'opportunistes, car elles profitent de cette faiblesse pour se déclarer. Et pour tuer.

L'infection par le VIH passe par trois phases. La première est courte et le patient présente des symptômes semblables à ceux d'une grippe. La deuxième dure une dizaine d'années sans que la personne séropositive s'en rende compte. La dernière, le Sida proprement dit, s'accompagne de maladies opportunistes qui se révèlent finalement mortelles.

Le VIH (ici en bleu ciel) infeste les lymphocytes T CD4+ et se multiplie en grand nombre. Il sort par bourgeonnement de la cellule de l'immunité avant que celle-ci ne finisse par mourir et que le virus aille infecter d’autres LT4. Parfois, un simple contact avec le virus suffit pour entraîner la mort d’un lymphocyte, ce qui aboutit à la destruction du système immunitaire à terme. © R. Dourmashkin, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

La phase de primo-infection

La première phase de la contamination par le VIH est dite de primo-infection. Les premières semaines, le virus du Sida se montre très actif. Il se réplique à grande vitesse et les populations de lymphocytes T CD4+ (LT4, les cellules du système immunitaire ciblées par le virus) chutent brutalement. L'organisme s'affaiblit et des symptômes courants peuvent apparaître, comme :

Au bout de six semaines environ, les défenses s'organisent et le système immunitaire commence à produire des anticorps dirigés contre le VIH. La charge virale diminue tandis que les populations de LT4 se reconstituent partiellement. Les symptômes reculent.

La phase asymptomatique

Une lutte acharnée se joue alors dans l'organisme entre le VIH et le système immunitaire, à l'insu de la personne séropositive. Cette période, qui peut s'étalonner sur 10 à 12 ans, est dite asymptomatique.

Pourtant, peu à peu, le virus prend le dessus sur les défenses de l'organisme. Parallèlement à l'augmentation de la virémie, les populations de LT4 s'amenuisent. Or, ces cellules jouent un rôle crucial dans l'immunité, occupant une place de médiateur vis-à-vis des lymphocytes B ou des lymphocytes T cytotoxiques.

La phase Sida

Arrive un moment où les quantités de cellules LT4 s'effondrent : on en retrouve moins de 200 par millilitre de sang quand, en temps normal, les concentrations avoisinent les 1.000 LT CD4+ par millilitre de sang. C'est alors tout le système immunitaire qui s'écroule. On parle alors d'immunodépression ou d'immunodéficience acquise, expression qui a valu son nom à la dernière phase de l'infection par le VIH : le syndrome de l'immunodéficience acquise (ou Sida).

Bien que la charge virale grimpe en flèche, le virus du Sida n'est pas toxique en lui-même. En revanche, sans système immunitaire efficace, l'organisme devient très fragile aux agressions extérieures.

C'est pourquoi cette phase s'accompagne de maladies opportunistes. Il s'agit d'infections ou de tumeurs, pour la plupart normalement bénignes ou très rares, qui profitent de défenses inexistantes pour étendre leur pouvoir pathogène. Parfois, c'est lorsqu'une personne déclare certaines de ces pathologies que l'on suppose chez elle une infection au VIH. Dans ce cas précis, on parle d'infection opportuniste inaugurale.

Voici une liste de maladies opportunistes liées à l'infection au VIH :


Parmi ces maladies, l'infection opportuniste inaugurale la plus répandue dans les pays industrialisés est la pneumocystose. Mais elle n'est pas la plus mortelle, elle est devancée dans ce classement par la tuberculose, principale cause de mortalité des patients atteints du Sida.

Le cas particulier des contrôleurs naturels

Parmi les personnes séropositives au VIH et ne bénéficiant d'aucun traitement, certains ne développent jamais le Sida. Ces cas particuliers et rares (moins de 1 % des patients) sont appelés des contrôleurs naturels, et figurent parmi les personnes asymptomatiques à long terme. 

Pour appartenir à cette catégorie, il faut remplir différents critères :

  • être séropositif au VIH depuis au moins 10 ans ;
  • n'avoir jamais bénéficié d'un traitement antirétroviral (sauf exception, dans le cas des femmes enceintes voulant éviter la transmission à leur enfant) ;
  • présenter une charge virale inférieure à 400 copies/ml de sang, soit des taux extrêmement bas.

Certains font encore mieux et sont surnommés « contrôleurs d'élite ». Seules les personnes séropositives sans traitement depuis au moins un an et présentant une virémie inférieure à 50 copies/ml y sont inclues.

Leur capacité de contrôle de l'épidémie intéresse les chercheurs au plus haut point pour tenter de mettre au point un traitement plus efficace contre l'infection. On suppose que leur pouvoir est dû à des lymphocytes CD4+ particulièrement efficaces ou des lymphocytes T8 peu communs, capables de détruire très rapidement les cellules infectées.